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ACCOMPAGNATEUR. — ACROBATE.

tre, ne se contente pas toujours d'applaudir; lorsque le talent d'un grand artiste on le génie d'un grand écrivain soulève en lui l'enthousiasme, il lui arrive de se répandre en acclamations spontanées et bruyantes. Le fait le plus célèbre en ce genre est celui qui signala la sixième représentation d'une pièce de Voltaire, Irène, pendant laquelle on couronna sur la scène le buste de l'auteur. Voltaire était présent dans une loge, et toute la satye aussitôt, se tournant vers lui, éclata en applaudissements et en acclamations-frénétiques.

ACCOMPAGNATEUR. — Pans les théâtres lyriques importants, on trouve toujours au moins un accompagnateur au piano, chargé de donner les leçons et d'apprendre aux chanteurs les rôles des opéras nouveaux, ainsi que d'accompagner au piano les répétitions jusqu'au moment où l'orchestre vient prendre part aux études. A Paris, où les accompagnateurs sont toujours des artistes fort distingués, souvent des compositeurs émérites, ils prennent le titre de Chefs du chant. (Voy. ce mot.)

ACCOMPAGNATEUR AU CLAVECIN. — Autrefois, à l'époque où l'orchestre n'avait acquis ni la puissance de sonorité ni la force d'expression qu'il possède aujourd'hui, l'usage s'était établi,• surtout en Italie, de placer au milieu des symphonistes un accompagnateur au lavecin (maestro al cemhalo), qui réglait les mouvements et soutenait particulièrement les récitatifs. II n'y a pas encore bien longtemps qu'on a renoncé, en Italie, à cet usage, qui n'a jamais prévalu en France, bien qu'on en ait eu des exemples à l'Opéra, notamment en 1730, lors de la représentation des Génies, ouvrage de M1" Duval. « M"° Duval, dit un annaliste, accompagna elle-même tout son opéra sur le clavessin de l'orchestre, où le public la vit avec plaisir et étonnement. )> Les compositeurs italiens avaient l'habitude de tenir eux-mêmes le clavecin d'accompagnement aux premières représentations de leurs opéras; il en résultait parfois des incidents douloureux ou bizarres. En 1735, Pergolèse donnait à Rome un opéra nouveau, VOlimpiade, qui, malgré ses beautés, tomba lourdement; un imbécile

ou un misérable eut la cruauté de lancer au compositeur, assis au clavecin, une orange qui l'atteignit à la tête; celui-ci, déjà souffrant, et désolé d'une telle humiliation, tomba bientôt malade, et s'en alla mourir à Naples de chagrin et d'épuisement. Eu 1813, à Rome encore, Rossini, donnant le Barbier de Séville et tenant le piano à l'orchestre, fut hué, sifflé, insulté de la façon la plus odieuse par un public inepte et sans pitié. Mais Rossini n'était' pas impressionnable et sensible comme Pergolèse; il tint tête à l'orage, éclata de rire à la barbe de ce public, et revint le lendemain à sa place, d'où celui-ci, cette fois mieux inspiré, l'arracha pour le porter en triomphe.

ACCOMPAGNEMENT. — Que son rôle soit tantôt secondaire, tantôt prédominant, qu'il soit chargé de la partie chantante ou de ce qu'on pourrait appeler la partie suivante, l'orchestre, au théâtre, forme l'accompagnement du chaut. En disant cela, nous ne faisons ni critique, ni esthétique; nous nous bornons à constater un fait pratique.

ACCORD (prendre L').—C'est l'opération à l'aide de laquelle tous les artistes d'un orchestre, soit au théâtre, soit au concert, s'assurent que tous leurs instruments sont d'accord entre eux et se trouvent bien au diapason. C'est généralement la clarinette qui donne le la, sur lequel s'accorde un des premiers violons, qui le transmet ensuite à chacun des musiciens successivement. Cette opération doit se faire loin du public, avant l'arrivée à l'orchestre.

ACOUSTIQUE. — On dit de l'acoustique d'une salle de spectacle qu'elle est bonne ou qu'elle est mauvaise selon que cette salle est plus ou moins sonore, plus ou moins sourde. L'acoustique de l'ancienne salle de l'Opéra, rue Le Peletier, était excellente; celle de l'Opéra actuel est malheureusement loin d'avoir les mêmes qualités, malgré tous les efforts tentés en vue de corriger ses défauts; l'acoustique du l'Opéra-Comique est généralement satisfaisante.

ACROBATE. — Ce mot servait particulière

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ACTE.

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point la division des poèmes en cinq actes. Il est vrai que l'action paroît de temps en temps inteiTompue sur le théâtre et que les acteurs, occupés hors de la scène ou gardant le silence, font place aux chantres du chœur, ce qui produit des intermèdes; mais non pas des actes dans le goût des modernes, parce que les chants du chœur se trouvent liés d'intérêt à l'action principale, avec laquelle ils ont toujours un rapport marqué, du moins dans les pièces de Sophocle ; car Euripide s'est quelquefois écarté de cette règle, et ses chœurs sont souvent de beaux morceaux de poésie qui n'ont aucun rapport avec l'action. Si, dans les nouvelles éditions, leurs tragédies se trouvent divisées en cinq actes, c'est aux éditeurs et aux commentateurs qu'il faut attribuer ces divisions, et nullement aux originaux. »

Nos grands poètes tragiques, à commencer par Corneille et Rotrou, ont divisé leurs poèmes dramatiques en cinq actes ; Molière fit de même pour ses comédies de mœurs ou de caractères, à l'exception de VEcole des Maris, qui est en trois actes; mais dans ses œuvres fantaisistes ou ses bouffonneries il adopta sou vent cette dernière coupe, témoins VAmour médecin, Amphytrion, Pourceavgnac, George Dandin, h Malade imaginaire, le Médecin malgré lui. Quant à ses farces, elles sont toutes en un acte.

Les genres, depuis lors, s'étant subdivisés à l'infini, on a fait et l'on fait tous les jours des pièces en un, deux, trois, quatre ou cinq actes. Toutefois, la division en deux actes, qui est de beaucoup la plus rare, semble aussi la moins heureuse. Par exception, on a écrit parfois des pièces en plus de cinq actes, et un poète obscur, nommé Jean Hays, a publié en 1597 une tragédie en sept actes et an prologue, intitulée Cammate; de nos jours, M. Bouchardy a renouvelé ce procédé dans un de ses drames.

Mais si les écrivains les plus féconds se sont généralement contenus dans les limites de la coupe en cinq actes, il en est qui, trouvant cette division insuffisante, ont tracé des œuvres qui exigeaient plusieurs journées de représentations. Sous ce rapport, Richard Wagner, avec sa fameuse tétralogie des Kibelungen, ne saurait passer pour un novateur. Dès 1001,

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