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SCENE PREMIERE.

E R A S T E ,sous le nom de la Ramée , & avec une livrée. LISETTE.

t I S E T T E.

Ui, vous voilà fort bien déguisé , & avec cet habit-là , vous disant mon cousin , je crois que vous pouvez paroître ici en coute sûreté ; il n'y a que votre air qui n'est pas trop d'accord avec la livrée.

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E R A S T E.

II n'y a rien à craindre ; je n'ai pas même, en entrant, fait mention de notre parenté. J'ai dit que je voulois te parler , & l'on m'a répondu que je te trouverois ici, fans m'en demander davantage. LISETTE.

Je crois que vous devez être content du zele avec lequel je vous fers ; je m'expofe à tout, & ce que je fais pour vous n'est pas trop dans Tordre : mais vous êtes un honnête homme; vous aimez ma jeune Maîtresse, elle vous aime ; je crois qu'elle fera plus heureuse avec vous qu'avec celui que fa mère lui destine, & cela calme un peu mes scrupules.

E R A S T E.

Elle m'aime , dis-tu P Lisette, puisje me flatter d'un fi grand bonheur? Moi qui ne Pai vu qu'en passant dans nos promenades , qui ne lui ai prouvé mon amour que par mes regards, & qui n'ai pû lui parler que deux fois pendant que fa mère s'écartoit avec d'autres Dames; elle m'aime!

LISETT E.

Très-tendrement. Mais voici un Domestique de la maison qui vient; c'est Frontin qui ne me hait pas, faites bonne contenance.

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SCENE II.

FRONTIN, LISETTE, E R A S T E. FRONTIN. ...

H ! te voilà, Lisette. Avec qui es^tu donc là?

LISETTE. Avec un de mes parens qui s'appelle la Ramée, & dont le Maître, qui est ordinairement en Province, est venu ici pour affaire , & il profite du séjour qu'il y fait pour me voir.

FRONTIN.
Un de tes parens, dis-tu?
LISETTE.

Oui.

FRONTIN.

C'est-à-dire , un Cousin?

LISETTE.
Sans doute.

FRONTIN. Hum! II a l'air d'un Cousin de Hen loin : il n'a point la tournure d'un parent, ce garçon-là.

LISETTE. Qu'est - ce que tu veux dire avec ta tournure?

F R O N T I N. Je veux dire que ce n'est, par ma fui, qu« dé la fausse monnoie que tu me donnes, & que si le diable emportoit ton cousin , il ne t'en resteroit pas un parent de moins. E R A S T E. Eh ! pourquoi pensez-vous qu'elle vous trompe?

F R O N T I N.

Hum.' quelle physionomie de fripon î Mons, de Kaméê, jre vous avertis que j'aime Lisette , & que je veux l'épouser tout seul.

LISETTE. II est pourtant nécessaire que je lui parle pour une affaire de famille qui ne. te regarde pas.

F R O N T I N.

■ Oh! parbleu! que les secrets de ta famille s'accommodent, moi je reste. LISETTE. II faut prendre son parti , Frontin. F R O N T I N.

• Après.

LISETTE.
Serois-tu capable de rendre service à

un honnête homme, qui t'en récompenserait bien?

F R O N T I N. Honnête homme ou non , son honheur est de trop, dès qu'il récompense. LISETTE. Tu sçais à qui Madàme marie Angélique ma Maîtresse?

FRONT IN. Oui ; je pense que c'est à peu près soixante ans qui cn épousent dix-sept. L 1 S E T T E. Tu vois bien que ce mariage - là ne convient point.

F R O N T I N. Oui : il menace la stérilité , les héritiers en feront nuls, ou auxiliaires. LISETTE. Ce n'est qu'à regret qu'Angélique obéit, d'autant plus que le hazard lui a fait connoître un aimable homme qui a touché son cœur.

F R O N T I N. Le Cousin la Ramée pourroit bien nous venir de-là.

LISETTE.
Tu l'as dit, c'est cela même.

E R A S T E.
Oui, m#n enfant, c'est moi.

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