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A Ttien-tsin, au Théâtre chinois, mai 1872, C00 victimes.

A Brooklin, au théâtre Conway, 5 décembre 1876, 380 victimes.

A San Sacramento, 10 décembre 1876, 110 victimes.

Inde anglaise, Ahmadnuggar, 11 mai 1878,40 victimes.

A Nice, au théâtre italien, 23 mars 1881, 80 victimes.

A Vienne, au théâtre du Ring, 8 décembre 1881, 1,100 victimes.

En ce qui concerne Paris, il serait difficile peut-être de faire une énumération exacte de tous les théâtres ou spectacles qui, depuis plus de deux siècles, ont été détruits par le feu. Voici ce que nous avons pu découvrir à ce sujet. Le premier, croyons-nous, qui ait été dévoré par les flammes, est le théâtre du Marais, situé rue Michel-le-Comte, auquel appartenait le célèbre Jodelet, et qui est détruit en 1634. Le 16 mars 1762, un incendie terrible réduit en cendres toute la Foire Saint-Germain, ainsi que tous les théâtres qui s'y trouvaient, à l'exception de l'Opéra-Comique; la « loge » de Nicolet fut la première atteinte. L'Opéra brûle trois fois : en 1763, en 1781 et en 1873, et en 1788, la salle des Menus-Plaisirs, qu'il avait occupée un instant, subit le même sort. En 1797, c'est le tour des deux petits théâtres en bois qui existaient sur la place Louis XV. En 1798, les Délassements-Comiques et le Cirque du Palais-Royal sont anéantis. L'année suivante, c'est l'Odéon, qui est encore détruit en 1818. En 1826, le Cirque-Olympique et l'Ambigu-Comique disparaissent l'un après l'autre dans les flammes. Puis, c'est le Gymnase-Enfantin (1827 ), la Gaîté ( 1835), l'OpéraItalien (salle Favart) et le Vaudeville de la rue de Chartres (1838); l'Hippodrome (1846); le Diorama et la salle du physicien Philippe, qui sont engloutis dans le désastre du Bazar BonneNouvelle (1849); le théâtre du Pré-Catelan (1859); les Nouveautés, faubourg Saint-Martin (1866); le théâtre de Belleville (1867); enfin, le second Hippodrome (1869).

Ce chapitre du feu au théâtre est douloureux, on le voit, et plus d'une fois l'Europe entière s'est émue à la nouvelle d'un de ces désastres

qui font des centaines de victimes, la sécurité de tous se sentant menacée par un tel danger. L'unique recours que l'on conçoive contre le retour de désastres si terribles est dans la substitution de l'éclairage par la lumière électrique à l'éclairage par le gaz. Bien des recherches sont faites pour amener ce résultat, bien des essais ont été tentés déjà, mais aucun jusqu'ici n'a donné de résultats pleinement satisfaisants. Tout fait espérer cependant que dans un avenir plus ou moins prochain ce but si désirable sera atteint. L'emploi de la lumière électrique écartera presque complètement les chances d'incendie, et le théâtre ne sera plus un plaisir souvent meurtrier. En attendant, il nous semble qu'on aurait bien pu,pour écarter quelquesunes de ces chances, mettre en usage l'un des divers procédés qui assurent, sinon l'incombustibilité, du moins l'ininflammabilité des décors et des costumes. II y a déjà longtemps que ces procédés sont connus, et l'on ne sait vraiment comment il se peut faire qu'aucun ne soit encore employé dans nos théâtres. (Voy. Ininflammabilitk Des Décohs.)

FEUILLETON DRAMATIQUE. — On

sait ce que c'est qu'un feuilleton :un article inséré au bas d'un journal, et séparé des autres matières de ce journal par un large filet. Il n'y a pas encore vingt ans, tous les journaux publiaient, le lundi de chaque semaine, un feuilleton théâtral qui rendait compte des premières représentations, des livres nouveaux relatifs au théâtre, enfin de tous les faits dramatiques qui s'étaient produits pendant les huit jours précédents. Plusieurs journaux donnaient aussi, le mardi, un feuilleton musical. Cette partie de nos journaux était confiée à des écrivains spéciaux, à des critiques exercés qui se sont acquis dans cette spécialité un renom mérité. Par malheur, cette excellente coutume a été peu à peu presque complètement abandonnée, et trois ou quatre journaux seulement à Paris ont conservé l'heureuse tradition du feuilleton. Les autres, avec la manie d'informations rapides qui s'est établie si complètement depuis quelques années, ont pris la déplorable habitude de publier leurs comptes rendus de théâtre le lendemain même des premières représentations.

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Or, ceci est la négation même et la mort de la critique proprement dite. Il est impossible en effet à un écrivain, quels que puissent être son talent et sa compétence, de donner une opinion raisonnée, au sortir du théâtre, sur une œuvre importante, alors qu'il n'a eu le temps ni de réfléchir, ni d'analyser ses impressions, ni de coordonner ses idées. D'ailleurs, la véritable critique ne peut procéder que par comparaison, par rapprochements entre une œuvre nouvelle et celles du même genre qui l'ont précédée; elle doit généraliser ses idées pour justifier les raisons qui la portent à approuver ou à blâmer certaines tendances, certains principes littéraires ou artistiques. Comment tout cela pourraitil se produire avec des comptes rendus faits à la hâte, improvisés au sortir d'une salle de spectacle, alors que l'écrivain, l'esprit encore obscurci par tout ce qu'il vient de voir et d'entendre , n'a pu dégager nettement ses impressions et se rendre à lui-même un compte exact de leur valeur. D'autre part, il arrive ceci, que le critique, autrefois maître de son feuilleton, pouvait se débarrasser, en quatre ou cinq lignes dédaigneuses, d'une production sans valeur et sans importance, et accorder toute son attention à une œuvre sérieuse, qui parfois soulève tout un monde d'idées et amène l'étude de questions littéraires, ou artistiques, ou sociales, du plus haut intérêt; tandis qu'aujourd'hui, obligé de consacrer un article spécial aussi bien à une pochade inepte ou sans conséquence qu'à une œuvre puissante et de haut vol, il donne en apparence autant d'importance à l'une qu'à l'autre, et éprouve le regret de trouver toujours trop long l'article qu'il consacre à la première, et toujours trop court celui qui concerne la seconde. De tout ceci il résulte, comme nous le disions, que la critique théâtrale se meurt, et que c'en sera fait bientôt d'elle, si l'on ne revient à des pratiques plus saines, plus rationnelles et plus intelligentes.

FEUILLETONISTE. — Écrivain chargé de faire chaque semaine, dans un journal, sous forme de feuilleton, l'analyse et la critique des œuvres théâtrales et musicales qui sont produites au public. Parmi les feuilletonistes qui, à des titres divers, se sont fait un renom dans

cette spécialité, il faut citer Geoffroy et Jules Janin au Journal des Débats, Théophile Gautier à la Presse, Paul de Saint-Victor au Moniteur universel, Hippolyte Rolle à l'ancien National, Fiorentino au Constitutionnel et à la France, Nestor Roqueplan au Constitutionnel; pour la partie purement musicale, on doit rappeler les noms de Castil-Blaze et d'Hector Berlioz aux Débats, d'Adolphe Adam à VAssemblée nationale et au Constitutionnel, de Léon Kreutzer à V Union, et»., etc.

L'ancêtre de nos feuilletonistes actuels est assurément le gazetier-rimailleur Loret, qui, dans sa Gazette en vers, rendait compte avectant de conscience, — et de naïveté, — des œuvres théâtrales qui de son temps se produisaient à la scène. On se fera une idée de sa « manière » par ce fragment de sa Gazette qu'il consacrait à la représentation de TÉcole des Femmes:

Pour divertir seigneurs et dames,

On joua lEcole des femmes,

Qui fit rire Leurs Majestés

Jusqu'à s'en tenir les côtés;

Pièce aucunement instructive

Et tout à fait récréative;

Pièce dont "Molière est auteur

Et même principal acteur;

Pièce qu'en plusieurs lieux on fronde,

Mais où pourtant va tint de monde

Que jamais sujet important,

Pour le voir, n'en attira tant.

Quant a moi, ce que j'en puis dire,

C'est que pour extrêmement rire

Faut voir avec attention

Cette représentation,

Qui peut, dans son genre comique,

Charmer le plus mélancolique,

Surtout par les simplicités

Ou plaisantes naïvetés

D'Agnès, d'Alain et do Georgette,

Maîtresse, valet et soubrette.

Voilà, dès le commencement,

Quel fut mon propre sentiment.

FIASCO. — Mot d'argot théâtral italien qui répond à notre mot four, et qui a passé quelque peu dans notre langue. Quand un ouvrage ha fatto fiasco, c'est qu'il est tombé à plat, qu'il a fait une chute complète, sans espoir de relèvement. Au sens propre, le mot fiasco signifie flacon, bouteille. Aussi Rossini,

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toujours gouailleur, même envers lui-même, écrivant un jour à sa mère pour lui annoncer le résultat, — qui avait été déplorable, — de la représentation d'un de ses opéras, ne trouva-t-il rien de mieux que de dessiner sur son papier un énorme fiasco. Ce langage hiéroglyphique ne pouvait ne pas être compris.

FICELLE. — Le comédien qui, faisant bon marché du naturel et de la vérité, a recours à un simple procédé scénique pour provoquer l'effet qu'il veut produire sur le spectateur, emploie ce qu'on appelle une ficelle. De même, l'auteur dramatique qui, pour se tirer d'une situation délicate, esquive la difficulté au lieu de la surmonter, et échappe à l'obstacle, au moment où il devrait faire preuve de vigueur et de sincérité, par le moyen d'un trompe-l'œil qu'il emploie avec assez d'habileté pour donner le change au public sur sa valeur, a recours aussi à la ficelle. Mais les ficelles, qui ne prouvent que la paresse ou l'insuffisance de ceux qui les emploient, ne trompent pas longtemps le spectateur et n'ont auprès de lui que peu de chances de succès.

FIGARO. — Un des types immortels de la scène française. Depuis qu'il a été évoqué par Beaumarchais dans son Barbier de Sèville d'abord, puis dans le Mariage de Figaro, puis dans la Mère coupable, Figaro appartient à l'histoire théâtrale au même titre que les Crispin, les Pasquin, les Sganarelle, les Mascarille, les Frontin et autres héros de notre comédie. Figaro est le prototype des valets rusés, fourbes, intrigants, à l'intelligence souple et avisée, plus riches d'expédients que de scrupules, et pour qui tous les moyens sont lions pour arriver à leurs fins et mettre la fortune de leur côté. Le personnage est trop connu pour qu'il soit nécessaire de nous étendre davantage à son sujet.

FIGURANT, FIGURANTE. — Voy. Comparse.

FIGURATION. — Dans les grands théâtres, la figuration comprend l'ensemble des figurants, comparses, marcheuses, qui prennent

une part muette à l'action scénique. Dans les autres théâtres, la figuration comprend aussi les choristes; souvent même elle ne se compose que de ceux-ci.

FIGURES DE CIRE. — Il y a plus d'un siècle que dure la vogue des musées de figures de cire, et le succès obtenu par le musée Grévin , ouvert à Paris depuis trois ans environ, montre qu'elle n'est pas près de s'éteindre. C'est à un Allemand nommé Curtius, établi en France, qu'on doit sinon l'invention, du moins la grande popularisation de ce spectacle. C'est aux environs de 1780 que Curtiusinstallaà Paris son Salon de figures (le cire, et voici ce qu'en disait un annaliste en 1791 : — « Le sieur Curtius, artiste allemand, naturalisé Français par son domicile en France depuis nombre d'années, et encore plus par le patriotisme dont il a fait preuve dans la Révolution, où il s'est signalé plus d'une fois et de plusieurs manières très honorables, tient depuis longtemps sur le boulevard du Temple et sous les galeries du Palais-Royal un cabinet de figures en cire, imitant parfaitement la nature. Tous les ans il renouvelle ses deux salions, et tous les mois il y change quelque chose. Outre les figures de fantaisie qu'on lui fait faire en ville, et dont il garde une copie quand les têtes ont du caractère et de la beauté, il a des héros, que l'on reconnaît sur-le-champ, et qui, de la tête aux pieds, sont costumés avec la plus grande vérité. Les figures qui ont eu le plus de vogue cette année au sallon de Curtius sont celles du roi, de MM. Bailly, la Fayette et de plusieurs illustres députés de l'Assemblée nationale, celles du fameux sieur Hulin, du sieur Elie et des autres principaux vainqueurs de la Bastille... »

Mais il n'était guère question jusque-là que de figures isolées, ce qui était encore l'enfance de l'art. Le fameux musée de Madame Tussaud, à Londres, si célèbre aujourd'hui depuis près d'un demi-siècle, prit une route nouvelle, dans laquelle il est maintenant suivi par le musée Grévin. Non seulement, dans ces établissements, on exhibe tour à tour les figures de tous les personnages célèbres :souverains, prétendants, hommes politiques, artistes, écri

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vains, criminels, mais on reproduit, d'une façon véritablement saisissante, des groupes spéciaux et des scènes entières représentant des événements contemporains, et cela de façon à produire une illusion complète et à tromper l'oeil le plus exercé. Un fait divers émouvant, un acte criminel, la confrontation d'un assassin avec sa victime, la mort d'un grand personnage, tout cela est présenté au public avec tous les accessoires nécessaires, avec un sentiment de la réalité qui fait naître dans l'esprit du spectateur l'impression véritable du fait mis sous ses yeux.

FIL. — En langage de machinerie théâtrale, on donne le nom de fil à tout cordage qui sert, à faire descendre du cintre ou à y faire remonter les différentes pièces de la décoration. Quelquefois, la réunion de plusieurs fils est nécessaire entre les mains du machiniste pour lui permettre de faire manœuvrer d'un seul coup les diverses parties d'un fragment de décor ; la réunion de ces fils prend le nom de pou/née. — Les machinistes, qui sont gens de ressource, ne manquent jamais certaine plaisanterie dont l'usage est passé en tradition :c'est une amende qu'ils infligent de leur propre autorité à toute personne du théâtre qui, par inadvertance ou par inexpérience, prononce le mot de corde ou de cordage en parlant d'un./?/. Si la victime est un petit employé, ou un choriste, ou un simple comparse, elle en est quitte pour une ou deux bouteilles qui seront proprement vidées à ses frais chez le marchand de vin attenant au théâtre; mais s'il agit d'un artiste important, d'un régisseur, d'un employé supérieur, la chose lui coûte plus cher et se fait avec plus de cérémonie : dès le lendemain matin, une députation des machinistes se rend chez le délinquant, avec un gros morceau de/il dont on a déroulé et écarté les filaments dans sa partie supérieure pour lui donner l'apparence d'un énorme bouquet, dont le bout du fil forme la queue. Les députés offrent solennellement ce bouquet à leur victime en lui expliquant la faute dont elle s'est rendue coupable, et celle-ci n'en est pas quitte alors à moins d'un ou deux louis, avec lesquels ou va faire bombance en son honneur.

FILER UNE SCENE. — Dans une œuvre dramatique, on dit d'une scène qu'elle est « bien filée » lorsque, cette scène étant importante par la situation qu'elle présente et qu'elle développe, l'auteur a su la conduire d'un bout à l'autre avec talent, avec adresse, avec habileté, de façon à exciter l'attention du public, à le charmer, à l'émouvoir, et à faire produire à la situation ainsi traitée tout l'effet qu'elle comporte.

FINALE. — Le finale est un morceau de musique très développé, à plusieurs voix, avec chœurs, qui marque le point culminant de l'action dramatique, qui embrasse parfois plusieurs scènes, et qui termine certains actes d'opéra. Le finale du premier acte de la Somnambule, celui du second acte du Barbier de Séville, celui du second acte de Lucie de Lamermoor, celui du troisième acte de F Africaine, celui du second acte de la Dame blanche, sont des modèles chacun en leur genre.

FINANCIERS. — Emploi de comédie, qui dans l'origine tira son nom de la qualité du personnage représenté, et qui comprend une certaine classe de rôles mnrqués, tenant le milieu entre les pères nobles et les grimes. Les financiers ne sont pas tenus à la dignité des premiers, et ils ne tombent jamais comme les seconds dans le bas comique et la caricature. Dans le grand répertoire, on comprenait jadis dans l'emploi des financière un certain nombre de rôles à manteau (Voy. ce mot) ; d'autres prenaient la qualification assez originale de ventres dorés, parce que, presque toujours, le fond de la veste brodée de leur riche costume était de drap d'or : parmi ceux-ci, on classait en première ligne Lysimon du Glorieux (Destouches), et Turcaret de Turcaret (Le Sage). Les rôles suivants appartiennent aussi à l'emploi des financiers : M. de Sottenville dans George Dandin, Géronte dans le Médecin malgré lui, M. Guillaume dans l'Avocat Patelin, Orgon dans les Jeux de Vamour et du hasard (Marivaux), M. Mathieu dans VÉcole des Bourgeois (d'Allainval), Démophon dans les Mènechmcs (Regnard), Lysimon dans la Feinte par amour, Argan dans le Préjugé à la mode

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LOUIS XIV EN 170 6

FIGURE EN CIRE EXECUTEE D APRES 'NATuRE PAR ANT B E N 0 I S T

PALAIS DE VERSAILLES.

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