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les pièces de ce genre qui prirent le nom à'ArUquinades. Aujourd'hui, on ne désigne ainsi que les petites pantomimes dans lesquelles seules reparaissent ces anciens personnages aimés de nos pères : Arlequin, Pierrot, Cassandre, Léandre, et Colombine.

ARRANGEUR. — C'est le nom qu'on donne à l'écrivaiti dramatique qui consent à se charger des corrections et modifications à apporter à l'œuvre d'un jeune auteur, pour la mettre en état d'être produite à la scène. L'expérience pratique du théâtre est chose difficile à acquérir, et il arrive qu'un auteur novice, tout en faisant preuve de qualités réelles, ne se rend pas compte de certains défauts, de certaines impossibilités même qui sauteront aux yeux d'un homme du métier. C'est pour cela qu'un directeur ne reçoit quelquefois sa pièce qu'à la condition qu'elle sera remaniée, souvent même refaite par un écrivain qu'il lui adjoint comme collaborateur. Scribe, pour ne citer que lui, Scribe, dont la pratique théâtrale était sans pareille et qui possédait un sens inné des nécessités de la scène, a fait pendant trente ans ce métier d'arrangeur, sans négliger ses propres œuvres, et il a ouvert ainsi la voie à un grand nombre d'auteurs qui, sans lui, n'auraient peut-être pu parvenir à percer.

ARRONDISSEMENT THÉÂTRAL. — Depuis 1864, la liberté de l'industrie théâtrale est redevenue complète, par l'effet d'un décret impérial, comme elle l'était à l'époque de la Révolution. Auparavant, cette industrie était réglementée de toutes façons, les plus grandes villes ne pouvaient avoir plus de deux théâtres, les autres n'en pouvaient posséder qu'un seul, et, à part les grandes villes dont nous parlons et qui avaient des troupes dramatiques sédentaires, c'est-à-dire consacrées à elles seules et ne se déplaçant pas, le territoire de la France était divisé sous ce rapport en vingt-cinq circonscriptions formant chacune un « arrondissement théâtral, » et qui étaient exploitées simultanément par une, deux ou trois troupes de comédiens. On se rendra compte de ce mécanisme un peu compliqué par cet extrait exact d'une instruction ministérielle, en date du mois

de mai 1815, et qui réglait l'organisation des théâtres dans les départements:

1. — La France est divisée en vingt-cinq arrondissements de théâtres.

2. — Chaque arrondissement comprend un ou plusieurs départements, selon que ceux-ci ont plus ou moins de villes susceptibles d'avoir des spectacles.

3. — Les arrondissements peuvent avoir deux espèces de directeurs: des directeurs de troupes stationnaires pour les villes qui ont des spectacles permanents; des directeurs de troupes ambulantes pour desservir les communes qui ne peuvent avoir un spectacle à l'année.

4. — Les directeurs des troupes stationnaires sont désignés par les préfets, et nommés par le ministre de l'intérieur.

5. — Les directeurs des troupes ambulantes sont choisis par le ministre, d'après les notes qui lui sont directement parvenues ou qui lui ont été remises par les préfets.

6. — Les seuls directeurs nommés suivant ces formalités peuvent entretenir des troupes de comédiens.

7. — Tout particulier qui se présente pour obtenir une direction doit faire preuve de ses moyens pour soutenir une entreprise théâtrale. Les directeurs peuvent être astreints à fournir un cautionnement en immeubles.

8. — Les directions des théâtres permanents sont accordées pour une, deux, trois, ou même un plus grand nombre d'années, selon que le proposent les préfets, et que le ministre le jugera convenable.

9. — Les directions des troupes ambulantes ne peuvent être accordées que pour trois ans au plus.

10. — Dès qu'un directeur de théâtre a reçu son brevet du ministre de l'intérieur, il doit, avant d'entrer en exercice, aller prendre les ordres du ministre de la police générale, à qui il est fait part de sa nomination.

11. — Tout directeur, dans le mois de sa nomination , et chaque année dans le mois qui précède l'ouverture de la campagne, doit envoyer au ministre de l'intérieur le tableau de ses acteurs et actrices. — Il peut avoir une troupe composée de comédie et d'opéra, ou deux troupes, l'une de comédie et l'autre d'opéra. — 11 ne doit engager ou faire engager aucun acteur que sur le vu d'un congé délivré par le directeur dont cet artiste quitte la troupe, et avoir soin, lui ou son agent, de garder ce congé par-devers soi.

12. — Il doit soumettre tous les ans son répertoire général au ministre de l'intérieur. — Aucune pièce ne doit, au surplus, être portée par un direc

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teur sur son répertoire, qu'avec l'autorisation du ministre de la police.

13. — Le ministre de l'intérieur assigne à chaque théâtre le genre dans lequel il doit se renfermer. — Dans les villes où il n'y a qu'un seul théâtre permanent, et dans les communes desservies par une troupe ambulante, les directeurs peuvent faire jouer les pièces des grands théâtres de Paris et celles des théâtres secondaires.

14. — Dans les villes où il y a deux théâtres (et il ne peut y en avoir davantage, excepté à Paris), le principal théâtre jouit du droit de représenter les pièces comprises dans le répertoire des grands théâtres de Paris. — Le second théâtre jouit du droit de représenter celles des théâtres secondaires. — Les préfets peuvent, au reste, et lorsqu'ils le jugent à propos, autoriser les directeurs des principaux théâtres à donner des pièces du répertoire des théâtres secondaires, et également, en de certains cas, permettre aux seconds théâtres de représenter des ouvrages du répertoire des grands théâtres.

15. — Les directeurs des troupes ambulantes soumettent leur itinéraire au ministre, qui l'arrête, après l'avoir modifié, s'il y a lieu, et l'envoie aux préfets pour que l'ordre une fois établi soit maintenu pour le temps et la durée du brevet.

16. — Les directeurs ne peuvent, en aucune manière, avoir de sous-traitants; ils sont tenus d'être eux-mêmes à la tête de la troupe qui dessert l'arrondissement. Quand ils ont deux troupes, ils conduisent la principale d'entre elles, et choisissent pour la seconde un régisseur dont ils font connaître le nom au ministre, et dont ils répondent.

17. — Les préfets des départements dans lesquels il y a des théâtres permanents, rendent compte tous les trois mois de la conduite des directeurs. — Ils rendent compte de la conduite des directeurs des troupes ambulantes à chaque séjour que celles-ci ont fait dans leurs départements.

18. — Aux mêmes époques, les préfets exigent des directeurs, et font passer au ministre de l'intérieur l'état des recettes et dépenses des troupes permanentes et ambulantes.

19. — Les directeurs sur lesquels viennent des notes favorables, ceux qui ont fait un meilleur choix de pièces, qui ont le plus soigné les représentations, qui ont enfin exactement rempli tous leurs engagements, sont dans le cas d'obtenir des récompenses et des encouragements. — Les acteurs qui se conduisent bien, et qui font preuve de talents distingués, sont pareillement susceptibles d'obtenir des marques de satisfaction de la part du ministre.

20. — L'inexécution des conditions faites aux directeurs entraînerait la révocation de leur brevet.

21. — Les directeurs des troupes stationnaires, dans les lieux où ils sont établis, et les directeurs des troupes ambulantes, dans les lieux où ils se trouvent exercer, eux ou leurs régisseurs régulièrement reconnus, ont le droit de percevoir un cinquième sur la recette brute des spectacles de curiosité, de quelque genre et sous quelque dénomination qu'ils soient, défalcation faite toutefois du droit des pauvres. Au temps du carnaval, les directeurs jouissent, aux lieux indiqués ci-dessus, du droit de donner seuls des bals masqués.

22. — Les salles de spectacle appartenant aux communes, peuvent, sur la proposition des maires et des préfets, être abandonnées gratuitement aux directeurs.

23. — Quant aux salles appartenant à des particuliers , le loyer en peut être payé par les communes à la décharge du directeur. Les conseils municipaux prennent à ce sujet des délibérations que les préfets transmettent au ministre de l'intérieur, avec leur avis, pour le rapport en être fait, s'il y a lieu, et les sommes nécessaires portées au budget.

24. — En général, il doit être pris, autant que possible, des mesures pour que toutes les communes deviennent propriétaires de salles de spectacle.

25. — Dans les villes susceptibles d'avoir un théâtre, et qui n'ont pas encore de salle communale ou particulière, il doit être avisé aux moyens d'en faire construire une.

26. — Les spectacles n'étant pas au nombre des jeux publics, auxquels les fonctionnaires assistent en leur qualité, il ne doit point y avoir pour eux de places, encore moins do loges gratuites réservées aux théâtres.

27. — Les autorités ne peuvent exiger d'entrées gratuites des entrepreneurs que pour le nombre d'individus jugé indispensable au maintien de l'ordre et de la sûreté publique.

28. — Il est fait défense aux directeurs d'engager, soit pour leurs spectacles, soit pour les concerts qu'ils sont dans le cas de donner, aucun élève des écoles de chant et de déclamation du Conservatoire, sans l'autorisation du ministre de l'intérieur.

29. — Les préfets, les sous-préfets et les maires sont tenus de ne souffrir, sous aucun prétexte, que les acteurs des théâtres de Paris ou des théâtres de toute autre ville, qui ont obtenu un congé de leur société ou de leurs directeurs pour voyager dans les départements, y prolongent leur séjour au delà du temps fixé par le congé. En cas de contravention,

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les directeurs de spectacles peuvent être condamnés à verser à la caisse des pauvres le montant de la recette des représentations qui ont eu lieu après l'expiration du congé.

30. — Les préfets et les maires doivent veiller à la stricte exécution des lois, décrets et instructions relatifs aux droits des auteurs dramatiques.

31. — L'autorité chargée de la police des spectacles prononce provisoirement sur toutes les contestations , soit entre les directeurs et les acteurs, soit entre les directeurs et-les auteurs ou leurs agents qui tendraient à interrompre le cours ordinaire des représentations, et la décision provisoire peut être exécutée nonobstant le recours vers l'autorité supérieure, à laquelle il appartient de juger le fond de la question. »

On voit quel était le mécanisme administratif du théâtre en province. Nous ajouterons que que les femmes étaient considérées comme lé• gaiement incapables d'exercer une direction théâtrale, et qu'elles ne pouvaient obtenir le brevet de directeur. Nous allons faire voir maintenant de quelle façon la France était divisée en ce qui concerne le théâtre, et quelles étaient les villes contenues dans chaque arrondissement théâtral:

l*r Arrondissement : Douai, Dunkerque, Valenciennes, Cambrai. — 2° Arrondissement : Boulogne, Saint-Omer, Saint-Pol, Arras. — 3" Arrondissement : Amiens, Abbeville, Saint-Quentin. — 4e Arrondissement : Beauvais, Compicgnc, Laon, Soissons. — 5e Arrondissement : Mézières, Charleville, Sedan, Bar-le-Duc, Verdun, Ch<îlons-surMarne, Reims. — 6" Arrondissement : Metz, Nancy, Toul, Luné ville. — 7" Arrondissement :. Colmar, Épinal, Schclestadt. — 8" Arrondissemnt: Troyes, Cliaumont, Langres, Auxerrc, Sens, AvalIon , Joigny. — 9° Arrondissement : Chartres Etampes, Fontainebleau, Provins, Meaux, Melun.

— 10" Arrondissement : Caen, Lisieux, Falaise, Coutances, Cherbourg, Alençon. — 11e Arrondissement : Rennes, Saint-Malo, Laval, le Mans. — 12" Arrondissement : Lorient, Vannes, Quimper, Morlaix, Saint-Brieuc. — 13° Arrondissement: Orléans, Blois, Tours, Saumur, Angers. — 14" Arrondissement : Rochefort, la Rochelle, Saintes, Saint-Jean d'Angély, Niort. — 15° Arrondissement : Bourges, Nevers, Moulins, Saint-Amand.

— 16° Arrondissement : Dijon, Beaune, Vesoul, Gray, Besançon. — 17e Arrondissement : ChAlonssur-Saône, MAcon, Bourg, Autun, Lons-le-Saulnier. — 18° Arrondissement : Grenoble, Valence,

Montélimart, Romans. — 19e Arrondissement: Clermont, Riom, Saint-Etienne, Aurillac, le Puy, Montbri8on. — 20" Arrondissement : Limoges, Angoulême, Périgueux, Poitiers. — 21° Arrondissement : Montauban, Cahors, Agen, Auch, Alby, Castres, Rodez. — 22e Arrondissement : Bayonne, Pau, Tarbes, Bagnères, Mont-de-Marsan. — 23" Arrondissement : Perpignan, Carcassonne, Narbonne, Béziers, Pézénas. — 24° Arrondissement: Nîmes, Alais, Beaucaire, Uzès. — 25° Arrondissement : Avignon, Carpentras, Arles, Tarascon. (Voy. Villes Sédentaires.)

ART THÉÂTRAL. — Voici un mot dont la portée est vaste, un mot qui représente et sous-entend un ensemble de qualités très diverses, dont l'heureuse réunion peut seule permettre d'atteindre la perfection toute relative permise à la nature humaine. L'art théâtral est un art particulièrement complexe, très varié dans ses manifestations comme dans ses moyens, parlant tout ensemble à l'esprit, à l'imagination, à l'oreille et aux yeux, et produisant par cela même des impressions d'une rare puissance et d'une étonnante intensité.

La valeur des œuvres représentées, l'intelligence et le goût mis par les acteurs au service de l'interprétation de ces œuvres, la sûreté de leur débit ou de leur chant, le naturel et la régularité de leurs mouvements scéniques, la science et l'exactitude du costume aussi bien que du décor, le judicieux emploi des masses et la puissance majestueuse ou pittoresque de leurs évolutions, la grâce et la noblesse apportées dans les manœuvres dansantes, la précision, le nerf et la chaleur de l'exécution musicale, enfin le soin et la netteté qui doivent caractériser le jeu des machines, — tout cela, et bien d'autres choses encore, tout cela concourt à l'illusion de la scène et constitue l'art théâtral envisagé dans son ensemble, sous tous ses aspects et à l'aide de tous ses éléments réunis. Il n'en est pas de plus puissant sur l'imagination de la foule, de plus actif sur l'intelligence des hommes éclairés, il n'en est pas de plus noble, de plus merveilleux, de plus séduisant et de plus grandiose lorsqu'il offre la réunion de toutes les qualités que nous venons d'énumérer, et qu'il se rapproche de cette conception de l'idéal que chacun porte en soi.

64 ARTISTE DRAMATIQUE. — ASSOCIATIONS ARTISTIQUES.

ARTISTE DRAMATIQUE. — Dénomination générique appliquée à tous ceux qui prennent part au jeu scénique. L'artiste qui joue la tragédie est un tragédien; celui qui joue la comédie, un comédien ; celui qui chante est un chanteur; celui qui danse, un danseur, et c'est ainsi que l'on désigne les différentes spécialités de l'action théâtrale. Mais une même dénomination rapproche tous ces artistes et s'applique à l'ensemble même de la profession: c'est celle d'artiste dramatique.

ASSEMBLÉ. — Nom que l'on donne à un temps de la danse.

ASSEMBLÉE. — Chappuzeau écrivait dans son Théâtre-François, en 1674, en parlant des deux troupes de comédiens réunies alors à Paris et qui étaient administrées en société :— « Les comédiens s'assemblent souvent pour diverses occasions, ou dans leur Hostel, ou quelquefois au logis d'un particulier de la troupe. Tantost c'est pour la lecture des ouvrages que les autheurs leuraportent, tantost pour leur disposition et pour en distribuer les rôles, ou pour les répétitions. Mais ce ne sont pas les seuls sujets qui obligent les comédiens de s'assembler ; ils s'assemblent encore quand ils iugent à propos de dresser un répertoire, c'est à dire une liste de vieilles pièces pour entretenir le théâtre durant les chaleurs de l'esté et les promenades de l'autonne, et n'estre pas obligez, tous les soirs qu'on représente, de délibérer à la haste et en tumulte de la pièce qu'on doit annoncer. De plus, ils s'assemblent tous les mois pour les comptes généraux. Us s'assemblent encore quand il faut ordonner d'une pièce de machine, et avancer des deniers pour quelque occasion que ce soit, quand il faut accroître la troupe de quelque acteur ou de quelque actrice, quand il faut faire des réparations, ou pour quelques autres causes extraordinaires. »

On voit ce qu'étaient les assemblées dans une troupe de comédiens sociétaires, obligés de veiller par eux-mêmes à tous les soins de l'administration. Aujourd'hui pourtant elles sont moins fréquentes à la Comédie-Française, où un administrateur général, nommé par le ministère, centralise entre ses mains une grande

partie du travail, et où la Société délègue, pour le reste, ses pouvoirs à un Comité (Voy. ce mot) élu dans son sein. Les assemblées générales sont donc beaucoup plus rares, et n'ont lieu que pour certaines causes très importantes, comme l'élection de nouveaux sociétaires ou l'établissement des comptes de chaque année. On se servait aussi, jadis, du mot assemblée pour caractériser la façon dont une salle de spectacle était garnie. « Il y a une brillante assemblée, » disait-on; ou bien : « L'assemblée est nombreuse. »

ASSOCIATIONS ARTISTIQUES. — Il existe en France un certain nombre d'associations se rattachant plus ou moins directement au théâtre, les unes constituées sous la forme de sociétés de secours mutuels, comme l'Association des artistes dramatiques, celles des artistes musiciens et celle des artistes de l'Opéra; les autres, destinées à organiser et à assurer la perception des droits des auteurs, comme la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et celle des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique; d'autres enfin créées dans un seul but artistique, comme la Société des compositeurs de musique.

L'Association des artistes dramatiques et l'Association des artistes musiciens,' fondées l'une et l'autre par le grand philanthrope qui avait nom le baron Taylor, datent l'une de 1839, l'autre de 1848. La première possède aujourd'hui environ 100,000 fr. de rentes, la seconde près de 80,000, et à elles deux les deux sociétés servent annuellement, à leurs sociétaires âgés ou infirmes, environ 160,000 fr. de pensions. Le nombre des sociétaires est à peu près de 4,000 pour les artistes dramatiques, de 5,000 pour les artistes musiciens, et la cotisation annuelle est fixée, pour l'une comme pour l'autre, au chiffre de douze fr. par an.

L'Association philanthropique des artistes du grand Opéra, fondée en 1835 sur l'initiative de M. Lenfant, artiste de l'orchestre de ce théâtre, et sous les auspices de MM. Taglioni et Coralli, était ouverte aussi, à l'origine, aux artistes de l'Opéra-Comique, du Théâtre-Italien et de la Comédie-Française. Depuis 1852, elle est uniquement réservée aux artistes de

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l'Opéra. La cotisation annuelle s'élève à près de 40 fr. par an, et la Société sert à ses adhérents, outre des secours en cas de maladie, des pensions de retraite dont une partie est réversible, en cas de mort, sur la tête de la veuve.

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques, dont la première idée, on le sait, appartient à Beaumarchais, fut fondée plus tard sur l'initiative de Scribe et régulièrement constituée en 1829. Elle a pour objet, selon ses statuts : 1° la défense mutuelle des droits des associés vis-à-vis des administrations théâtrales ou de tous autres en rapport d'intérêt avec les auteurs; 2° la perception à moindres frais des droits des auteurs vis-à-vis des administrations théâtrales à Paris et dans les départements, et la mise en commun d'une partie de ces droits; 3° la création d'un fonds de secours au profit des associés, de leurs veuves, héritiers ou parents; 4° la création d'un fonds commun de bénéfices partageables. — C'est la Société qui agit au nom de ses adhérents, qui débat avec chaque théâtre le chiffre de la totalité et de la quotité des droits à percevoir pour la représentation des œuvres dramatiques, qui signe les traités avec les administrations théâtrales et en poursuit l'exécution; qui enfin agit au nom de chacun de ses membres pour soutenir et sauvegarder ses droits, si ljesoin est.

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, corollaire et complément de la précédente, a été fondée en 1851, et a pour objet, ainsi que le disent ses statuts : 1° la défense mutuelle des droits des auteurs et des compositeurs de musique, soit concurremment avec leurs éditeurs, soit sans le concours de ces derniers, vis-à-vis des entrepreneurs d'établissements publics qui exécutent les œuvres musicales, avec ou sans les paroles originales, tels que théâtres, concerts,- cafés chantants et tous autres établissements exploitant les productions littéraires et musicales, autres que les pièces de théâtre; 2° la perception des droits des auteurs et des compositeurs, vis-à-vis des susdits établissements, à Paris et dans les départements, et la mise en commun d'une partie seulement de ces droits. Grâce à cette société, toute œuvre musicale quelconque exécutée en

DICTIONNAIRE DU THÉATBK.

public : symphonie, cantate, mélodie, romance, chanson, morceau de danse, etc., est régulièrement soumise à la perception d'un droit au profit de l'auteur.

Enfin, comme nous l'avons dit, la Société des compositeurs de musique, fondée en 1862, est une association purement artistique qui a pour but : 1° de former un centre permanent de réunion pour établir et entretenir entre les compositeurs de musique des relations sympathiques et suivies; 2° de sauvegarder les intérêts artistiques et professionnels des sociétaires; 3° de donner une impulsion féconde à l'art musical. — La Société ouvre chaque année d'intéressants concours de composition, auxquels tous les artistes français sont appelés à prendre part, qu'ils fassent ou non partie de la Société.

ATELLANES. — Les Romains donnaient ce nom à un genre de comédies qui ressemblaient beaucoup aux pièces satiriques des Grecs, aussi bien par le choix des sujets que par les caractères des personnages, des danses et de la musique. Ces pièces, qui étaient généralement comiques, semblent avoir eu pour objet de délasser et de reposer l'esprit du spectateur, encore sous le coup de l'attention qu'il venait d'accorder à uue longue tragédie écoutée par lui sans un moment de distraction puisque le chant du chœur même, qui remplissait les entr'actes, tenait à l'action. On nommait ces pièces ateïïanes, parce qu'elles avaient pris naissance à Atella, ville de la Campanie, d'où elles passèrent à Rome, et les pantomimes qui les exécutaient prenaient le nom à'atellans.

ATHLÈTES. — Les athlètes étaient, chez les Grecs d'abord, chez les Romains ensuite, des hommes qui combattaient dans les jeux publics pour remporter les prix décernes à la force et à l'agilité. Ce nom appartenait eu propre à ceux qui prenaient part aux cinq genres d'exercices suivants : 1° la course, divisée eu quatre espèces d'épreuves, selon que l'athlète parcourait le stade une, deux ou plusieurs fois; 2° la lutte; le pugilat; 4" le pmtathle; le pancrace, formé de la réunion de la lutte et du pugilat. La préparation à ces divers exercices

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