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volontiers les premiers rôles dans leurs tragédies et dans leurs comédies. Dans les temps modernes, les deux plus grands poètes dramatiques dont l'humanité puisse se glorifier, Shakespeare et Molière, furent d'abord comédiens. Mais, en dehors de ces deux hommes de génie, un grand nombre d'acteurs plus oumoins célèbres se sont distingués aussi, en divers pays, comme auteurs dramatiques, joignant ainsi la gloire de l'écrivain à celle du comédien. Iffland en Allemagne, Garrick en Angleterre, Goldoni en Italie, nous offrent des exemples sous ce rapport. En France, à partir du dix-septième siècle, beaucoup d'acteurs aimés du public se

sont montrés écrivains distingués; à l'ancien théâtre du Marais, c'était Dorimond, Chevalier, Rosiinond; à l'Hôtel de Bourgogne, au Palais-Royal, à la rue Guénégaud, sur la grande scène française illustrée par Molière, ce fut Baron, Brécourt, Champmeslé, Hauteroche, Villiers, Dancourt, la Xoue, Raymond Poisson et son petit-fils Philippe Poisson, Raisin, Grandval, la Thuillerie, Legrand; à l'ancienne Comédie-Italienne, c'était Dominique Biancolelli, Louis Riccoboni, son fils François, Fabio Sticotti, Romagnesi. Plus prèsde nous,on trouve à citer les noms de Dumaniant, de Richaud-Martelli,de Collot-d'Herbois, de Fabre

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Michcl Boyrou, dit Baron, acteur de la troupe de Molière, auteur de Vllomim à bonnes fortunes.

sieurs ouvrages dramatiques. Quelques autres exemples sont encore à mentionner. Ml,e Flarniuia,la célèbre amoureuse de notre Comédie-Italienne, a écrit une pièce pour ce théâtre; Quinault, l'excellent artiste de la Comédie-Française, a composé un opéra pour l'Académie royale de musique, et on lui doit la musique des divertissements chantés ou dansés de beaucoup de pièces de son propre théâtre; la charmante M"" Favart, marchant sur les brisées de son mari, a écrit aussi quelques jolies pièces pour l'aimable scène dont elle faisait la gloire; M"e Julie Candeille, à la fois comédienne, chanteuse, virtuose, compositeur et écrivain,

M"0 Julie Candeille, qui appartint à la Comédie-Française et à l'Opéra, fit représenter sur le premier de ces théâtres une pièce fort agréable, Catherine ou lu Belle Fermière, dont elle remplissait le principal rôle et dans laquelle elle avait écrit plusieurs morceaux de musique qu'elle chantait et exécutait elle-même. Enfin, de nos jours, on sait que M. Hervé, l'un de nos plus féconds compositeurs d'opérettes, a souvent tenu un rôle important dans les pièces dont il écrivait lui-même les paroles et la musique.

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ACTEURS DANS LA SALLE. — Dans certaines pièces d'un genre fort comique, on a employé ce procédé aujourd'hui très connu d'un acteur qui se place dans la salle et qui, à un moment donné, se met à entamer un colloque avec les acteurs en scène, au grand ébahissement du public, qui le prend d'abord pour un simple spectateur. Ce moyen d'effet n'est pas d'une invention aussi récente qu'on pourrait le croire, et nous le voyons employé dès le commencement du dix-huitième siècle à l'ancien Opéra-comique de la Foire, dans une pièce de d'Orneval intitulée Arlequin traitant; en un certain endroit de cette pièce, Arlequin,

ACTEURS FORAINS

ADAPTATION.

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dit un chroniqueur, « faisoit le mauvais lazzi de montrer au doigt un homme assis parmi les spectateurs, qui se levoit tout en colère, et lui donnoit de ses gands par le visage. La garde venait sur le théâtre, ce qui laissoit le public dans l'attente d'un événement sérieux, qui se terminoit cependant par une mauvaise plaisanterie, l'offensé n'étant autre qu'un acteur qui se faisoit connaître et faisoit rire les spectateurs de leur bévue. »

Le Mercure de France nous rapporte un autre exemple de ce jeu de théâtre. Le 12 juillet 1744, en réjouissance de la prise de Fûmes, on donnait à l'Opéra-Comique un spectacle gratis, composé de la Statue animée et des Jardins de Vhymen, jolie pièce de Piron:

Après la représentation de la première pièce, dit le Mercure, un acteur de la troupe s'avança sur le bord du théâtre, pour annoncer aux spectateurs qu'ils ne pouvoient pas donner la seconde pièce qu'ils avoient promise, l'acteur qui devoit remplir un des rôles se trouvant indisposé; qu'ils étoient tous fâchés de ce contre-tcms. Le sieur Lécluse, acteur des plus comiques de ce même théâtre, avoit pris la précaution de se placer comme spectateur, pendant la première pièce, dans une des premières loges, en habit de jardinier, confondu avec toutes sortes de gens de tous états : toute l'assemblée se récria fort sur cette annonce de ne pas jouer la pièce promise ; le feint jardinier se lève comme les autres, et dit qu'on prétendoit que la pièce fût jouée, avec tant d'art et d'apparence de vérité, que tous les spectateurs donnèrent parfaitement dans l'illusion. L'acteur qui avoit déjà fait l'annonce proposa enfin au feint jardinier, qui étoit toujours dans la loge, de vouloir bien se charger du rôle de l'acteur malade, puisqu'il en avoit l'habit. Le défi fut accepté, le supposé jardinier quitta sa place pour passer au théâtre, et joua son rôle avec l'applaudissement de toute l'assemblée.

Depuis lors, cet effet comique a été employé bien souvent, et notamment dans deux vaudevilles célèbres il y a une quarantaine d'années, un Scandale et les Cabinets particuliers.

ACTEURS FORAINS. — On désignait naguère sous ce nom, à Paris, les acteurs qui faisaient partie des troupes établies aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent. L'expression

avait pris cours tout naturellement, et n'avait aucun caractère desobligeant. Parmi ces artistes il en était d'ailleurs de réellement distingués, entre autres ceux qui appartenaient à l'Opéra-Comique et dont quelques-uns firent plus tard la gloire de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne : Clairval, Laruette, Audinot, M"1' Luzy, etc.

ACTION. — Au point de vue du théâtre, on peut dire que l'action se compose de l'ensemble des faits, des incidents divers qui découlent du sujet, excitent l'intérêt du spectateur et forment la trame de la pièce représentée. L'action est donc plus ou moins serrée, plus ou moins compliquée, selon la nature de l'ouvrage. Elle peut être jusqu'à un certain point rudimentaire dans une comédie de mœurs ou de caractères; il la faut au contraire rive et nerveuse dans une comédie d'intrigue. Dans le drame, elle est généralement rapide, émouvante et fertile en péripéties.

ACTRICE. — Celle qui remplit un rôle, sur un théâtre, dans une action scénique. Aux premiers temps de l'art dramatique, en Grèce, il n'y avait point d'actrices, et les rôles de femmes étaient tenus par des hommes. A Rome, au contraire, les femmes étaient admises sur le théâtre, et l'art moderne ne saurait se priver du concours si précieux de l'élément féminin dans les représentations théâtrales.

ADAPTATION. — C'est ainsi que l'on qualifie généralement la traduction et la mise à la scène, sur un théâtre français, d'un opéra étranger. Lorsqu'il s'agit d'une œuvre de ce genre, une traduction, en effet, ne saurait être complètement exacte; outre que le rythme musical oblige souvent l'arrangeur à altérer plus ou moins le sens des vers pour se soumettre à sa précision, il arrive parfois que le fond même de l'action scénique subit des modifications plus ou moins importantes, en raison de la différence qui existe entre les coutumes, les exigences d'un public étranger, et celles du public français. Il y a donc, en réalité, adaptation bien plutôt que traduction littérale. Les opéras de Weber, de Rossini, ont été ainsi

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