페이지 이미지
PDF
ePub

Seme de fleurs son chemin.
Mais sur ses pas vient enfin
Le Repentir inutile.

UNE ISRAELITE SEULE.
D'un fouffle l'Aquilon écarte les nuages,

Et chasse au loin la foudre & les orages, Un Roi fage , ennemi du langage menteur , Ecarte d'un regard le perfide Imposteur.

UNE A
J'admire un Roi victorieux,
Que fa valeur conduit triomphant en tous lieux.

Mais un Roi fage, & qui hait l'injustice,
Qui fous la loi du Riche imperieux
Ne fouffre point que le pauvre gémisse,
Eft le plus beau présent des Cieux.

UNE AUTRE.
La Veuve en fa défense espere.

Å U TRE.

[ocr errors]

UNE

A U TRE.
De l’Orphelin il est le Pere.

TOUTES ENSEMBLE.
Et les larmes du juste implorant son appui

Sont précieufes devant lui.

UNE ISRAELITE SEULE. Détourne , Roi puissant, détourne tes oreilles

De tout conseil barbare & mensonger.

Il est tems que tu t'éveilles.
Dans le sang innocent ta main va se plonger ,

Pendant que tu sommeilles.
Détourne, Roi puissant, détourne tes oreilles
De tout confeil barbare & menfonger,

Cs

UNE AUTRE.

Ainsi puisse fous toi trembler la Terre entiere.
Ainsi puisse à jamais contre tes Ennemis
Le bruit de ta valeur te servir de barriere.
S'ils t'attaquent, qu'ils soient en un moment foumis.

Que de ton bras la force les renverse.

Que de ton nom la terreur les disperse. Que tout leur camp nombreux foit devant tes soldats

Comme d'enfans une troupe inutile. Et fi par un chemin il entre en tes Etats,

Qu'il en sorte par plus de mille.

crettes.

SCENE I V.
ASSU ERUS, ESTHER, AMAN,

ÉLISE, LE CHEUR.

ASSU ERU S d Ether.
OU 1, vos moindres discours ont des graces fe-
Une noble pudeur à tout ce que vous faites
Donne un prix, que n'ont point ni la pourpre, ni l'or.
Quel climat renfermoit un si rare tréfor?
Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance ?
Et quelle main fi fage éleva votre enfance ?
Mais dites promptement ce que vous demandez.
Tous vos defirs, Esther, vous seront accordez;
Duffiez-vous , je l'ai dit, & veux bien le redire,
Demander la moitié de ce puissant Empire.

ES THE R.
Je ne m'égare point dans ces vastes desirs.
Mais puisqu'il faut enfin expliquer mes soupirs ,
Puisque mon Roi lui-même à parler me convie;
* J'ofe vous implorer & pour ma propre vie,
Et pour les tristes jours d'un Peuple infortuné,
Qu'à perir avec moi vous avez condamné.

ASSU E KU S la relevant.
A perir! Vous? Quel Peuple? Et quel est ce mystere?

AM A N tout bas.
Joe tremble.

ES T H E R.
Esther, Seigneur , eut un Juif pour fon pere.
De vos ordres sanglans vous savez la rigueur.

[ocr errors]
[merged small][ocr errors]

AM AN. Ah Dieux !

ASSU ERU S. Ah! De quel coup me percez-vous le cœur ? Vous la fille d'un Juif? Hé quoi? tout ce que j'aime, Cette Esther , l'innocence, & la fegefle même, Que je croyois du Ciel les plus cheres amours, Dans cette source impure auroit puisé ses jours ? Malheureux !

ESTHER.

Vous pourrez rejetter ma priere. Mais je demande au moins que pour grace derniere , Jusqu'à la fin , Seigneur, vous m'entendiez parler; Et que fur-tout Aman n'ose point me troubler.

ASSU ERU S. Parlez.

ES THE R. O Dieu ! Confonds l'audace & l'imposture. Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la Nature , Que vous croyez , Seigneur, le rebut des humains, D'une riche Contrée autrefois Souverains, Pendant qu'ils n'adoroient que le Dieude leurs Peresz. Ont vu benir le cours de leurs destins profperes. Ce Dieu, maître absolu de la Terre & des Cieux , N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux. L'Eternel est fon nom. Le monde est son ouvrage, Il entend les foupirs de l'Humble qu'on outrage, Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les Rois. Des plus fermes Etats la chute épouvantable, Quand il veut, n'est qu'un jeu de fa main redoutable. Les Juifs à d'autres Dieux oferent s'adresler. Rois , Peuples en un jour tout se vit disperser. Sous les Affyriens leur triste servitude Devint le juste prix de leur ingratitude. Mais pour punir enfin nos Maitres à leur tour >

Dieu fit choix de Cyrus, avant qu'il vît le jour ,
L'appella par son nom, le promit à la Terre,
Le fit naître & foudain l'arma de fon tonnerre ,
Brifa les fiers remparts, & les portes d’airain
Mit des superbes Rois la dépouille en fa main.
De fon Temple détruit vengea sur eux l'injure.
Babylone paya nos pleurs avec usure.
Cyrus par lui vainqueur publia ses bienfaits,
Regarda notre Peuple avec des yeux de paix,
Nous rendit & nos loix , & nos fêtes divines ;
Et le Temple déja fortoit de ses ruines.
Mais de ce Roi si fage heritier insensé,
Son Fils interrompit l'ouvrage commencé,
Fut fourd à nos douleurs. Dieu rejetta fa Race ,
Le retrancha lui-même , & vous mit en sa place.
Que n'efperions-nous point d'un Roi fi génereux ?
Dieu regarde en pitié son peuple malheureux ,
Disions-nous ; un Roi regne ani de l’Innocence.
Par-tout du nouveau Prince on vantoit la clémencea
Les Juifs par-tout de joie en pousserent des cris.
Ciel ! verra-t-on toujours par de cruels esprits,
Des Princes les plus doux l'oreille environnée,
Et du bonheur public la source empoisonnée ?
Dans le fond de la Thrace un Barbare enfanté
Est venu dans ces lieux fouffler la cruauté.
Un Ministre ennemi de votre propre gloire .....

A M A N.
De votre gloire ? Moi? Ciel! Le pourriez-vous

croire ? Moi, qui n'ai d'autre objet, ni d'autre Dieu..., ASSU ERU S.

Tai-toi.
Ofes-tu donc parler fans l'ordre de ton Roi ?

ES TH E R.
Notre ennemi cruel devant vous se déclare..
C'est lui. C'est ce Ministre infidele & barbare,

[ocr errors]
« 이전계속 »