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SC E-N E V I.

M. DOLIGNI pere, M. ARGANT,

Mde. ARGANT.

M. ARGANT.
Uoi!

M, DOLIGNI,

Oui, vraiment, me voilà

M. ARGANT.
Vous n'aurez pû conclure avec ces coquins-là:
Leurs propositions sans doute vous effrayent?

M. DOLIGNI.
J'ai trouvé, par bonheur, de ces gens qui se payent

De raison & d'argent comptant.
A l'honneur de leur fille il n'en faut plus qu'autant.
J'ai réglé, moyennant une somme assez forte
Dont ces honnêtes gens sont contens.
M. ARGANT.

En qu'importe?
M. DOLIGNI.
Si vous le trouvez bon, sans perdre un seul moment,
24 Il faut aller signer & consommer l'affaire.

Ce n'est pas loin d'ici; c'est chez votre notaire,
Où l'acte est tout dressé.

M. ARGANT.

Courons-y promptement;

[ à Me. Argant. ]
Supposé, cependant, que cela vous convienne,

Mde. ARGANT.
Allez, messieurs.

M. ARGANT.

Partons.

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SCE NE VII.

Młe, ARGANT seute.

Et nous, réglons auki

T L'affaire qui me reste à terminer ici. Rosette ? Holà, quelqu'un ? Que Marianne vienne. Voyons donc ce que c'est; perçons l'obscurité, Dont le mystere ici couvre la vérité. Quoi ? Tout ce qui m'eft cher s'unit & se raslem

ble Pour me faire essuyer tous les malheurs ensemble ! Mon époux & mon fils ? J'adorois deux in

grats!...
Ma rivale paroît;... ne la ménageons pas.
Je te rendrai du moins outrage pour outrage.
Sachons qui de nous deux doit imposer la loi.

SCENE VIII.

MARIANNE, Mle. ARGANT.

MARIANNE à part,
Ue s'est-il donc passé? Je vois, sur son vi-

sage Tous les traits du couroux qui va tomber sur moi,

Mde. ARGANT. Approchez. N'étes-vous point lasse Du plaisir de semer le divorce en ces lieux? N'en pouvez-vous jouir , si ce n'el sous mes yeux?

?

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Voulez-vous me réduire à vous demander grace?
Ou faut-il vous céder ? Prononcez entre nous.

MARIANNE à part.
Sans doute que j'ai fait rompre ce mariage.

Mde, ARGANT. Répondez donc.

MARIANNE.

Hélas ! je tombe à vos genoux.

Mde. ARGANT. Portez ailleurs ce faux hommage. Levez-vous. Les foupirs, les pleurs sont super

flus. Ce ne

font
pas toujours des

preuves d'innocence.

MARIANNE. ! Disposez de mon sore. Que voulez-vous de plus?

N'est-il pas en votre puissance?
Ordonnez ; & comptez fur une obéissance
Qui servira du moins à me justifier.

Délivrez-vous de ma présence.
Je ne demande, hélas ! qu'à me sacrifier.

Nide. ARGANT.
Qu'à vous sacrifier ? Eft-ce ici votre place?

MARIANNE.
Je n'ai

que
du malheur; vous pouvez m'en punir,

Mde. ARGANT.
Mais le malheur ici vous a-t'il fait venir ?

MARIANNE.
Accusez mon erreur & non pas mon audace.
Madame, on m'a trompée en m'amenant ici :
C'est une vérité qui peut être attestée.
Si j'avois été libre y serois-je restée ?
D'aujourd'hui seulement mon fort eft éclairci.
Et dès que je l'ai sû, j'ai tout mis en usage
Pour qu'on me laissât fuir : Je n'ai pû l'obtenir.
Ai-je rien de plus cher que

de réunir ?
Md. ARGANT à part.
O ciel! d'une rivale est-ce là le langage?

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102 L’ECOLE DES MERES,
J'ai peine à résister à fon air ingénu.

Marianne.]
Cette énigme est assez difficile à comprendre.
Votre fort, dites-vous, vous étoit inconnu?
Quel eft donc ce roman?

MARIANNE.

On a dû vous l'apprendre. Vous favez qui je suis.

M. ARGANT.

C'est un secret pour moi.

MARIANNE.
On ne vous a point dit qui j'étois ?
M. ARGANT.

Je l'ignore.
D'où vous vient ce nouvel effroi ?

MARIANNE.
Je frémis d'une erreur où je vous vois encore.

M. ARGANT.
Cherchez donc à la diffiper.
MARIANNE à part, en regardant par tout.
Hélas, je ne vois point mon pere,

Mide. ARGANT.
Mais ñė vous fiattez pas de pouvoir me tromper.

MARIANNE à part.
Cet abandon me désespere.

M. ARGANT.
Que cherchent vos regards ? Epargnez - vous ces

soins.
Parlez en liberté, nous sommes fans témoins.

MARIANNE,
Quand vous me connoîtrez....

Mde, ARGANT.

Quelle est votre fortune?

MARIANNE.
Qui moi? Je n'en possede & n'en prétens aucune.

Md. ARGANT.
Que faisiez-vous auparavant?

MARIANNE.
Je menois hors du monde une vie inconnue.

Md. ARGANT.
Continuez,

MARIANNE.

Dans un couvent,
Depuis que je suis née, on m'a toujours tenue.
Fixez-y mon deftin. Je suis prête à partir.
J'offre d'y retourner pour n'en jamais sortir.

Md. AR GANT à part.
Je n'en avois jamais été si bien frappée.
[ haut. )

[ à part. ] Comptez sur mes secours.... On peut l'avoir trompée.

(haut.)
Je vous les offre volontiers.
Quel fut votre couvent ? Parlez avec franchise.

MARIANNE.
Vous pouvez le connoître.

Mde. ARGANT.

Qù vous avoit-on mise?
MARIANNE.
Mais c'étoit auprès de Poitiers.
+ Mde. ARGANT.

[ à part. ]
De Poitiers, dites-vous? Uferoient-ils d'adresse !

[haut. )
C'est un fait qui peut être aisément éclairci.

MARIANNE.
Je le sais.

Mde. ARGANT à part.
En effet, seroit-elle ma niéce?

[haut.)
C'est le même couvent où ma fille est ausst.

[ à part.]
Que je suis coupable envers elle.

[haut.)
Vous l'avez donc vúe?

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