페이지 이미지
PDF
[merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][merged small][merged small][merged small][ocr errors]
[merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][ocr errors][merged small][merged small]
[merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][merged small][merged small][merged small]
[merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][merged small][merged small][merged small]

202

COMÉDIE-ITALIENNE (la).

fois na111 roi et raisonnable. Amphitryon, de Molière, les Jféneehmes, de Regnard, peuvent passer pour des comédies d'intrigue. Le Barbier de SéviUe et le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, pourraient être proposés pour les types du genre. Dumaniant a écrit aussi plusieurs comédies d'intrigue, dont une entre autres, Guerre ouverte ou Ruse contre Ruse, obtint jadis un grand succès. Les anciens comiques espagnols étaient passés maîtres en ce genre, et une comédie de Calderon, la Maison à deux portes, est surtout célèbre sous ce rapport.

COMÉDIE-ITALIENNE (la). — Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de nous excuser sur les développements qu'il nous semble utile de donner au présent article. L'ancien théâtre de la Comédie-Italienne a tenu chez nous une place trop large et trop brillante, il est lié d'une façon trop étroite à l'histoire du théâtre en France, il a rendu trop de services à notre art (et notre cher Molière lui-même reconnaîtrait sans peine tout ce qu'il lui doit), enfin ses transformations successives sont trop intéressantes à étudier jusqu'au jour où, devenu l'Opéra-Comique, il a été l'asile et le refuge de la musique française, pour qu'on nous sache mauvais gré de rappeler ici son passé avec tous les détails qui nous semblent nécessaires. C'est tout un chapitre de notre histoire dramatique, et un chapitre assez peu connu, que la Comédie-Italienne nous donne l'occasion de retracer.

Dès 1570, sous le règne de Charles IX, on voit arriver à Paris une petite troupe de comédiens italiens dirigés par un nommé Ganassa, lesquels étaient attirés par leur royale compatriote, la sombre et farouche Catherine de Médicis, qui riait de leurs farces et de leurs lazzi tout en préparant le drame funèbre et sanglant de la Saint-Barthélémy. Ceci n'était que le prologue de la longue série d'incursions que les artistes italiens allaient faire en France pendant plus d'un siècle, jusqu'au jour où ils y seraient régulièrement fixés et définitivement établis. Après avoir donné ici quelques spectacles publics, les comédiens de Ganassa repassent les monts, et six années s'écoulent sans

qu'il en soit plus question. Mais en 1576 Henri III, ayant succédé à son frère et s'apprêtant à ouvrir à Blois les états généraux, eut la singulière pensée de faire venir d'Italie en cette ville une troupe célèbre au delà des Alpes, et surtout à Venise, sous le nom dV Gelosi (jaloux de plaire). Le moment pouvait sembler étrangement choisi :la France se trouvait en pleine guerre civile, le Midi était en feu, et les pauvres Gelosi, surpris aux environs de Lyon par un parti de huguenots, furent faits prisonniers par eux et si soigneusement gardés, que Henri III dut négocier et payer une rançon pour les faire mettre en liberté et leur permettre de l'aller rejoindre. Aussi les états généraux étaient-ils déjà réunis depuis plus de deux mois lorsque les Gelosi

[graphic]

Personnage- <le la Comédie-Italienne. Signera Launia. — l'upitan Ceremonia. — CnpiUn (.'ocodrillo.

arrivèrent à Blois et commencèrent leurs représentations, dans la salle même des Etats, en février 1577. Ceux-ci étaient sous la conduite d'un artiste fameux, Flaminio Scala, connu au théâtre sous le nom de Flavio, et le roi leur permit de prendre un demi-teston pour l'entrée à leur spectacle, ce qui équivalait à 75 centimes de notre monnaie actuelle.

Après la tenue des états, Henri III amena ses Gelosi à Paris, et les installa dans la salle du Petit-Bourbon, qui attenait au Louvre. « Le dimanche 19 mai, dit l'Estoile, les comédiens italiens commencèrent leurs comédies à l'Hostel de Bourbon. Ils prenoient quatre sols de salaire par teste de tous les François, et il y avoit tel concours que les quatre meilleure prédicateurs de Paris n'en avoient pas tous ensemble autant quand ils preschoient. » On juge que ces quatre prédicateurs gagés par la Ligue devaient se montrer peu satisfaits de la concurrence victo

« 이전계속 »