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sûre que je ne me soucierois pas fi je les avois. Aussi, quand je serai ma maîtresfe ! laisse-moi faire, va.... je veux fçavoir tout ce que les autres sçavent.

LISET TE.
Je m'en fie bien à vous.

ANGELIQUE. Moi qui suis naturellement vertueuse, fçais-tu bien que je m'endors quand j'entends parler de sagesse ? Sçais-tu bien que je serai fort heureuse de n'être

pas coquette ? je ne le ferai. pourtant pas ; mais ma mere mériteroit bien que je la deyinsse.

LISE TT E. Ah! si elle pouvoit vous entendre & jouir du fruit de la sévérité ! mais

parlons d'autre chose. Vous aimez Eraite ?

ANGELIQUE. Vraiment oui , je l'aime, pourvu qu'il n'y ait point de mal à avouer cela ; car je suis fi ignorante! je ne sçais point ce qui est permis ou non, au moins.

LISETT E. C'est un aveu sans conséquence avec moi.

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ANGELIQUE. Oh! sur ce pied-là je l'aime beaucoup, & je ne puis me résoudre à le perdre.

LISET TE. Prenez donc une bonne résolution de à un autre. Il

y a ici un domestique à lui qui a une lettre à vous

n'être pas

rendre de la part.

ANGELIQUE, charmée. Une lettre de la part ! eh! tu ne m'en disois rien ! où est-elle ? Oh! que j'aurai de plaisir à la lire! donne-moi-la donc ? Où est ce domestique ?

LISET T E. Doucement, moderez cet empressement-là ; cachez-en du moins une partie à Eraste : si par hazard vous lui parliez, il y auroit du

trop. ANGELIQUE. Oh dame! c'est encore ma mere qui en est cause. Mais est-ce que je pourrai le voir ? tu me parles de lui & de fa lettre, & je ne vois ni l'un ni l'autre.

SCE N E VII.

T

LISETTE, ANGELIQUE,
FRONTIN, ERAST E.

LISETTE, d Angelique.
Enez , voici ce domestique que
Frontin nous amene.

ANGELIQUE.
Frontin ne dira-t-il rien à ma Mere?

LI SE TT E. Ne craignez rien, il est dans vos intérêts, & ce domestique passe pour son parent.

FRONTIN, tenant une lettre.

Le valet de Monsieur Erafte vous apporte une lettre que voici , Madame.

ANGELIQUE, gravement. Donnez. ( à Lisette. ) Suis-je assez sérieuse ?

LISETT E.
Fort bien.

ANGELIQUE. Que viens-je d'apprendre ! on dic » que vous vous mariez ce soir. Si vous

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» concluez sans me permettre de vous » voir, je ne me soucie plus de la vie. & en s’imterrompant ) Il ne se soucie plus de la vie! Liserte. (Elle acheve de lire. ) » Adieu, j'attends votre réponse & je » me meurs. ( Aprés qu'elle à lu.) Cette lettre-là me pénetre ; il n'y a point de modération qui tienne, Lisette; il faut que je lui parle, & je ne veux pas qu'il meure. Allez lui dire qu'il yienne ; on le fera entrer comme on pourra.

ERASTE, se jettant à ses genoux. Vous ne voulez point que je meure , & vous vous mariez, Angelique !

ANGELIQUE.
Ah! c'est vous, Eraste.

E RAST E.
A quoi vous déterminez-vous done?

ANGELIQUE.
Je ne sçais ; je suis trop émue pour
vous répondre. Levez-vous.

ERASTE, se levant.
Mon désespoir vous touchera-t-il ?

ANGELIQUE.
Est-ce que vous n'avez pas entendu ce

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que j'ai dit?

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E R A S T E.
Il m'a paru que vous m'aimiez un peu.

ANGELIQUE. Non, non, il vous a paru mieux que eela; car j'ai dit bien franchement que je vous aime ; mais il faut m'excuser, Eraste, car je ne sçavois pas que vous étiez-là.

E RASTE. Est-ce que vous feriez fâchée de ce qui vous est échappé ?

ANGELIQUE. Moi fâchée! au contraire, je suis bient aise que vous l'ayez appris fans qu'il y ait de ma faute, je n'aurai plus la peine de vous le cacher.

FRONT I N.
Prenez garde qu'on ne vous furprenne.

LISET T E. Il a raison ; je crois que quelqu'un vient ; retirez-vous, Madame.

ANGELIQUE. Mais je crois que vous n'avez pas eu le tems de me dire tout.

ERASTE. Hélas ! Madame, je n'ai encore fait que vous voir , & j'ai besoin d'un entretien pour vous résoudre à me fauver la Yie.

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