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ÉPITAPHE GÉNÉRALE.

OU sont tant de superbes rois,
Ces conquérans maîtres du monde,
Qui de leurs glorieux exploits
Remplissaient et la terre et l'onde ?
La mort les soumet à ses lois :
C'est là que leur grandeur se brise ;
Et de leurs titres superflus
Il reste pour toute devise :
Ils ne sont plus.

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JEAN s'en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds après son revenu,
Croyant les biens chose peu nécessaire.
Quant à son tems, bien le sut dispenser ;
Deux parts en fit, dont il soulait passer
L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire.
JEAN LA FoNTAlNE»

DE SCARON.

CELUI qu'ici maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie,
Et souffrit mille fois la mort-
Avant que de perdre la vie.
Passant, ne fais ici de bruit,
Prends bien garde qu'on ne l'éveille ;
Car voici la première nuit
Que le pauvre Scaron sommeille.

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SoUs ce tombeau pour toujours dort
Paul, qui toujours contait merveilles.
Louange à Dieu, repos au mort,
Et paix sur terre à nos oreilles.

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CI-GîT l'illustre et malheureux Rousseau. Le Brabant fut sa tombe, et Paris son berceau. Voici l'abrégé de sa vie, Qui fut trop longue de moitié: Il fut trente ans digne d'envie,

Et trente ans digne de pitié.
PIRoN.

D'UN MÉDECIN.

CI-GîT Guillaume de Liurcin,

En son vivant grand médecin,
• Qui, tant que Dieu le laissa vivre,
Raisonna toujours comme un livre.
Il savait Gallien par cœur,
Hippocrate était son idole,
Et ce fut à leur docte école
Qu'il devint un si grand docteur :
Mais à la moindre maladie
Sa science était en défaut.
Que de défunts seraient en vie
S'il était mort un peu plutôt !

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| D'UN ATHÉE.

IcI gît qui toujours douta.

Dieu par lui fut mis en problême ;

Il douta de son être même :

: Mais de douter il s'ennuya;
Et, las de cette nuit profonde,
Hier au soir il est parti
Pour aller voir en l'autre monde

- Ce qu'il faut croire en celui-ci.

PARNY.
Tome III. I4

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DE RÉGNIER. |

J'AI vécu sans nul pensement,

Me laissant aller doucement

A la bonne loi naturelle ;

Et je m'étonne fort pourquoi

La mort daigna penser à moi,

Qui ne m'occupai jamais d'elle.

PAR LUI-MÊME.

#c0e63

DE M. L'ABBÉ DE VOISENON, de l'Académie française, mort en novembre 1775.

Ici gît, ou plutôt frétille,
Voisenon, frère de Chaulieu.
A sa muse vive et gentille
Je ne prétends point dire adieu ;
Car je m'en vais au même lieu
Comme cadet de la famille.

VoLTAIRE. 300o&

D'UN FAUX SAGE.

AUSTÈRE comme un cénobite,
Il vécut toujours chastement;
Mais il dut sa bonne conduite

A son mauvais tempérament.
BoUFLERs.

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