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SC Ε Ν Ε Ι Ι.

AMAN, ZARÉS, HYD ASPE.

HY DAS PE.

SEIGNEUR , je courois vous chercher. Votre absence en ces lieux suspend toute la joie , Et pour vous y conduire Assuerus m'envoie.

AMAN.
Et Mardochée est-il aussi de ce festin ?

HY DAS PE.
A la table d'Esther portez-vous ce chagrin?
Quoi! toujours de ce Juif l'image vous désole?
Laissez-le s'applaudir d'un triomphe frivole.
Croit-il d'Assuerus éviter la rigueur ;
Ne possédez-vous pas son oreille & fon cour?
On a payé le zele , on punira le crime
Et l'on vous a, Seigneur , orné votre victime.
Je me trompe, ou vos væux par Esther secondez,
Obtiendront plus encor que vous ne demandez.

A M. A N.
Croirai-je le bonheur que ta bouche m'annonce ?

HY DAS PE.
'J'ai des fayans Devins entendu la réponse :
Ils disent que la main d'un perfide étranger
Dans le sang de la Reine eft prête à fe plonger ;
Et le Roi, qui ne sait où trouver le coupable,
N'impute qu'aux seuls Juifs ce projet détestable.

A MAN.
Qui ce font, cher ami, des monstres furieux ;

Il faut craindre fur-tout leur Chef audacieux.
La terre avec horreur dès long-tems les endure,
Et l'on n'en peut trop tôt délivrer la Nature.
Ah! je respire enfin. Chere Zarés, adieu.

HYD ASPE.
Les Compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu ;
Sans doute leur concert va commencer la fête,
Entrez, & recevez l'honneur qu'on vous apprête,

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C'est lui-même , & j'en frémis, ma four.

LA PREMIER E.
Mon cœur de crainte & d'horreur se resserre.

L'UIR E.
C'est d'Israël le fuperbe oppresseur.

LA PREMIER E.
C'est celui qui trouble la terre.

E LISE.
Peut-on en le voyant ne le connoître pas ?
L'orgueil & le dédain font peints sur fon visage.

UNE ISRAELITE.
On lit dans ses regards sa fureur & fa rage.

UNE AUTR E.
Je croyois voir marcher la mort devant ses pas.

Ceci se récite fans chant.

UNE

UNE DES PLUS JEUNES.
Je ne fai fi ce tigre a reconnu sa proie :
Mais en nous regardant;, mes seurs, il m'a semblé
Qu'il

avoit dans les yeux une barbare joie
Dont tout mon sang est encore troublé.

ELISE.
Que ce nouvel honneur va croître son audace!

Je le vois , mes fæurs , je le voi,
A la table d'Esther , l'infolent près du Roi

A déjà pris fa place.

UNĘ DES ISRAELITES.
Ministres du feftin, de grace dites-nous,
Quels mecs à ce cruel, quel vin préparez-vous ?

AUTRE.
Le fang de l'orphelin,

UNE

TROISIÈME.

Les pleurs des miserables,
LA SECOND-E.
Sont ses mets les plus agréables.

LA TROIS I É ME.
C'est son breuvage le plus doux.

É LIS E.
Cheres fours, fufpendez la douleur qui vous preffe,
Chantons , on nous l'ordonne ; & que puissent nos

chants
Du cour d'Assuerus adoucir la rudesse,
Comme autrefois David par ses accords touchans
Calmoit d'un Roi jaloux la fauvage tristesse.

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UNE ISRAELITE. *
Que le Peuple est heureux ,

Lorsqu'un Roi génereux ,
Craint dans tout l'univers, veut encore qu'on l'aime !
Heureux le Peuple! heureux le Roilui-même!

TOUT LE CHE U R.

O repos! ô tranquillité !
O d'un parfait bonheur assurance éternelle !

Quand la suprême autorité
Dans les Conseils a toujours auprès d'elle

La Justice & la verité.

UNE ISRAELITE. **
Rois, chaffez la colomnie.
Ses criminels attentats
Des plus paisible Etats
Troublent l'heureuse harmonie.

Sa fureur de fang avide
Poursuit par-tout l'Innocent.
Rois , prenez soin de l'absent
Contre la langue homicide.

De ce monstre fi farouche
Craignez la feinte douceur.
La vengeance

est dans fon cæur :
Et la pitié dans fa bouche.

La Fraude adoite & fubtile

* Tout le reste de cette Scène est chanté.

** Ces quatre Stances sont chantées alternativement par une vois feule & par tout le Chour.

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