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Je ne puis plus long-tems soûtenir sa tristesse ;
L'Oracle est satisfait , contentons ma tendrcffe,
J'attend Pamene ici, par lui Cleon inftruit,
De ses amis secrets doit s'assûrer sans bruit ;
Et leur dissimulant quel sujet les rassemble ,
Tous au Temple demain se trouveront ensemble,
C'est là qu'aux yeux du Peuple un Tyran odieux,
Par un Ceste imposteur facrifiant aux Dieux ,
Recevra de ma main la peine de ses crimes,
Et mêlera son sang à celui des victimes ;
Si-prés de ce grand jour mon esprit agité,
Ne peut trouver de calme , & flotte inquiété ,
Cent divers mouvemens dans l'ardeur qui m'enfà-
Me troublans à la fois, tyranisent mon ame,
La haine, le devoir , le couroux , la douleur ,
L’horreur pour un Tyran, la pitié pour ma Soeur ;
L'amour d'un nom fameux, la soif de la vangean-

ceo
D'un succès perilleux l'incertaine esperance ,
Je sens même en secret, je sens quelque combat,
D'obscurcir par la feinte un fi noble attentat ;
Et je tremble sur tour, ce qui me désespere ,
De mourir sans vanger le meurtre de mon Pere ;
Je me perd plus j'y pense , & mon esprit troublé,
GemifTant lous le poids en est presque accablé
Je veux n'y plus penser ; cependant ma tristesse,
L'emportant malgré moi , m'y replonge sans cesse.

me,

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ORESTE, ELECTRE, dans le fond du Theatre.

ELECTR E.
Pprochons-nous,il rêve, & s'offre à mon cou:

A ,

roux

Traître , tu vas perir ; Dieux !' conduisez mes coups,
Quel plaisir d'assouvir la fureur qui me guide ,
Et de baigner mes mains dans le sang d'un perfile.

OREST E, fans la voir,
O ma Sæur , chere Electre , objet de ma douleur ,
Helas!

ELECTR E, seule.
Que parle-t-il d’Electre , & de fa Sæur.

e t-, Veille-t-il !

ORESTE, fans la voir.
Dans mon trouble, ouvrez-moi quelque route.

ELECTR E.

Troublé par ses remords , il s'égare sans doute :
Qu'il periffe , frapons , & lui perçons le cæur :
Reçois cette victime , Oreste, en ma douleur.

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:***********

& & & & & T

SCENE

I X.

LLECTRE, ORESTE, PAMENE,

PAMEN E en suivant le bras d'Electre. AH! Madame arrêtez ....

ELECTR E.

Traître , qu’ose tu faire ?
PAMENE.

Qu'allicz-vous attenter !....

ELECTRE.

J'allois vanger mon Frere: PAMENE

Vous l'alliez immoler ; c'eft Oreste....i

ELECTRE.

Grands Dieux) Qu'entends-je , je fremis!

PAMENE.

Ouvrez enfin les yeux Pour vous le conserver j'abandonnai Mycene, Ne connoissez-vous plus le fidele Pamene?

ELECTRE,

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ELECTRE.
Ciel ! Pamene , ò mon Frere !

ORESTE.

O na Sæur ! que mon caur
Chere Electre.....

ELECTRE.
O mon Frere ! embrassez vôtre Sauce

OREST E.
Je puis donc vous revoir après dix ans d'allarmes

ELECTRE.
Je puis donc à vos pleurs mêler enfin mes larmes,

ORESTE
Je vous tiens dans mes bras...,

ELECTRE.

Vous m'êtes donc rcadia

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ORESTE.
O jour tant désiré, moment trop attendu !
Qu'une si douce vûe à ma tendresse est chere.

ELECTRE.
Que vous m'avez coûtez de tourmens, ô mon Fres
Mais à quel souvenir me laissai-je emporter ,

mes justes transports commencez d'éclater ::
O jour mêlé pour moi , d'amertume & de joïc,
Cher Frere, le peut-il enfin que je te voie !

re ;

Quand je crois que ta mort a comblé nos malheurs;
Quoi ! je puis t'embraffer , te baigner de mes pleurs ;
Mais , pourquoi fi long-tems m'envier ta presence
Pourquoi tant differer à remplir ma vangeance :
Enfin d'un coup mortel perçant tantôt mon caur,
Pourquoi m'abandonner à ma funeste erteur ?
Vous cachant à mes yeux trouvez-vous tant de char.

mes ,
Cruel, à voir ma peine , à joüir de mes larmes..

ORESTE. Accusez-en des Dieux l'ordre très-rigoureux; Croyez qu'en subissant ces ordres douloureux Prêt à trahir cent fois inon devoir , leur défense , Mon cæur a payé cher sa funeste constance. Helas ! de vos maux feuls touché dans mes mal.

heurs, Je n'aspirois toûjours qu'à vanger vos douleurs ; De leur tissu cruel la pitosable histoire, Se retraçoit sans cesse à ma triste memoire, Trop foible image au prix du ce qu'ont vû mes yeux! En quel état ma Sæur , je vous trouve en ces lieux? Quel deftin pour Electre , & quel tygre barbare, A pû traiter ainsi la vertu la plus rare.

ELECT RE.. Vous pleurez: ah ! mon Frere, oubliez mes mala

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heurs ,

Le plaisir de vous voir , paye enfin tous mes pleurs,
Rien ne manque à mes voeux ; mais que dis-je insea-

fée,
Par un trop juite effroi ma joïe eft balancée ; :
Seul & foible au milieu de vos fiers ennemis,
Ah Prince à quel peril vous êtes-vous commis!:

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