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dangereux de lui faire connoître sa grandeur, & de lui trop exposer sa bassesse.

Nous pouvons penser de même ì l'égard de ces Philosophes, & peser leurs raiíònnemens avec plus d'équité, &, si l'on veut, avec plus d'indulgence. Celui, qui étoit judicieux, a toujours ét.é tel. Les égaremens d'un Homme qui pense, ne proviennent que du défaut de connoissances, qui font dûes à la fuite des tems.

Au travers des méprises des anciens Mécaniciens , on voit reluire cependant des réflexions auíîì íages que judicieuses.

Aristote croïoit,que le point d'appui du Mât étoit à son extrémité. Aristote ne péchoit point par défaut de raisonnement. Ce Philosophe, conformément aux principes de la Mécanique , cherchoit dans le Mât un point d'appui fixe, & il n'en trouvoitquesur .. la Contrequiile, òù le Mât est élevé.

Selon Bauus) si ce sentiment étoit vrai, le Mât devroit ou casier en cet endroit, ou le Navire faire capot. Cela paroît naturel. Le Mât ne tendant qu'à décrire un arc, & à faire incliner le Vailîèau, il est certain, que ou il inclinera, tant que le vent fera effort sur les voiles, ou le Mât íè rompra , il n'y a point de milieu. Quant à la rupture, dès qu'on place le point d'appui au pied du Mât, on est obligé d'accorder, qu'elle se fera en cet endroit. Car, non-seulement le Mât résiste à cette rupture, à proportion de sa grosseur & de la multitude de ses fibres; tmis ces fibres résistent d'autant moins, qu'ils font éloignés de l'Hypomoclion , qui est le centre des efforts.

La méprise à'Ariflott une fois reconnue , on ne s'attacha plus qu'au sentiment de Baldus ; & les réflexions de celui-ci en fournirent de plus justes. On remarqua, que le Mât ne pouvoit point être regardé comme un Levier ; pareeque le point d'appui d'un Levier devoit être fixe, Sc qu'on ne pouvoit pas asiîgner de tel point, ni dans le Navire, ni dans le Mât, l'un & l'autre étant toujours en mouvement.

Que ce raisonnement est íòlide à certains égards! Le grand Bernoulli Ta démontré par rapport à un Système de corps , qu'une puiíîànce tend à faire incliner par l'action d'un Levier. Ces Savans peníoient, qu'il n'y avoit pas de point d'appui fixe dans le Mât : ils se trompoient. Cette connoiíîànce étoit peut-être encore trop élevée pour eux. C'étoit bien assez d'avoir reconnu, que là où il y a du mouvement, il ne peut y avoir de point d'appui. Cette vérité est une sorte de découverte de leur part, qui exige de la nôtre une reconnoiíîànce. Enfin le Pere Fournier, après avoir discuté & pesé les divers íèntimens de ces Philosophes, a été plus loin. Profitant de leurs découvertes, il s'en est aidé, pour déveloper une question qui lui paroiíToit importante, 8c qui Test en efîèt. Ce laborieux Jésuite a remarqué, que la hauteur de l'Antenne ne contribuoit en aucune façon au sillage du Navire. Cela est vrai dans tous les cas où le vent a un certain degré de force, capable de le faire incliner. Un plus grand effort íùr le Mât, ne sert uniquement qu'à le faire tanguer davantage. Mais le cas est différent, lorsque la force motrice n'est pas aíîèz considérable, pour faire subir au Navire l'inclinaison nêceíFaire à un parfait sillage.

Quelle peut être la cause de Terreur du Pere Fournier? C'est qu'il peníoit, que l'effct du vent íur les Voiles étoit Je même que celui d'un Animal,qui traîne une Barquele long d'une Riviere. 11 est bien vrai, que dans ce cas la hauteur de la Vergue, ou, pour parler avec plus de justesse, du centre d'effort des Voiles , bien loin de contribuer à la rapidité du sillage , lui est contraire. La raison en paroîtra évidente, si l'on fait attention,'que le premier effort de 1 Animal tend à fai>e incliner la Barque, jusqu'à ce qu'elle déplace un volume d'eau, qui taise équilibre à l'eftortcirculaire du Mât. Alors le Bâtiment ne pouvant plus incliner, ót l'Animal tirant toujours, il est clair,que cet effort doit faire échaper la Barque par l'endroît qui résiste le moins, qui est ici la Prouë. De forte que la Barqur fend le fluide avec une' vîteíîe d'autant moindre que son inclinaison es: grande, íoit parce qu'elle trouve dt la part de l'eau une résistance proportionnelle à l'effort vertical de la Bar

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