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A MONSIEUR DE ***.

QUAND je pense, Damon, qu'une flamme constante
Doit éterniser nos amours,
Je sens que mon bonheur s'augmente
Par l'espoir de t'aimer toujours.
Non, je ne crains pas de survivre

A la perte des biens que tu me fais goûter :
S'ils pouvaient cesser d'exister,
Serait-ce la peine de vivre ?
Par un si triste sentiment
Mon ame n'est point poursuivie :
Malheureux qui croit en aimant
Ne pas aimer toute la vie !

Madame de ***.
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AH! si je le voyais le cruel qui m'outrage,
Disais-je, il connaîtrait ce qu'il a dédaigné !
Pour calmer mon cœur indigné
Sans doute il emploierait son perfide langage ;
Mais l'honneur offensé soutiendrait mon courage :
Il supplierait en vain; l'amour l'a condamné.
Hé bien! je l'ai revu, j'ai revu le volage !
· Il n'a rien dit , et i'ai tout pardonné.
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CoNsTANCE PIPELET.

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IMPROMPTU

à des Dames qui, après avoir chanté très-agréablement,
m'ont prié de chanter à mon tour.

PoINT n'ai reçu de l'avare nature
Cet art charmant de moduler des sons ;
Ma rauque voix fait rompre la mesure,
Quand je la mêle aux refrains des chansons.
En cet instant le sort me dédommage ;
Je vous entends : est-il un lot plus doux ?...
De bien chanter je ne suis plus jaloux :
Du rossignol eussé-je le ramage,
Je me tairais pour n'entendre que vous.

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BELLE comtesse de la Suze,
Qui vous nomme, nomme une muse
Pleine d'esprit, pleine d'ardeur :
Aussi je dis pour votre gloire,
Ou plutôt pour mon propre honneur, -
Que vos vertus sont dans mon cœur,
Et vos écrits dans ma mémoire.

CoLLETET.

A UNE JEUNE DEMOISELLE
qui avait demandé un almanach à l'auteur.

VoUs souhaitez, Philis, un almanach nouveau ;
De Paris voici le plus beau :
S'il vous est souvent nécessaire,
Ah! du moius en l'ouvrant souvenez-vous toujours
Qu'il n'est point de mois, point de jours
Où je ne pense à vous, et n'aspire à vous plaire.
- C* k *.

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N'EUssIEz-voUs pas la vue aussi belle que nette ,

De vous gronder encore on aurait le sujet;

Quand vers soi l'on a l'art d'attirer chaque objet, On n'a pas besoin de lunette.

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LE tendre Apelle un jour, dans ses jeux tant vantés
Qu'Athènes sur ces bords consacrait à Neptune,
Vit au sortir de l'onde éclater cent beautés ;
Et, prenant un trait de chacune,
Il fit de sa Vénus le portrait immortel.
Hélas ! s'il avait vu l'adorable Martel,

Il n'en aurait employé qu'une.
LAINEz.

A MADEMOISELLE **.

ON dit qu'un jour, en souriant,
L'enfant ailé montrait aux Graces
Le portrait d'un objet charmant
Dont il aime à suivre les traces.
Euphrosine s'écrie : Ah ! je m'y reconnais !
Aglaé : Ce sont là mes traits !
Non, non, c'est moi, reprit Thalie.
L'Amour, pour les mettre d'accord,
Leur dit : Mes sœurs, vous avez tort ;

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DANs un bosquet les Muses, l'autre jour,
De nœuds de fleurs doucement enchaînèrent
Ce bel enfant que l'on appelle Amour ;
Puis à Beauté pour captif le donnèrent.
Vénus accourt avec grosse rançon
Pour racheter cet aimable enfançon.
Maman, dit-il, votre rançon est vaine;
J'aime mes fers plus que ma liberté;
Et, croyez-moi, rien ne brise une chaîne

Où nous retient l'esprit et la beauté. LEBRUN.

VERS A MADAME DE ***, en lui envoyant les lettres de milady Juliette Catesby.

LA tendre Juliette aimait un infidelle :
Eh! qui peut se vanter de n'avoir pas comme elle
Trouvé quelque trompeur ? les hommes le sont tous.
L'amour de cette loi commune
N'a jamais excepté que ma bergère et vous :
Encor si vous vouliez (je le dis entre nous)
Il n'en aurait excepté qu'une.

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CEs rivaux que l'Amour auprès de vous rassemble

M'inquiètent, Thémire, et ne sont pas heureux :
Vous m'aimez mieux que chacun d'eux ;
Vous m'aimez moins que tous ensemble.

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qui me demanda, comme je faisais l'éloge de la vieillesse, si j'aimerais à vieillir.

IL est un cas où, tout de bon, J'aimerais à vieillir, charmante Eléonore ; C'est si vous étiez l'Aurore,

Et que je fusse Tithon.
SAINT-AULAIRE.

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