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adaptés naguère par Castil-Blaze, fort habile à ce métier difficile, et qui a fait représenter à l'Odéon, de 1825 à 1828, ses adaptations de Freischutz, Euryanihê, à'Otcllo, de la Gazza ladra, de la Donna del Lago, et aussi des Nozze di Figaro et du Don Giovanni de Mozart. (Voy. Pastiche.)

On appelle aussi adaptation, à l'étranger, la traduction presque littérale d'oeuvres dramatiques françaises, que les arrangeurs tronquent pourtant d'une certaine façon pour pouvoir impunément faire passer ces œuvres sous leur nom, et s'en approprier lo profit et la gloire en dépit des conventions internationales relatives à la propriété littéraire et artistique. En Angleterre surtout, ce genre de piraterie littéraire s'exerce avec une effronterie et une impudeur qui ont amené, de la part de quelques-uns de nos écrivains les plus fameux, des réclamations et des revendications aussi énergiques que justifiées.

ADMINISTRATEUR. — On donne, dans certains théâtres, le nom d'administrateur général à un employé supérieur, qui est parfois un associé de la direction, et à qui le directeur délègue une partie de ses pouvoirs en lui confiant la haute main sur tout ou partie des services de l'entreprise.

ADMINISTRATION. — On considère comme faisant partie de l'administration d'un théâtre non seulement les véritables employés supérieurs administratifs, tels que le directeur gérant, l'administrateur général, le caissier, le secrétaire de la direction, mais encore certains chefs de services artistiques, tels que les régisseurs et les chefs d'orchestre, auxquels incombe, en réalité, une certaine responsabilité administrative, par le fait du personnel important et nombreux qui est placé sous leurs ordres immédiats et dont ils doivent assurer le fonctionnement régulier.

ADMISSION. — Dans les théâtres importants de la province, c'est au scrutin, et à la majorité des voix, que se décide le sort des artistes qui viennent effectuer leurs débuts au commencement de chaque année théâtrale.

Ceux des spectateurs qui prennent part au scrutin votent Yadmission ou le rejet de l'artiste dont le talent est soumis à leur appréciation.

AERONAUTES. — Nous n'avons pas à parler ici des courageux hommes de science qui ont fait de l'aérostation une étude spéciale, qui ont cherché, sans avoir pu réussir encore à le trouver, le secret de la direction des ballons, et de ceux qui, trop souvent au péril de leur vie, comme Crocé-Spinelli, ont fait, dans le seul intérêt d'importantes recherches scientifiques, les ascensions les plus dangereuses. Nous n'avons à parler ni des frères Montgolfier, ni de Pilàtre des Roziers, ni de Garnerin, ni de tant d'autres. Nous voulons seulement rappeler que les ascensions aérostatfques ont été fréquemment l'un des éléments les plus attractifs des grandes fêtes populaires, et qu'elles ont toujours présenté, envisagées même à ce point de vue superficiel et un peu vulgaire de la curiosité pure, un spectacle curieux et plein d'intérêt. Il y a une soixantaine d'années, il n'y avait pas de fête complète au fameux jardin de Tivoli sans une ascension de ballon, de même qu'il y a vingt ans, pas une représentation de l'Hippodrome ne pouvait se terminer sans ce spectacle.

Je ne parlerai' pas de Blanchard, que sa traversée de la Manche de Douvres à Calais, à la fin du dernier siècle, fit surnommer irrespectueusement le «Don Quichotte de la Manche i», mais je rappellerai la mort dramatique de sa femme, en 1819. Déjà, à cette époque, une simple ascension devenait un régal trop maigre pour les vrais amateurs; il y fallait joindre certains jeux dangereux, et l'infortunée Mmc Blanchard fut la victime de ces exigences. Elle faisait des ascensions à Tivoli, et elle avait pris l'habitude de faire suspendre au-dessous de sa nacelle tout un jeu de pièces d'artifices, de fusées, de feux de bengale, auxquelles oii mettait le feu au moment de lâcher les cordes du ballon. Mms Blanchard s'enlève un jour dans ces conditions, mais, alors qu'elle était arrivée à une certaine hauteur, le feu prend à son ballon, et la malheureuse trouve la mort dans une chute terrible.

MM. Godard frères ont fait longtemps, on

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Vue perspective du Champ de Mars, le jour de la fête donnée, le 24 juin 1810, par la Garde impériale a Leurs Majestés, en l'honneur de la célébration de leur mariage. (Le sujet représente l'ascension du ballon dirigé par Madame Blanchard.)

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Affiche composée et litliograpliice par Celeatin Nautcuil (tirée de la collection A'AJJkKti illustrées do JI. Dessolliers).

gnol qui a de peu précédé Cervantes, et qui le premier l'aurait employée. Ce qui est certain, c'est qu'on s'en servait en France dès le seizième siècle. Mais on pense bien qu'elle n'était

pas alors ce que nous la voyons aujourd'hui, et qu'elle n'atteignait pas les proportions parfois ridiculement gigantesques qu'elle affecte en de certains cas. Tout d'abord, elle n'offrait au

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public ni les noms des comédiens, ni ceux des auteurs; on se contentait d'y inscrire le titre de l'œuvre représentée, en l'accompagnant de quelque phrase qui faisait l'éloge de cette œuvre. Ce n'est qu'à partir de 1617, et à l'occasion d'une tragédie de Théophile, Pyrame et Thisoè, représentée à l'Hôtel de Bourgogne avec un succès retentissant, que les auteurs consentirent à se laisser nommer par l'affiche: « Cette pièce, dit de Léris, avec la Silvie de Mairet, les Bergeries de Racan et l'Amarante de Gombauld, rendirent le théâtre plus célèbre, et les poètes ne firent plus de difficulté de lais

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L'fifficheur.

ser mettre leurs noms aux affiches des comédiens, ce qu'on n'avoit pas encore vu. »

Lorsque, à la fin du xvne siècle, trois grands théâtres eurent à Paris une existence permanente, ils jugèrent à propos de distinguer leurs affiches par une couleur à chacun d'eux particulière : t L'afficheur, dit Chappuzeau, doit estre ponctuel à afficher de bonne heure à tous les carrefours et lieux nécessaires qui luy sont marquez. Les affiches sont rouges pour l'Hostel de Bourgogne (la Comédie-Italienne), vertes pour l'Hostel de la rue Mazarine (la Comédie-Frauçaise), et jaunes pour l'Opéra. » Mais elles étaient toujours muettes en ce qui concerne les noms des acteurs, et cela

devait durer plus d'un siècle, les théâtres trouvant leur intérêt à agir ainsi. Effectivement, par le fait de ce mutisme, le public pouvait toujours espérer voir jouer les meilleurs comédiens, tandis que les jours où l'affiche aurait dû faire connaître les noms des doubles, la recette eût été moins bonne. Telle est la raison de cette discrétion de l'affiche, et l'on en trouve la preuve dans une délibération des comédiens, en date du 9 décembre 1789, par laquelle ils suppliaient le maire de Paris de ne pas les obliger à mettre les noms des acteurs sur l'affiche, ce qu'ils considéraient comme très nuisible à leurs intérêts.

Cependant, l'affiche cherchait à piquer la curiosité par d'autres détails ; c'est encore Chappuzeau qui nous l'apprend : « Elle entretient le lecteur de la nombreuse assemblée du iour précédent, du mérite de la pièce qui doit suivre, et de la nécessité de pourvoir aux loges de bonne heure, sur tout lors que la pièce est nouvelle et que le grand monde y court. » Parfois même, pour être plus piquante, l'affiche employait la langue des dieux; dans la Comédie de la comédie, prologue d'une pièce de Dorimond qui avait pour titre les Amours de Trapolin et qui fut représentée par la troupe de Mademoiselle en 1661, on voyait deux bourgeois lire au coin d'une rue cette affiche en vers:

AFFICHE.
LES COMÉDIENS DE MADEMOISELLE.

La pièce que nous vous donnons
Mérite vos attentions:
Ce sont les amours d'Ignorance,
Qu'on confond avec la Science,
Et de son brave Trapolin
Qui l'aime autant que le bon vin.
De cette pièce on fait estime,
Tant pour la force de la rime
Que pour la vigueur des bons mots
Qui ne sont pas faits pour les sots,
Mais pour la belle connaissance
Et les auditeurs d'importance.
Qu'ici les uns dressent leurs pas,
Que les autres n'y viennent pas.

Il arrivait parfois que l'affiche, non contente de taire les noms des comédiens, restait muette

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