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Vement, qui dépend néccíîàirement de la force motrice. D'où il suie, qu'asin de découvrir la figure la plus avantageuse du Vaiíîèau, il faut savoir quel est l'effet du vent fur les Voiles.

II paroîtra surprenant, que depuis si long-tems qu'on travaille à perfectionner la Navigation, on n'ait point examiné les mouvemens verticaux du Navire, & qu'on ait voulu les soumettre à des Loix, íàns les connoître. Mais cet étonnement doic diminuer, si l'on peut voir avec tranquillité, qu'on ait ignoré Faction du JVtât íùr le Navire, & le point d'appui de l'eíFort du vent par ce Levier.

Cette question a été parmi les anciens Philosophes un sujet de Diípute & de récherches. Les uns ont cru, que le point d'appui du Mât étoit à son pied : c'est le sentiment d'Aristote. Battus forme cette objection à ce sentiment: Si le pied du Mât estl'Hy^ pomoclion de ee Levier, ou le Mât cassera à cet endroit, ou le Navire; fera capot. Le mouvement circulaire du Levier soutient cette objection.

Pour tâcher d'éviter cet inconvénient, ce Philosophe a recours à un Levier angulaire , qui a réellement un point d'appui au pied du Mât íur la Contrequille ; mais dont la force n'augmente, que proportionnellement à l'excès de la longueur du Mât, à la demi-longueur de la Contre-1 quille, & non en raison de íà hauteur j Ceux, qui font venus après Battus, ont prétendu, que le Mât ne devoÌÉ point être regardé comme1 un Levier. Leur raisonnement, si on les en croit, est triomphant. En tout Levier , le point d'appui doit être fixe i ôr dans le Mât, il n'est pas de poinC d'appui fixe, puisque tout se meut t donc le Mât ne peut pas être consi-* déré comme un Levier,

Le point d'appui n'étoit pas le seul objet qui occupât <& qui embarraíîat ces Philosophes', Ils se fcrouvoient arrêtés à un autre phénomène dont il s'agifíbit de rendre raison : c'est que plus l'Antenne est élevée, plus le sillage du Navire est rapide. Comment expliquer ía cause de ce changement dans le mouvement du Navire î y.

Ceux-ci ont dit, qu'aíors le tras du Levier étant plus long, il dévoie en résulter une plus grande force, Sc conséquemment un plus grand efìèt.

Ceux-là ont répondu, que le mouvement du Mât étánt circulaire , ne pouvoit rien produire au sillage du Navire j & que son action ri avoit des droits que fur íà tourmente & son Tangage.

Pour soutenir cette preuve, le Pere Fournier a remarqué, que c'étoîc une ve'rité d'expérience, qu'on tire plus aisément des Barquesi le long dune Riviere, lorsque la corde ;pâf laquelle on fait effort, est attachée au corps de la Barque, ou au pied du Mât, que lorsqu'elle lest à un point plus élevé. II ajoûte : Ceux qui lient leur corde au haut du Mât, ne le font que pour éviter les Arbres, qui pourroient arrêter la corde. Les Conducteurs même de ces Bâtimens, qui vont de Rouen à Paris, Sc qui font chargés environ de vingtcinq mille livres , n'aïant en vue dans la hauteur de leurs Mâts, que les obstacles , qui se trouvent íìir les bords de la Riviere, ne leur donnent que 30. & même 25. pieds de hauteur; tant ils font persuadés que la.hauteur nuit au sillage d'un Bâtiment.

Après ces observations, le Pere Fournier explique ainsi" faction du vent fur le Mât. Le Mât, dit-il 9 lorsque le vent agit, ne peut incliner , écanc attaché fortement au Navire | Vire, & son effet ne íèrt qu'à le soulever, & à l'entraîner après lui. Parlà, le sillage du Vaisseau augmente ou diminue , selon que le Mât est bien ou mal attaché, & que le vent est plus ou moins rapide.

Tels étoient les raisonnemens des anciens Philosophes. Autrefois on croioit aveuglément tout ce qui venoit de leur part ; & le Public recevoit avec une forte de vénération leurs préceptes, Ce tems n'est plus, Ils ont bien perdu de leur crédit. Leurs erreurs íbnt découvertes. Il suffit même à la plupart des Lecteurs, de voir leur nom à la tête d'un Ouvrage , pour en concevoir tout d'un coup une idée peu avantageuse.

L'Homme donne volontiers dans des excés. Il a été un tems où l'on humilioit cet Animal raisonnable: aujourd'hui on Téleve. Pascal est le seul, qui ait pris un íàge milieu, Sc qui ait fait voir, qu'il étoit également

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