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Vierge dont le corps paroissoit être celui d'une femme noyée. Plusieurs autres ouvrages du Caravage eurent le même sort; LE ces disgraces ordinaires ne le corrigeoient point.

CARAVAGE, Quand Annibal Carrache vint à Rome le Caravage tout capricieux qu'il étoit, frappé de son coloris ne put s'empêcher de dire, Dieu soit loué, j'ai enfin trouvé de mon temps un peintre.

Sans génie, sans dessein, sans lecture, sans étude de son art, le Caravage ne pouvoit se passer de modéle, il disoit que chaque coup de pinceau qu'il donnoit n'étoit point de lui, mais qu'il étoit dû à la nature. Le nom de naturaliste qui né convient qu'à un physicien, fut donné de son temps aux peintres qui ne s'attachoient comme lui qu'à suivre servilement la nature,

Il est à croire que son caractére bizarre & vindicatif lui pro cura peu d'amis, si l'on en excepte le Civoli & le cavalier Pomeranci il eut des querelles continuelles avec le Carrache , & surtout avec Josepin dont il avoit été domestique.

Comme ce dernier refusa de se battre contre lui parce qu'il n'étoit pas chevalier, il projecta dès ce temps-là d'aller à Malte se faire recevoir chevalier servant, afin de l'obliger à accepter le défi. Il tua à Rome un jeune homme avec qui il avoit eu querelle en jouant à la paume , & tour bleffé qu'il étoit, il se retira à Zagaroles chez le Duc Martio Colonna, de là à Naples & ensuite à Malte, Comme son mérite étoit connu par tout, il ne fut pas sans occupation surtout à Malte, il travailla pour l'Eglise de saint Jean & pour le palais du Grand Maître Vignacourt dont il fit le portrait armé & un autre asfis. Le Grand Maître le fit chevalier servant, lui donna une chaîne d'or & deux esclaves pour le servir.

Une insulte qu'il fit à un chevalier de distinction le fit mettre en prison; le péril ne l'effraya point, il s'échappa la nuit, & vint se réfugier en Sicile, où ne se croyant pas en sureté, il s'embarqua pour Naples. Il y vouloit attendre que le grand Maître à qui il avoit envoyé pour présent Herodiade avec la tête de saint Jean, lui fît tenir sa grace : un jour des gens ar. més l'attaquérent à la porte de son auberge & le blessérent au visage. Malgré la douleur qu'il ressentoit, il monta sur le champ dans une felouque pour se rendre à Rome sçachant que le cardinal Gonzague avoit obtenu sa grace du Pape. Il

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= ne fut pas plûtôt arrivé sur le rivage que la garde Espagnole L le prenant pour un autre cavalier, le mit en prison, d'où il CARAVAGE. ne se tira qu'après qu'ils eurent reconnu leur méprise. Il re

tourna ensuite à la felouque pour prendre son bagage, mais
il ne le trouva plus : accablé de toutes ces avantures, it erra
sur le rivage & gagna à pied par le gros chaud le Porto Ercole,
où ayant perdu tout courage, une grosse fiévre le prit & l'en-
leva en 1609. âgé de quarante ans.
· Ce peintre a toujours été malheureux ne pouvant retour-
ner dans fa patrie, banni de cous côtés, ayant à peine un ami,
& étant mort sans secours au milieu d'un grand chemin. Il étoit
ordinairement mal habillé, vivoit sans façon à la taverne,
où n'ayant pas un jour dequoi payer , il peignit l'enseigne du
cabaret qui dans la suite fut venduë un prix considérable;
Michel-Ange a mangé plusieurs années sur la toile d'un por-
trait laquelle lui fervoir de nappe. Sa maniére de peindre
quoique noire, est très-vive & moëlleuse, elle fut suivie par
le Guerchin, le Valentin, & un certain temps par le Guide :
il a donné à ses têtes le vrai caractére de son tein liyide, de
fes yeux farouches, & de ses cheveux noirs.
· Ses disciples furent Barthelemi Manfredi de Mantouë ,
Charles Saracino de Venise, Joseph Ribera dit l’Espagnolet,
Gérard Honshorft d'Utrech & Gio Carlo Loth de Munich.

Barthelemi Manfredi de Mantouë reçut les premiéres luBARTHELEMI miéres de la peinture du cavalier Pomcranci. La facilité qu'il MANFREDI. avoit d'imiter tous les maîtres le porta à suivre fi parfaitement

la manière du Caravage que tous les peintres y étoient trompés. Ses sujets ordinaires étoient des joueurs de cartes & des assemblées de soldats, il a fait aussi beaucoup de sujets d’hiltoire d'un ton excellent de couleur. Il fut de l'Académie de faint Luc & devenu infirme il mourut à Rome dans un âge peu avancé. .

Gio Carlo Loth né à Munich en 1611. apprit de ses pere Gio CARLO & mere à dessiner, il vint érudier à Rome sous le Caravage, LOTH. enfuite à Venise fous le cavalier Liberi : fon coloris étonnant

le fit fouhaiter par l'Empereur Léopold qui le nomma fon premier peintre, il mourut à Venise en 1698 âgé de quatrevingt-sept ans.

Ses desfeins font rares & heurtés d'une grande maniere qui rend la couleur. Plufieurs sont faits au pinceau relevés de blanc sur du papier teinté; d'autres sont arrêtés par un trait = de plume lavés au bistre ou à l'encre de la Chine rehaussés L E de blanc au pinceau; d'autres enfin sont desfinés à la pierre CARAVAGE. noire avec des ombres estompées, relevés de blanc de craie, quelquefois mêlés d'un peu de sanguine dans les têtes & autres extrémités. On le reconnoît à fon goût bizarre, à ses têtes communes, à ses draperies séches, les contours irréguliers, & ses figures trop courtes prises fans choix, suivant les défauts du naturel.

Ses principaux ouvrages à Rome se voyent à fanta Maria del popolo, c'est un crucifiement de faint Pierre, & la conversion de saint Paul, où son cheval gris pommelé est admirable ; à saint Louis des François la vocation de saint Matthias parmi des joueurs de cartes, 8z son martyre dans un autre tableau ; à saint Augustin une Madone debout tenant le Jesus avec deux pelerins à genoux; à la Chiesa nuova un Christ au tombeau.

On voit à Naples dans l'Eglise de saint Dominique majeur une flagellation de Notre Seigneur, & une résurrection dans l'Eglise de sainte Anne des Lombars ; un saint Pierre qui renie son maître dans la facristie de saint Martin, & dans l’Eglise de la Miséricorde la représentation des sept æuvres dans un seul tableau.

A Malte la décolation de saint Jean pour l'Eglise Cathe. drale dediée à ce faint ; la Madeleine & faint Jérôme qui écrit, deux tableaux en demi-figure au dessus de deux portes de la même Eglise.

On voit à Messine deux tableaux chez les Capucins, l'un une nativité, l'autre saint Jérôme écrivant ; dans l'Eglise Dei Ministri degl'infermi dans la chapelle Lazari une réfurre&tion du Lazare avec un homme qui se bouche le nez à cause de l'infection du cadavre. A Siracuse dans l'Eglise de sainte Lucie la sainte qui est morte & un Evêque qui lă benit.

A Milan à fan-Rafaello les pélerins d'Emmaüs dans une lu. nette au haut de la tribune; dans la galerie de l'Archevêché un saint Sébastien demi-figure.

A Anvers chez les Dominicains, le cableau du Rosaire &une assomption de la Vierge avec les apôtres.

Dans la galerie du Grand Duc le portrait du cavalier Mac rini & une tête de Meduse.

s.

Dans celle du Duc de Modéne une troupe de joueurs demiLE figures. CARAVAGE. Dans celle du Duc de Parme un païsan avec deux Bohé

miennes.

Dans la galerie de l’Electeur Palatin à Dusseldorf quatre soldats qui jouent alla mora.

Le Roy á le portrait du Grand Maître de Vignacourt, la mort de la Vierge, une Bohémienne qui dit la bonne avanture, & un saint Jean-Baptiste,

On voit au palais Royal le sacrifice d'Isaac, une transfigu. ration, un jeune homme qui jouë de la fûte; le songe du Caravage, où il s'est représenté couvert de haillóns regardant dans un miroir.

L'æuvre de ce maître est peu nombreux, il a gravé de la main saint Thomas qui touche le côté de son maître ; Voster. man, P. Fatoure, Daret, Sourman, Coëlemans oyt fait huic ou dix piéces & il y en a quatre dans le recučil de Crozat,

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EU de peintres ont eu autant de réputation =
que le Guide; s'il n'a pas donné autant de ron- LE GUIDE,
deur & de vérité à ses figures que les Carrache
& le Caravage, s'il n'a pas mis autant de feu &
d'expression dans ses tableaux, il y a répandu

plus de grace & plus de noblessé."
· Le pere de Guido Reni s'appelloit Daniel Reni, il étoit mu-
sicien & joueur de Aûte. Il vit naître cet aimable enfant en
1575. dans la ville de Bologne, & il voulut l'appliquer au
clavecin à l'âge de neuf ans. Au lieu de jouer de cer instru-
ment, le jeune enfant dessinoit des figures qui surprenoient
tout le monde ; on le mena chez Denis Calvart bon peintre
Flamand qui en peu de temps le rendit habile. Il vendoit les

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