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Incendie de la salle de l'Opéra du Talais-Royal, en 1763, d'après une estampe contemporaine.

du cintre, au-dessus du parterre. Ces couplets étoient imprimés sur de petits carrés de papier séparés; ils faisoient allusion aux feux d'artifice en général, et avoient été composés par Messieurs Panard et Gallet, auxquels on eut l'obligation de cette idée ingénieuse, s L'un de ces couplets était ainsi conçu:

Le succès de l'artificier
L'engage à vous remercier;
Grâces à l'extrême indulgence
Dont vous honorez ses travaux,
Messieurs, nous n'avons point en France
Tiré notre poudre aux moineaux.

La vogue de ce divertissement à la ComédieItalienne se prolongea pendant une dizaine d'années. Les feux d'artifice qui furent ainsi livrés au public s'appelaient le Tableau, le Berceau, Atlas, le Temple d'Apollon, la Pyramide, la Guinguette, la Terrasse, le Parterre, le Bouquet, etc. Il en était d'eux comme des pièces nouvelles, et les exécutions s'en renouvelaient autant de fois que le public y trouvait de plaisir.

FEU (le) AU THÉÂTRE. — Des désastres effroyables, qui se renouvellent périodiquement et qui souvent coûtent la vie à des

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centaines d'individus, ramènent à chaque instant l'attention publique sur cette question si pleine de dangers et de périls : -— Le feu au théâtre ! — question qui se représente avec une fréquence si douloureuse et si fatale. Fatale en effet, les théâtres, par leur nature, semblant destinés dès leur naissance à périr par le feu. De fait, les sinistres de ce genre sont innombrables ; et s'ils n'ont pas tous, au point de vue de la vie humaine, des conséquences aussi épouvantables que ceux qui atteignirent, en 1881, le Théâtre-Italien de Xice et le Ring-theatcr de Vienne, ou peut dire qu'il n'y a pas d'années où l'on n'en ait plusieurs à enregistrer. Dans ces dernière vingt ans, on compte cinquante théâtres au moins dont la destruction, presque toujours totale, s'est opérée par le feu.

Qui ne se rappelle l'émotion dont Paris fut saisi, dans la nuit du 26 octobre 1873, à la nouvelle de l'incendie de l'Opéra. Mais c'est merveille, dans une ville semblable, qui compte quarante théâtres et un nombre illimité de spectacles et de cafés-concerts, que pareil fait y soit rare. La catastrophe de l'Opéra, qui n'a coûté la vie qu'à un -héroïque caporal de pompiers, n'a guère causé d'autres accidents de personnes. Il n'en est malheureusement pas toujours de même. En 1809, lors de l'incendie du théâtre de Cologne, que le feu avait détruit déjà dix ans auparavant, on compta neuf morts et un Lien plus grand nombre de blessés. En 187(5, lorsqu'un incendie se déclara à l'Opéra de Cincinnati, pendant une représentation donnée en faveur des élèves pauvres des écoles publiques, une panique épouvantable se produisit : les pauvres enfants qui assistaient en grand nombre au spectacle, n'ayant point la force de se défendre, furent foulés aux pieds par la foule affolée, et pour la plupart écrasés ou étouffés. Beaucoup y perdirent la vie, et bien plus encore furent gravement blessés.

Un désastre terrible encore dans ses conséquences fut l'incendie du théâtre des Arts, à Rouen, en 1876. Ce théâtre, qui venait d'atteindre sa cent-unième année, puisqu'il avait été inauguré en 1776, fut attaqué par le feu le soir, vers sept heures, peu d'instants avant que l'on dût commencer la représentation iïHamlet. Il faut avoir connu ce théâtre, ses couloirs

étroits, ses dégagements impossibles, son état de délabrement et de vétusté, pour se rendre compte de ce qui pouvait s'y produire en un pareil moment. Fort heureusement encore peu de personnes étaient entrées dans la salle, lorsqu'une frise, enflammée par un jet de gaz, communiqua le feu aux décors, aux portants, puis bientôt à la scène entière et à tout le bâtiment. Les musiciens étaient à l'orchestre, tout le personnel était sur pied, les machinistes en scène, les artistes dans leurs loges, ainsi que les figurants, parmi lesquels se trouvaient trente-cinq soldats de la garnison. On se fait une idée de l'émotion de tout ce monde, à qui le feu, se propageant avec une rapidité inouïe, coupait de tous côtés la retraite. Il y eut là des scènes déchirantes : des malheureux suffoqués et asphyxiés par la fumée ; d'autres qui tombèrent dans l'horrible fournaise : d'autres qui, se précipitant par les fenêtres du quatrième ou du cinquième étage, se blessèrent mortellement, eu dépit des matelas qu'on apportait de toutes parts et qu'on étendait sur le pavé; d'autres encore. — détail épouvantable ! — qui, essayant d'ouvrir des fenêtres, laissaient, sans y pouvoir réussir, des lambeaux de la chair de leurs jnains aux ferrures rougies par le feu, et furent brûlés sur place. Ce sinistre coûte la vie à plus de vingt personnes, et il y eut trois fois plus de blessés.

Parfois, grâce au ciel! on u'a déploré que des pertes matérielles énormes, comme dans l'incendie fameux du théâtre de la Reine, à Londres, en 1867. Là, comme presque toujours d'ailleurs, on ne put rien sauver. L'admirable bibliothèque musicale du théâtre, tous les instruments de l'orchestre, un grand orgue superbe, qui n'avait point coûté moins de 1,00<> livres sterling, une quantité de décore magnifiques, des milliers de costumes, tout fut la proie des flammes, sans compter la garde-robe particulière des artistes :M. Stanley, miss Clara Kellogg, M"1' Titjens, et jusqu'aux diamants de cette dernière, qui représentaient, dit-on, une valeur de 5f»,000 francs.

Si l'on veut une liste à peu près complète des théâtres que le feu a dévorés depuis une vingtaine d'années, la voici:

En 1861, le 20 février, le théâtre Xuovo, de

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Naples, est entièrement détruit. Au mois d'avril, c'est le tour des Nouveautés, de Bruxelles, où le feu prend après la représentation des Bibelots du Diable, et du Lycée de Barcelone, envahi par les flammes un quart d'heure avant le moment de commencer le spectacle, et d'où l'on voit les artistes se sauver à demi vêtus, quelques-uns en chemise. Au mois de juin, à Londres , c'est l'immense salle de concerts du Royal Surrey Garden, élevée en 1855 par les soins du fameux chef d'orchestre mulâtre Jullien, l'ancien rival de Musard, qui est dévorée par un incendie.

En 1802, le 1er octobre, le théâtre de Namur, alors eu reconstruction, est frappé par la foudre, de façon qu'il n'en reste que les murs. Celui-là jouait de malheur. Il avait été brûlé deux ans auparavant, en 1860, et il le fut de nouveau complètement en janvier 1807.

En 18<!f>, à Londres, le théâtre Surrey, érigé en 1782, incendié en 1805, reconstruit en 1806, brûle pour la seconde fois. Dans le cours de la même année, on signale la destruction du théâtre d'Angers, du Théâtre Royal d'Ediml)ourg, et du théâtre du Parc, à Stockholm.

Au mois de mars 186G, à la suite d'une ré. pétition du Bossu et du Postillon de Lonjumeau, qu'on devait jouer le soir, le théâtre de Brest devient la proie des flammes. Peu de jours après, une explosion de gaz qui se produit au théâtre d'opéra de Cincinnati, quelques instants après le spectacle, amène sa destruction et celle de plusieurs maisons avoisinantes; les pertes sont évaluées à deux millions de dollars. Le 22 mai, un des théâtres les plus vastes du monde, l'Académie de musique de New-York, qui pouvait contenir 5,000 spectateurs, disparaît à son tour. Bientôt c'est le théâtre de Bowery, de la même ville, qui est détruit par le feu ; puis celui de la Nouvelle-Orléans; puis enfin le Grand-Théâtre de Constantinople, qui n'avait pas coûté moins de six millions.

En 18(58, il faut mentionner les incendies de l'Oxford Music-Hall, de Londres, du ThéâtreSocial, de Trévise, et du théâtre Alberto Nota, de Turin.

181Î9 est presque aussi fécond en désastres que 1800. Après le théâtre de Cologne, dont il a été parlé plus haut, on déplore la perte du

DICTIONNAIRE DU THÉÂTRE.

théâtre royal de Dresde, qui avait coûté un million de thalers. Le feu prend pendant que le maître de ballets faisait faire une répétition à son personnel dans la salle de danse, située près des combles; les danseuses et leur chef ont toutes les peines du monde à s'enfuir, dans leurs costumes légers. Le 30 septembre, à onze heures du soir, notre Hippodrome, construit en 1855, est attaqué par le feu de façon qu'il n'en reste rien. En octobre et en novembre, il en est de même du théâtre Sainte-Isabelle, à Pernambuco, et de la salle Rochester, à NewYork.

En 1870, il faut enregistrer les sinistres qui détruisent le théâtre de Brunn (Moravie), le théâtre Alexandria, de Glascow, et celui de Luchon. Quant au superbe théâtre Naum, de Constantinople, il partage le sort de tout un quartier de Péra, qui est réduit en cendres. Il en est de même, en 1871, du théâtre de Darmstadt et du Wall's Opéra House, de Washington, et en 1872 du théâtre Niblo, à New-York; de celui du Prince-of-Wales, à Sydney, et de l'Ethiopian Opéra House, à Philadelphie.

Pour l'année 1873, dont la fertilité funèbre veut être particulièrement signalée, on ne compte pas moins de neuf sinistres de ce genre: le 15 janvier, c'est le théâtre d'Odessa; le 23, le Théâtre-National, de Washington ; avant la fin du même mois, le théâtre de la cinquième avenue, à New-York; le 25 mai, le théâtre royal de La Valette, à Malte, où le feu prend pendant la répétition d'un nouvel opéra, la Vergine del Castillo; le 25 juin, l'Alcazar de Marseille ; le 9 novembre, le théâtre de Holiday Street, à Baltimore, le second qui avait été construit en Amérique et dont l'inauguration s'était faite, en 1782, 6n présence de Washington et de La Fayette; le 12 septembre, le théâtre de Ford, compris dans l'incendie de tout un quartier de Baltimore ; le 20 octobre, l'Opéra de Paris; enfin le théâtre du Globe, à Boston, qui brûle, ainsi que les grandes fabriques de pianos des maisons Cluckering et Brockett, avec toute une portion de la ville.

En 1874, à Chicago, le théâtre Adelphi brûle dans les mêmes conditions; puis on signale la destruction du Grand-Théâtre de Kasan, et celle du théâtre d'opéra italien de Tiflis. En

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