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au suivant par un divertissement dansé, le rideau ne tombant pas une seule fois dans le cours de la soirée. On peut s'en assurer par ce passage d'un écrit du dix-huitième siècle:

Vous sçavez que la tragédie est coupée et divisée en cinq actes : vous sçavez aussi que chacun de ces actes est séparé de celui qui doit le suivre par un intervalle de six ou sept minutes, pendant lesquelles, pour que nous n'avions pas le teins de nous ennuyer, on nous joue des airs de violons. Or convenez que nous sommes hien plus raisonnables à l'Opéra. Ces vuides, ces intervalles, qui sont tout à fait contre la vraisemblance, n'y sont point connus. Au moyen des divertissemens qui finissent chacun des actes, l'opéra marche, et marche sans interruption, ce qui rend son action sensible, continue , beaucoup plus vraisemblable, et infiniment supérieure à celle de nos tragédies, qui à ne les regarder que de ce côté-là, sont beaucoup moins parfaites : ce qui me réjouit beaucoup, parce que j'aime le singulier; et en effet il est plaisant qu'on trouve dans un genre qu'on traite de monstrueux, une perfection qui manque aux deux de nos genres de poésies qui ont réellement le plus de régularité et le plus de vraisemblance (1).

Ce qu'il y a de plus singulier encore, et ce qu'on ne sait guère dans le public, c'est que cette coutume de l'Opéra, de ne jamais baisser le rideau pendant la durée d'un spectacle, s'est perpétuée pendant plus d'un siècle et demi, et presque jusqu'à nos jours. Ce n'est qu'en 1831 qu'elle a pris fin, le jour de la première représentation du Philtre, ainsi que nous l'apprend Castil-Blaze : — « A la fin du premier acte de l'opéra nouveau, le rideau s'abaisse et vient donner la faculté de changer les décors sans le secours des machines. Depuis le 19 mars 1671 jusqu'au 13 octobre 1831, depuis 160 ans, le rideau, levé sur les derniers accords de l'ouverture, ne s'était abaissé qu'après le dénouement de l'opéra, du ballet. La scène était à découvert pendant toute la durée d'une pièce qui, le plus souvent, composait le spectacle en entier, et tous les changements de décor se faisaient à la vue du public. Gluck avait imposé silence à l'orchestre pendant les entr'actes, la nouvelle direction imagina de cacher à nos yeux les illu

(1) Réflexions tur T Opéra, par Kémond de Saint-Mard. DICTIONNAIRE DU THÉÂTRE.

sions de la scène ; le repos devait être complet pendant ce temps d'arrêt de l'action dramatique... Des toiles particulières, nommées rideaux de service, abaissées à la fin de chacun des quatre premiers actes, étaient suivies par le grand rideau, qui, tombant sur le dernier accord de l'opéra, du ballet, annonçait la conclusion solennelle du drame représenté. »

On donne aussi ce nom d'entr'acte à la pièce musicale que l'orchestre exécute à la fin de l'entr'acte, pour amener le lever du rideau. Dans les ouvrages lyriques, les compositeurs attachent généralement assez peu d'importance à ce morceau. Quelques exceptions cependant viennent infirmer cette règle. Ainsi, dans l'Épreuve villageoise, Grétry a écrit un entr'acte qui est un véritable bijou, et la gavotte que M. Ambroise Thomas a placée comme entr'acte dans sa partition de Mit/non est absolument exquise.

ENTRAIN. — Qualité précieuse pour un comédien, surtout pour celui qui remplit un emploi comique. De la vivacité dans le débit, de l'agilité dans la démarche, de la mobilité dans la physionomie, de l'animation dans le jeu, tout cela constitue cette qualité complexe, rare, charmante, qu'on appelle l'entrain, et que ceux qui la possèdent savent communiquer à ceux qui les entourent en les obligeant à se mettre à leur diapason. Arnal, M"" Déjazet, étaient des comédiens pleins d'entrain, qui mettaient, peut-on dire, le feu aux planches, et qui entraînaient toute une salle à leur suite dans un élan de gaieté folle et désordonnée. Geoffroy est l'un des acteurs de ce temps qui ont eu le plus d'entrain ; M. Coquelin met le feu aux poudres.

ENTRECHAT. — Mouvement de danse léger et rapide dont Blasis donne ainsi la description:

L'entrechat est un pas léger brillant; pendant son exécution, les jambes du danseur se croisent rapidement, et retombent soit à la cinquième position, soit en attitude sur une jambe, comme dans l'entrechat à cinq, à neuf, la cabriole, les brisés et les ronds de jambes en l'air... Les entrechats commencent généralement par un assemblé, un coupé

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ou un jeté; le corps s'élançant alors en l'air, les jambes passent à la cinquième position pour se croiser et se couper. Dans les entrechats, vous pouvez couper quatre, six, huit, dix, et même douze fois, si vous avez assez de force pour battre ces entrechats. Quelques danseurs passent des entrechats à quatorze, mais il faut pour cela des efforts d'un effet désagréable, et qui ne produisent rien autre chose sur le spectateur que l'étonnement de la force extraordinaire des muscles d'un sauteur. Les entrechats les plus élégants sont à six, l'entrechat à six ouvert fait par une ouverture au troisième coupé, et l'entrechat à huit.

On dit battre, passer un entrechat. Celui qui frotte l'entrechat n'est qu'un danseur médiocre, qui ne sait ni le détailler ni lui donner le brillant et le fini nécessaires.

ENTRÉE. — Action d'un personnage qui entre en scène, pour prendre part à l'action dramatique. La façon d'amener les entrées et les sorties des personnages dans une oeuvre théâtrale, de les motiver, de les faire se produire sans confusion, sans froideur, sans maladresse, n'est pas une des moindres difficultés (jue rencontre l'écrivain qui se voue à la scène; parfois les entrées font essentiellement partie de la trame dramatique, forment coup de théâtre et amènent, par la surprise, des effets tout à fait saisissants. L'entrée du comte au premier acte du Mariage de Figaro, lorsque Chérubin vient de se cacher sur le fauteuil, jette le spectateur dans la perplexité et établit une situation dont celui-ci attend le dénouement avec une curiosité impatiente. Il y a nombre d'exemples de ce genre.

On donne aussi le nom Rentrée à la salve d'applaudissements qui accueille un artiste aimé du public lorsqu'il fait en scène sa première entrée de la soirée. C'était là autrefois un témoignage très flatteur de l'affection que le public portait à l'acteur, et du plaisir qu'il éprouvait à le voir; par malheur, l'indigne usage de la claque a gâté tout cela, et celle-ci seule aujourd'hui fait le» entrées, comme elle provoque les rappels, ce qui enlève aux unes comme aux autres à peu près toute leur valeur. Il est juste de dire, toutefois, que lorsqu'un comédien véritablement aimé du public se présente en scène pour la première fois dans une

soirée, celui-ci, sans vouloir mêler ses applaudissements aux bravos salariés de la claque, sait lui manifester son plaisir par un murmure et un susurrement général dont le caractère est particulièrement flatteur.

ENTRÉE (manquer Son). — Se dit du comédien distrait ou inattentif qui, n'ayant pas entendu sa réplique ou n'étant pas à son poste, n'entre pas au moment précis où il doit faire sur la scène son apparition. On comprend le mauvais effet produit par un oubli de ce genre, et l'embarras des acteurs qui sont en scène, attendant l'entrée de celui qui n'arrive pas. On a vu cependant des comédiens très adroits, très ingénieux, avoir assez de sang-froid pour occuper utilement la scène en attendant l'arrivée du retardataire, et de telle façon que le public ne s'apercevait pas d'un accident qui est toujours pour lui fort désagréable et excite volontiers sa mauvaise humeur.

ENTRÉE DES ARTISTES. — On comprend que le personnel scénique d'un théâtre ne puisse y pénétrer de la même façon que le public ; le service de la salle et celui de la scène étant naturellement, forcément et complètement séparés, les spectateurs se répandent dans la première par la grande entrée, tandis qu'une entrée particulière est réservée à tous ceux qui ont affaire au théâtre proprement dit ou dans ses dépendances. C'est cette dernière qui reçoit le nom Rentrée des artistes, expression impropre ou tout au moins incomplète, puisque cette entrée sert non seulement aux comédiens, aux artistes de la danse, de l'orchestre, des chœurs, mais aussi aux employés, aux machinistes, aux ouvriers, enfin à tout le personnel scénique. C'est donc entrée du personnel de la scène qu'il faudrait dire.

ENTRÉE DE BALLET. — [Expression dont l'usage est depuis longtemps perdu, et qu'on employait au dix-septième et au dix-huitième siècle. Compan la caractérise ainsi dans son Dictionnaire de danse (1787) :— « La division ordinaire de toutes sortes de ballets est en cinq actes. Chaque acte est composé de trois, six, neuf, et quelquefois de douze entrées. On appelle entrée une ou plusieurs quadrilles de

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Entrée solennelle de l'empereur Charles-Quint et du pape Clément VII à Boulogne, le 5 novembre 1529.

point de libres, doivent se contenter de se tenir debout dans un endroit quelconque de la salle où ils puissent le faire sans gêne pour le public. Les entrées ne sont pas toujours une faveur pour ceux qui en jouissent, et représentent même parfois pour eux une obligation. Les critiques et les courriéristes de théâtre, par exemple, les médecins de service, le capitaine de pompiers, sont dans ce cas. On ne saurait dire non plus que les auteurs qui ont leurs entrées profitent d'une faveur. Des entrées sont accordées aux actionnaires d'un théâtre, aux comédiens d'autres théâtres, à des fournisseurs, enfin à des amis particuliers du directeur, et à chaque changement de direction le registre des entrées est revisé.

Au dernier siècle, alors que les seuls théâtres existants dépendaient étroitement de la maison du roi, les entrées étaient sévèrement réglementées par l'autorité supérieure. On en aura la preuve par ce fragment du règlement de la Comédie-Française qui les concernait, règlement établi par les gentilshommes de la chambre:

Pour remédier aux abus qui se sont introduite au sujet des entrées gratuites, en conséquence dos ordres du Roi, nous avons arrêté l'état de celles qui doivent subsister. Défendons aux comédiens de laisser entrer à la comédie sans payer aucunes personnes, sous quelque prétexte que ce soit, excepté celles comprises audit état, joint au présent règlement.

L'auteur de deux pièces en cinq actes, celui de trois pièces en trois actes ou de quatre pièces en

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Marche de François lrr entrant solennellement à Paris par le faubourg Saint-Denis, d'après une ancienne gravure sur bois.

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