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ခ222 S CE N E II I.

M

O RESTE, PYL ADE,

Personnage muet.

OR ESTE.
On cher Pylade, je vous regarde comme le

plus tur.& le plus affectionné de tous mes amis : vous admiriez Oreste quoique malheureux & persécuté de cet Egysthe, de cet infam emeurtrier de mon pere.Ignoré de tout le monde, je viens à Argos par les ordres secrets des Dieux pour yenger mon pere de ses affassins : dans l'ombre de la nuit trompant la vigilance des tyrans de ce pays,je m'avance vers le tombeau d’Agamemnon; cette vue me fait verser des larmes, jy offre les prémices de mes cheveux,& je l'arrole du fang des brebis que j'y iinmole. Mon parri eft pris , je n'entre point dans la ville, je me tiens seulement fur les frontieres de cet Etat pour pouvoir me retirer plus aisément : je crains que quelqu'Eipion ne me reconnoisse lorsque je m'informerai de ce qui se passe dans l'intérieur de nos murailles , & que je prendrai avec ma fæur les mesures convenables

pour
assurer

ma vengeance. On dit qu'assujettie aux loix de l'Hymenée , elle habite ces lieux. L'Aurore commence à paroître, écartons-nous du chemin , nous pourrons rencontrer quelqu'un qui nous apprenne de quel côté elle demeure. * J'apperçois une Esclave

* Ils disent cela en s'avançant toujours vers la cabane d'Electre.

qui porte sur sa téte un vase plein d'eau; tenonsa nous ici , & intérogeons la fur ce qui nous touche , & ce qui fait le sujet de notre arrivée dans ce pays.

SCENE I V.

ELECTRE.

A А

VANÇONS,
il est tems,

entrons. Les larmes sont mon seul partage. Hélas ! je fuis fille d'Agamemnon : Clytemnestre cette odieuse fille de Tyndare m'a donné le jour. Mes Citoyens m'appellent la malheureuse Ele&re. Que de maux ! quelle trifte vie! ô mon pere ! vous êtes descendu sur les sombres bords , égorgé de la main d'Egyfthe,& de celle de votre propre épouse. Allons, recommençons les mêmes gémissemens , renouvelons le plaisir qu'on goûte dans les lar..

mes.

Antistrophe. Avançons, il est tems, entrons. Les larmes font mon seul partage. Hélas ! frere malheureux d'une fæur infortunée que vous laissâtes en proye aux plus grands chagrins , quel pays habitezvous ? Dans quelle maison êtes-vous esclave? Nos malheurs bien plus. que les liens du sang nous uniffent. Venez me délivrer de mes maux, abordez ici , venez venger le meurtre odieux de mon pere. Allons , mettons à terre ce vase que je porte sur ma tête , afin que je puisse pouffer plus librement mes accens plaintifs vers mon pere.

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Epode. Ces clameurs , ces chants lugubres dont vous êtes l'objet

ô inon pere ! tous les jours je les renouvelle ; tous les jours je m'arrache les cheveux , & je me déchire le visage en pensant à votre mort. Ah! malheureuse que je suis ! tous les jours je me vois réduite à vous pleurer , Pere infortuné qui vous vêtes assassiner après ce bain fatal qui fut pour vous le dernier ! Tel un Cigne sur les bords d'une Onde claire appelle d'une voix lamentable son pere qui a perdu la vie dans des filets dont il a été enveloppé. Hélas ! que le

coup dont vous avez été frappé a été cruel ! Que votre retour de Troye est amer ! Ce n'est point dans les plus beaux ajuftemens , & la tête ornée de fleurs que votre epouse vous a reçu; mais c'est en secondant les complots d'Egyfthe, & en se servant de toute son adresse pour les faire réussir.

SCENE V. ELECTRE, LE CH@UR.

LE CHOUR.
E viens, ô fille d'Agamemnon, vous ap-

prendre ce qu'un Mycenien habitant de ces montagnes vient de nous annoncer. Le troisiéme jour les Argiens doivent célébrer une fête solemnelle en l'honneur de Junon, & toutes les jeus Res filles doivent s'y trouver.

ELECTRE.
Ce n'est , cheres amies , ni l'éclat de ma nail

J

sance , ni le triste état où je me vois qui m'empêche d'accompagner les jeunes filles d'Argos à ces fêtes. Il n'en est plus pour moi : Ces larmes sont le seul plaisir que je goûte. Voyez ces cheveux néglig's ! voyez ces habits déchirés ! sont-ce là les ornemens d'une Princesse, font-ce-là les habits de la fille d'Agamemnon, du vainqueur de Troye!

LE CHEUR. Que les Dieux sont puiffans ! Venez & je vous ferai présent d'habits précieux qui releveront l'éclat de votre beauté. Croyez - vous que sans rendre aux Dieux le culte qui leur est dû, & seulement par des larmes vous pourrez. vaincre vos ennemis ? Ce n'est point par des gémissemens; mais en honorant les Dieux que vous vous les rendrez propices.

ELECTRE. Non, cheres amies, non; les Dieux sont devenus insensibles aux maux d'Ele&re ; ils sont sourds aux cris du sang d'Agamemnon. Tout concourt à m'accabler : le pere mort que je pleure & le frere qui me reste encore. Malheureux Oreste! Tu erres dans des climats étrangers , où le terme de tes erreurs est peut-être l'esclavage, tandis que chassée de la maison paternelle, condamnée à vivre dans une cabanne sur ces triftes rochers , je léche de douleur à la vue d'une mere qui jouit tranquillement du fruit de son crime dans le lit de l'époux qu'elle a massacré.

LE CHEUR. Que de maux , Helene ne vous a-t-elle pas causés, aussi-bien qu'à toute la Grece? Fin du premier Aste.

ACTE

ACTE I I.

SCENE PREMIERE.

ELECTRE, ORESTE, PYLADE,

LE CHGUR.

ELECTR E.

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Essons, cheres amies, nos gémissemens ;

j'apperçois auprès de ma cabane des étrangers qui semblent sortir d'une embuscade. Vous autres ( aux femmes du Chæur , ) gagnez le chemin, pour moi je vais me retirer le plus víte qu'il me sera possible dans ma maison, afin del les éviter.

ORESTE Reffez, où courez-vous ? Que craignez-vous?

ELECTRE. 0, Apollon, fauve-moi de ce danger.

OR ESTE : Qu'avez-vous ? Viens-je comme un ennemi ?...

B

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