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PERSONNAGES.

UN LABOUREUR qui habite les

environs de Mycene.

ELECTRE.

ORESTE.

PYLADE, Personnage muet.

CHCUR.

UN VIEILLARD

UN ENVOY E'.

CASTOR & POLLUX.

ELECTRE DEURIPIDE,

TRAGE DIE TRADUITE DU GREC. 09 ACTE PREMIER:

SCENE PREMIERE. UN LABOUREU R qui habite les

environs de Mycene.
TERRE ancienne d'Argos ! Rivages

d'Inachus ! d'où partit le Roi Agao

memnon avec une Flotte nombreuse pour porter la guerre dans la Troade;

rivages qu'il revit après la prise de la célébre Ville de Dardanus qui ensevelit Priam sous ses ruines ! Là Agamemnon consacra dans

nos Temples les riches dépouilles enlevées aux Barbares. La fortune lui fut favorable dans les Campagnes de Troye. Mais à peine fut il de retour dans la patrie , que par la trâme de Clytemnestre son épouse , il périt de la main d'Êgyfthe, fils de Thyeste. Ce méme Egysthe époule ensuite la fille de Tyndare , & s'empare des Etats d'Agamemfon. Ce Prince infortuné laissa deux enfans en partant pour Troye, Oreste & Ele&re. Le Vieillard qui avoit élevé Agamemnon, dérobe Oreste à la fureur d'Egysthe , au moment qu'il alloit être immolé, & le remet entre les mains de Strophius , qui l'éleva dans la Phocide. Pour Ele&re , elle resta dans le Palais de son pere. A peine se vit-elle en la fleur de l'âge , que les plus grands Princes de la Grece la rechercherent en mariage : mais Egyfthe craignant qu'elle ne donnát le jour à quelque vengeur d'Agamemnon, la refula à tous ceux qui Ia lui demanderent. Le cruel dans la crainte qu'elle n'époulât secretement quelqu'homme illustre résolut de la faire mourir. Şa mere l'arracha d'entre les mains d'Egyfthe. Clytemnestre avoit en effet quelque prétexte pour avoir fait mourir son époux : mais n'en ayant aucun pour le meurtre d'EleEtre , elle craignoit de s'attirer la haine du peuple. Comme j'étois trop foible pour donner quelqu'ombrage à Egyfthe, il me fit épouser Electre, & les mêmes raisons l'engagerent à mettre à prix la tête d'Orefte. Je tire, il est vrai, mon origine de Mycene , ma naissance eft illustre , & de ce côté on ne peut me rien reprocher ; mais je suis pauvre , & ne sçaurois foutenir ma nobléffe. Si au contraire quelqu'homme puissant l'eut époulée , il auroit réveillé le meurtre d'Agamemnon, & n'eut pas manqué de

panir Egysthe. Ce mariage eut été sortable: Electre n'auroit point eu à rougir. Mais moi qui ne me fens pas digne de la pofféder, je la regarde comme ma soeur , & je respecte trop le sang dont elle fort, pour lui faire le moindre outrage. Je plains bien le malheureux Oreste avec qui je suis lié en apparence, fi jamais il voit le mariage de fa fæur. Si quelqu'un me traite d'insensé de ce que j'ai les mêmes égards pour une jeune fille qui est en ma puissance , que si elle étoit ma sur la continence est une vertu qu'il ignore.

SCENE I I.

LE MYCENIEN , ELECTRE.

ELECTRE.

ce

NUIT! je vais pendant ton obfcurité emque je m'y voye forcée ; c'est pour montrer aux Dieux l'outrage d'Egyfthe, & pour pousser mes gémissemens vers mon pere. La fille de Tyndare, ma mere , ma chaffée de mon Palais , & cela pour faire plaisir à son époux. Ayant déja des enfans d'Ezysthe , elle nous regarde Oreste & moi comme des étrangers.

LE MYCENIE N. Pourquoi vous donner tant de peine ? pourquoi vous tant fatiguer ? vous n'avez point été élevée à un genre de vie fi rude. Que ne cessezvous ? que ne vous rendez-vous à mes prieres?

ELECTRE.

Je vous mets au rang des Dieux, vous dont la tendresse vertueuse a respe&té ma inisere. C'est un grand bonheur de rencontrer dans l'adversité un ami tel que vous. C'est à cette amitié fi pure que je rends hommage par mes soins. Eh ! n'est-il pas juste que par reconnoissance du moins je prenne part à vos travaux, & que je soulage vos peines ! Les occupations du dehors vous suffifent; celles de l'intérieur me regardent. Il est bien agréable de trouver tout en ordre lorsqu'on rentre chez soi.

LE MY CËNIE N.

Puisque vous le voulez, j'y consens , allez. Ausli-bien la fontaine n'est pas beaucoup éloignée de cette maison. Pour moi à la pointe du jour j'irai ensemencer mon champ. Jamais un homme oifif, quoiqu'il adreffe continuellement fes prieres aux Dieux, ne pourra se tirer de l'in. digence.

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