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PAGES. — C'est une catégorie de rôles travestis, spéciaux à notre grand opéra, et qu'on pourrait presque appeler les dugazons d'opéra. Rentrent dans cette catégorie les rôles du page Urbain dans les Huguenots, de Siebel dans Faust, de Gernmy dans Guillaume Tell, etc., etc.

PAILLASSE. — Le Paillasse est le pitre des parades de saltimbanques, le benêt ridicule et grotesque dont la maladresse excessive excite toujours les rires de l'auditoire, et qui reçoit sans cesse de ses compères force horions et coups de pied indiscrets. Son nom lui vient sans doute de la toile dont est fait son costume, cette toile à carreaux gris et blancs qui depuis un temps immémorial sert à couvrir les paillasses et les matelas, comme elle couvre son maigre corps et ses pauvres épaules. Georges Kastner n'a que des paroles de sympathie et de commisération pour le pauvre Paillasse, qu'il plaint de tout son cœur, en le voyant si humble au milieu de ses camarades triomphants. « C'est à la maigre personne du pauvre Paillasse, dit-il, que tout le monde en veut. On l'accable de coups et de sarcasmes. Et notez que son rôle est bien souvent pour lui une triste réalité; que les mauvais traitements qu'il est forcé de sabir sont d'ordinaire sous les yeux du public le complément de ceux auxquels il est journellement en butte de la part de ses compagnons. Aussi, quelque fatigue qu'il éprouve devant ces exercices bateleresques, quelque humiliation qu'il ressente en se voyant ainsi honni et bafoué comme homme et comme comédien, il ne saurait interrompre une minute sa burlesque pantomime, ses contorsions et ses grimaces, ses rires forcés et ses gémissements qui font rire! N'est-ce pas à lui qu'est dévolu le soin de chauffer la parade et d'attirer nombreuse af

DICTIONNAIRB DU THÉÂTRE.

fluence? Qu'il fasse donc son métier, le pauvre pitre; car si la pensée de sa misère et de son abjection, venant tout à coup s'offrir à lui, paralysait pour un moment ses élans de gaieté factice et le rendait immobile, distrait et songeur, un avertissement de son maître, un grand coup de pied allongé traîtreusement par derrière, le rappellerait aussitôt à l'ordre, pendant qu'une voix rude ferait retentir à son oreille ces mots plus terribles que l'inexorable Marche! marche! du Juif errant : A ton tour, Paillasse! Allons, saute, Paillasse! »

PALESTRE. — Chez les Grecs, la palestre était la partie du gymnase où les athlètes s'exerçaient à la lutte, sous la conduite et la surveillance du gymnasiarque chargé de leur éducation.

PANNE. — Expression de la langue théâtrale, par laquelle les comédiens caractérisent un rôle exécrable, d'une importance infime, et dont il n'y a rien à tirer au point de vue de l'effet à produire, de l'action à exercer sur le public.

PANORAMA. — On donne le nom de panorama à un grand tableau circulaire, horizontal et continu, qui représente en perspective la vue d'une ville ou d'un paysage. Ce spectacle a été imaginé au dix-huitième siècle par un Allemand, le professeur Breysig, de Dantzig; en 1703, Robert Barker le fit connaître à Edimbourg, et c'est le célèbre Américain Robert Fuiton qui l'importa en France en 1804. On a dit avec raison que le panorama est le triomphe de la perspective. Pour faire un ouvrage de ce genre, l'artiste, placé sur un endroit très élevé, tel que le sommet d'une montagne, peint le paysage qui l'entoure, et ne s'arrête que là

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où l'horizon borne sa vue et oppose à celle-ci une barrière infranchissable. Quant au spectateur, placé au centre de la construction qui abrite le panorama, il se trouve précisément dans la situation du peintre lorsqu'il exécutait son œuvre, et. grâce à cet artifice, il lui semble être réellement transporté sur les lieux dont on lui offre la représentation.

Le premier panorama fut installé à Paris, au boulevard des Capucines, par un nommé Provost ; on y voyait une vue d'Athènes, qui obtint le plus grand succès. En 1X2;!, il fut transféré au boulevard Montmartre, dans une grande rotonde située à peu près à l'endroit où débouche aujourd'hui la rue Vivienne, et l'on y entrait par le passage qui, de ce voisinage, a conservé jusqu'à ce jour le nom de passage des Panoramas. Il disparut peu après 1 83» i, après qu'on y eut admiré de superbes vues de Rome, de Naples et d'Amsterdam. Deux ou trois ans plus tard, le colonel Langlois ouvrit, rue des Marais, un panorama où il exposait une vue d'Alger ; il transporta ensuite son établissement aux Champs-Elysées, où il obtint beaucoup de succès avec une vue de la bataille d'Eylau, puis avec un. tableau de la prise de Msilakoff. Depuis longtemps déjà le panorama du colonel Langlois a disparu, mais dans ces dernières années plusieurs établissements de ce genre ont été ouverts au public.

PANTALON. — L'un des personnages les plus importants de l'ancienne comédie italienne. Il est ainsi caractérisé par l'abbé de Laporte, dans ses Anecdotes dramatiques:

Le Pantalon moderne diffère de l'ancien seulement par le vêtement, qui en a conservé le nom, c'est-à-dire par le caleçon, qui tenoit autrefois avec les bas :le reste de l'habillement est celui que l'on portoit jadis à Venise. La première robe est appelée zimara (simarre), et est à peu près celle que les marchands «voient dans leurs boutiques. L'habit de dessous est le même que l'on portoit par la ville, et qui étoit commun à toutes sortes de personnes ; il étoit rouge alors, et ce ne fut qu'après que la république de Venise eut perdu le royaume de Négrepont que l'on changea, en signe de deuil, cet habit rouge en noir; et depuis, on l'a toujours porté de cette couleur. Pantalon a le masque d'un vieillard ; son état est ordinairement celui

d'un bourgeois et d'un homme simple et de bonne foi, mais toujours amoureux, et dupe soit d'un rival, soit d'un tils, soit d'un valet, d'une servante ou de quelque autre intrigant. Depuis le dernier siècle , on en a fait tantôt un bon père de famille, un homme plein d'honneur, tantôt un avare ou un père capricieux. Son langage doit toujours être vénitien, ainsi que non habit.

Les comédiens italiens qui ont joué en France le rôle de Pantalon sont Pietro Paghetti, Pietro Alborghetti, Fabio, Carlo-Antonio Veronese et Colalto. On assure qu'un des meilleurs acteurs de la Comédie - Française. Armand, imitant un jour, dans une petite pièce intitulée la Française italienne, le Pantalon de la Comédie-Italienne, qui était alors Alborghetti, celui-ci, qui assistait à la représentation, trouva l'imitation si parfaite qu'il s'écria : ic Si je ne me sentais au parterre, je me croirais sur le théâtre. »

PANTALONNADES. — Avec ses allures 1 wnasses, le Pantalon de la comédie italienne n'en était pas moins un farceur, un plaisant comme tous ses compagnons : Arlequin, Scaramouche, Trivelin, et il leur rendait parfois la monnaie de leur pièce en leur jouant des tours burlesques, en joignant ses excentricités aux leurs, afin de ne pas être en retour avec eux. C'est à ses farces personnelles, à ses lazzis, à ses lxmffonneries, à ses grimaces, qu'on a donné le nom de pantalonnades, et c'est elles qu'un écrivain a caractérisées ainsi :— « Pantalonnade : action ridicule et burlesque, volte-face plaisante ; fausse démonstration de joie, de douleur, de bienveillance, de bravoure, d'amitié; entrée ou sortie brusque d'un étourdi; enfin, par extension et familièrement, subterfuge ridicule, simagrées, grimaces, pour se tirer d'embarras. » — D'un comédien qui se fait surtout remarquer par ses singeries, ses trivialités, ses plaisanteries grossières, on dit volontiers qu'il n'est bon qu'à faire des pantalonnades.

PANTOMIME. — Les Romains donnaient ce nom tout à la fois aux danseurs qui représentaient une action scénique à l'aide du geste seul et sans le secours de la parole, et aux pièces même qu'ils représentaient ainsi. « Le mot

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ses gestes et l'expression de sa figure, sans nels de l'acteur et la beauté de ses formes.

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Debureau père et Charles Debureau fils, les deux derniers Pierrots du théâtre des Funambules.

Pour atteindre à ce but, ce costume devenait quelquefois d'une légèreté, d'une simplicité qui choquerait fort uos idées modernes sur la décence; on comprendra facilement qu'il en fût ainsi en songeant que la plupart des rôles que jouaient les pantomimes étaient tirés d'histoires d'amour, des fables de la mythologie et de la légende de Bacchus. Aussi, tel était le scandale de la corruption des mœurs causée par

les pantomimes à Rome, que plusieurs empereurs, à différentes époques, se virent forcés de les bannir d'Italie. »

Aujourd'hui, nous ne donnons plus que rarement le nom de pantomime (au masculin) aux acteurs de ce genre, que nous qualifions généralement de mime; et nous réservons ce nom de pantomime (au féminin) aux pièces qu'ils sont chargés d'interpréter. Ces pièces curent un im

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mense succès à Rome, qui se passionna pour elles, grâce à deux acteurs fameux, Batylle et Pylade. <c Batylle, affranchi de Mécène, était Égyptien, dit Arnault dans un travail intéressant sur ce sujet. C'est lui qui conçut l'idée d'étendre et de perfectionner les scènes que les danseurs toscans exécutaient entre les actes des pièces régulières, auxquelles le peuple ne prenait qu'un médiocre intérêt. Aidé dans l'exécution de ce projet par un maître avide de toutes les jouissances, il s'associa Pylade, acteur habile, qu'il avait rencontre en Cilicie, et ils élevèrent à frais communs un théâtre uniquement consacré à la pantomime. Formant de toutes les danses réunies la danse appelée italique, et soutenus par la symphonie, ils représentèrent des tragédies, des comédies, et aussi des satires, pièces licencieusement épigrammatiques, et ainsi nommées parce que les demidieux, ou les demi-bêtes, dont la mythologie peuple les bois, y figuraient au moins dans le chœur. » Mais il arriva que les deux associés devinrent promptement rivaux, puis ennemis acharnés. Batylle se distinguait surtout dans la pantomime tragique, Pylade dans la pantomime comique; chacun eut bientôt ses partisans exclusifs, dont les uns prirent le nom de batylliens, les autres celui de pi/ladiens, et il en résulta entre les deux acteurs une jalousie et une haine d'autant plus féroces que les Romains se divisaient en deux camps à leur égard, et que la querelle dont ils furent l'objet prit toutes les proportions d'un grave événement public. Ce fut au point que Batylle et Pylade se séparèrent, que chacun d'eux ouvrit un théâtre particulier, et que Mécène fit exiler Pylade et fermer son théâtre.

La suite de cette histoire me mènerait trop loin. Pour terminer cet article, je dois faire remarquer que les modernes ont fait revivre la pantomime, avec presque autant de succès que les Romains. On trouvera, au mot ballet, tous les détails relatifs à ce sujet, et l'on y verra avec quel bonheur certains de nos thàltres, entre autres l'Opéra et la Porte-Saint-Martin, ont cultivé ce genre de spectacle. D'autres, moins importants, y ont trouvé aussi une source de fortune, particulièrement le tout petit théâtre des Funambules, situé naguère sur le

boulevard du Temple, disparu aujourd'hui, et qui, grâce à un acteur d'un talent exceptionnel, Debureau, attira la foule pendant plus de vingt ans. Aujourd'hui, la pantomime populaire n'a plus de refuge à Paris, et le balletpantomime n'est plus en honneur qu'à l'Opéra, où malheureusement, s'il esc dansé brillamment, il est joué maintenant d'une façon bien médiocre.

Il est bon de faire observer que le motpantomime exprime encore chez nous le jeu de l'acteur qui joue la pantomime ou qui se fait remarquer par l'expression de ses gestes dans une scène muette. Sous ce rapport, pantomime et mimique sont devenus synonymes, et l'on dira indifféremment d'un comédien que sa pantomime ou sa mimique est pleine d'éloquence et d'expression.

PARADE. — La parade est une scène burlesque, bouffonne, souvent grossière, que les baladins et les saltimbanques de nos foires exécutent gratis, au dehors de leur baraque, pour attirer l'attention du public, lui donner un avant-goût du spectacle qui lui est promis et l'engager à entrer en payant sa place. La parade est ancienne en France, où elle est née des moralités, des mystères, des soties que jouaient, aux premiers temps de notre théâtre et alors qu'il cherchait à se constituer, les élèves de la basoche, les Confrères de la Passion et la troupe du Prince des Sots. Lorsque les règles de la comédie furent fixées, la parade dut à son caractère populaire de ne point disparaître, mais elle devint l'apanage des bateleurs et des acrobates , qui s'en servirent comme d'amorce pour allécher les spectateurs peu difficiles. En réalité, elle est une sorte de farce rudimentaire, sans règle ni frein, composée de lazzis, de coq-àl'àne, de calembours, de jeux de scène grossiers, et uniquement destinée à faire rire; elle tient de loin à l'ancienne commedia delVarte, en ce sens que ceux qui s'y livrent se laissent volontiers aller à leur improvisation et brodent à leur manière le canevas qui leur sert de thème primitif. Au dix-huitième siècle pourtant, où les parades des bateleurs des foires SaintLaurent et Saint-Germain avaient toujours pour personnages le vieux Cassandre, la gentille

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