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714 THEATRES (les) EN EUROPE. — THEATRES D'ENFANTS.

qui était situé rue Notre-Dame de Nazareth, et celui des frères Mareux, dans la rue SaintAntoine. Le théâtre Doyen subsistait encore, je crois, en 1830, et c'est là que nombre d'artistes, entre autres Arnal, Grassot, M. Bouffé, ont fait leurs premières armes. A cette époque, un autre petit théâtre de ce genre, le théâtre Chantereine, situé rue de la Victoire, était bien connu de tout Paris, et c'est là surtout que les jeunes apprentis comédiens montaient leurs parties ; il a disparu depuis une quinzaine d'années. Le seul théâtre d'élèves qui existe aujourd'hui est celui de la Tour d'Auvergne, qui tire son nom de la rue où il est situé.

THEATRES (les) EN EUROPE. — Il

est difficile, pour ne pas dire impossible, de connaître exactement le nombre des théâtres qui existent en Europe. Le document le plus récent que nous connaissions à ce sujet, et qui remonte à 1872, est celui-ci, qui donne le chiffre des théâtres pour chacun des États de l'Europe à cette époque:

NOMBr'.K PAYS. lH)rCLATIU\. TÏKS THKATltK.-.

Italie 26 millions 348

France 36 — 348

Espagne 16 — 100

Allemagne 41 — 194

Autriche 3C — 152

Grande-Bretagne... 32 150

Russie 86 — 44

Belgique 5 — 34

Hollande 4 — 22

Suisse.. 2.7 — 20

Portugal 4.0 — 10

Suède 4.2 — 10

Danemark 1.9 — 10

Norvège 1.7 —■ 8

Grèce 1.6 — 4

Turquie 23.(1 — 4

Roumanie 5.3 — 3

Serbie 1.8 — 1

Mais il n'est guère permis de se fier à cette statistique, publiée il y a douze ans par un certain nombre de journaux, et qui paraît quelque peu fantaisiste. A cette époque, les Italiens ont réclamé, et ceux-ci affirment que l'Italie compte actuellement, à elle seule, 1,249 théâtres. D'autre part, il est bien certain qu'en

France le nombre des théâtres s'élève à beaucoup plus de :!48, chiffre cité ci-dessus : tout d'abord, nos 302 chefs-lieux de département ou d'arrondissement sont tous dotés de théâtres, et si l'on n'en doit compter qu'un pour la plus grande partie d'entre eux, il faut remarquer que Paris en possède plus de trente à lui seul, et que bon nombre de grandes villes telles que Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Rouen, Lille, Saint-Etienne, le Havre, Montpellier, Nice, etc., en ont deux, trois, quatre et jusqu'à cinq ; de plus, il est beaucoup de villes qui ne sont chef-lieu ni de département ni d'arrondissement, et qui n'en ont pas moins chacune leur théâtre. Je crois qu'on n'exagérerait pas beaucoup en estimant que la France possède environ mille théâtres. Ce qui est certain, c'est que ce sont les deux grandes nations de race latine, l'Italie et la France, chez qui le goût du spectacle est le plus répandu. Il faut même remarquer que les Espagnols, peuple latin aussi, possèdent, étant donné le chiffre de leur population , le plus grand nombre de théâtres après ces deux premiers pays.

THÉÂTRES D'ENFANTS. — Pendant longtemps, et à de nombreuses reprises, on a vu à Paris des théâtres dans lesquels la comédie était jouée par des enfants, dont la grâce et la gentillesse attiraient le public. Dès l'année 1602, un organiste de Troyes, nommé Raisin, qui s'était attiré la protection de Louis XIV, obtenait de ce prince la permission d'ouvrir à la Foire Saint-Germain un théâtre qui prenait le titre de Troupe des Petits Comédiens Dauphins; ce théâtre vécut peu, mais assez pourtant pour pouvoir fournir à la Comédie-Française quelques artistes tels que le fameux Baron et les deux Raisin, fils de l'organiste. Vers 1777 on voyait s'ouvrir au Ranelagh, sous le titre de Petits Comédiens du Bois de Boulogne, un établissement du même genre. En 1779, on inaugurait sur le boulevard du Temple un théâtre somptueux qui prenait le nom de Théâtre pour les élèves de la danse de l'Opéra, et dans lequel on jouait de grands ballets dansés et mimés, en effet, par les jeunes élèves de l'école de danse de l'Opéra. En 1784, on ouvrait au Palais-Royal

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le Théâtre des Petits Comédiens de S. A. Msr le comte de Beaujolais, théâtre où des marionnettes d'abord, des enfants ensuite, jouèrent des comédies et des opéras-comiques qui attiraient la foule. La Révolution vit se multiplier les théâtres d'enfants, et nous donna entre autres ceux des Jeunes-Artistes (rue de Bondy), des Jeunes-Elèves (rue de Thionville) et des Jeunes-Comédiens (Jardin des Capucines), où commencèrent leur carrière des artistes tels que Lafont, Firmin, Lepeintre aîné, Monrosc père et Virginie Déjazet. Plus tard, sous le gouvernement de Juillet, on eut le théâtre Comte, pour lequel fut construite la salle occupée aujourd'hui par les Bouffes-Parisiens, et le Gymnase-Enfantin. A cette époque la province elle-même fut sillonnée, pendant plusieurs années, par une troupe enfantine spécialement réunie à son intention par une comédienne nommée MmB Castelli, et qui prenait le nom de troupe Castelli.

Cependant, on finit par s'apercevoir qu'il y avait quelque chose de cruel à faire ainsi travailler d'infortunés enfants, dont quelques-uns n'avaient pas plus de cinq ou six ans, et à abuser de leurs forces physiques et intellectuelles dans un âge où elles doivent, au contraire, se développer en toute liberté. D'autre part, on découvrit aussi que, pour ceux qui étaient plus âgés, la promiscuité des sexes était fort loin d'être un élément d'honnêteté et de moralisation. Aux environs de 1848, des ordonnances très sévères interdirent formellement les théâtres d'enfants, qui durent disparaître .sans retour. Le dernier connu fut le théâtre Comte, qui dut se transformer, et où les enfants firent place à des acteurs plus avancés en âge.

THÉÂTRES LYRIQUES. — C'est la qualification que l'on donne aux théâtres qui sont exclusivement consacrés au genre musical.

THÉÂTRES (les) A PARIS. — Ce n'est pas chose facile que de dénombrer les théâtres qui ont existé à Paris depuis les premières années du quinzième siècle jusqu'à ce jour, d'autant qu'on se heurte, surtout en ce qui concerne les origines matérielles de notre art dramatique, à certaines obscurités presque impénétra

bles. Je vais tâcher cependant d'établir, aussi exactement que possible, la liste des théâtres qui ont fait, depuis tantôt cinq siècles, la joie des Parisiens.

C'est en 1402 que les Confrères de la Passion installèrent à l'Hôpital de la Trinité, près de l'ancienne porte Saint-Denis, leur premier théâtre pour la représentation des mystères; ils l'abandonnèrent en 1540 pour se fixer à l'Hôtel de Flandre, d'où ils passèrent en 1548 à l'Hôtel de Bourgogne; ils vendirent, peu d'années après, leur salle de l'Hôtel de Bourgogne à une troupe de comédiens qui en prirent le nom; on vit dans ce même théâtre, de 1G60 à 1072, une troupe de comédiens espagnols, et lorsque la Comédie-Italienne reparut en France en 1710, elle prit possession de l'Hôtel de Bourgogne (rue Mauconseil), où elle resta jusqu'en 1783, époque où elle inaugura son nouveau théâtre du boulevard des Italiens (Opéra-Comique actuel). Aux environs de 1550, les acteurs qui firent connaître au public les tragédies de Jodelle donnèrent leurs représentations au collège de Reims, puis au collège de Boncourt. Vers cette époque, plusieurs troupes de comédiens de province essayèrent sans succès de se fixer à Paris, et l'une d'elles occupa pendant quelque temps un théâtre qu'elle avait fait dresser dans l'Hôtel de Cluny (1584). En 1000, quelques-uns des acteurs de l'Hôtel de Bourgogne, se séparant de leurs camarades, firent élever à l'Hôtel d'Argent, au Marais, un théâtre qu'ils abandonnèrent bientôt pour un autre situé rue Vieille-du-Temple. Une autre troupe établit rue Michel-le-Comte, en 1(532, un autre théâtre qui est brûlé peu de temps après. Eu 1050, Molière vient fonder à Paris son premier établissement, et inaugure son Illustre Théâtre au Jeu de paume de la Croix-Blanche, faubourg Saint-Germain. En 1058, après avoir quitté Paris pendant plusieurs années, il y revient définitivement, s'installe d'abord au PetitBourbon, concurremment avec les ComédiensItaliens, et ensuite dans la salle que Richelieu avait fait construire naguère au Palais-Royal. En 1661, on voit une compagnie comique, sous le nom de Troupe de Mademoiselle (M,u' de Montpensier), ouvrir un théâtre rue des QuatreYents, et l'année suivante l'organiste Raisin

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fait admirer ses Petits Comédiens Dauphins dans une salle située près de l'Hôtel Guénégaud. L'Académie royale des opéras, fondée par Perrin et Cambert, ouvre son théâtre en 1671, dans le Jeu de paume de la Bouteille, rue Guénégaud; Lully, qui prend sa succession, inaugure l'année suivante son Académie royale de Musique dans le Jeu de paume du Bel-Air, rue de Vaugirard, et à la mort de Molière va prendre possession de la salle du Palais-Royal; c'est alors que les comédiens de Molière, se réunissant et se fondant avec ceux du Marais,

s'en vont occuper la salle construite rue Guénégaud par Perrin et Cambert. En 1677 s'ouvre au Marais un petit spectacle qui prend le titre de Théâtre des Bamboches; en 1680 un ordre du roi réunit en un seul corps de comédiens les deux troupes de l'Hôtel de Bourgogne et de la rue Guénégaud, qui restent dans ce dernier théâtre tandis que la Comédie-Italienne prend possession de l'Hôtel de Bourgogne ; en 1 (!M9 la Comédie-Française (c'est son titre officiel depuis la réunion de 1080) inaugure sa nouvelle salle du Jeu de paume de l'Étoile, rue

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Le Théâtre-Français (rue Richelieu) en 1792, construit et ouvert en 1785 Bous le titre «le Variétés-Atnumutes.

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réuni à la Comédie-Italienne. En 1738, Servandoni obtient l'autorisation d'ouvrir aux Tuileries, dans la grande salle des Machines, son fameux et merveilleux Spectacle en décoration. En 1760, Nicolet ouvre à la Foire son théâtre des Danseurs et Sauteurs de corde, qui deviendra bientôt le théâtre des Grands Danseurs du Roi, pour se transformer ensuite, lorsqu'il se sera établi sur le boulevard du Temple, en théâtre de la Gaîté (1). Quelques années après, en 1767, Audinot fonde, aussi à la Foire, son Ambigu-Comique, qu'il transporte ensuite, comme Nicolet, sur le boulevard, où l'un et l'autre font fortune. Vers 1774 parait, sur ce même boulevard, le Théâtre des Associés, qui deviendra plus tard le Théâtre - Patriotique, puis le Théâtre-Sans-Prétention. En 1777, c'est le tour des Petits Comédiens du Bois de Boulogne, qui se montrent au Ranelagh, et en 1779 deux nouveaux théâtres s'installent au boulevard, les Variétés-Amusantes (de Lécluse), et les Élèves de la danse pour l'Opéra. L'année 1784 voit naître le théâtre des Beaujolais, l'année 1785 les secondes Variétés-Amusantes (dans la salle occupée aujourd'hui par la Comédie-Française), les Bleuettes comiques et lyriques prennent place en 1787, et en 178!) on voit s'ouvrir, en même temps que les DélassementsComiques du boulevard du Temple, le Théâtre de Monsieur, entreprise colossale, qui échangera bientôt ce titre contre celui de ThéâtreFeydeau et qui, après avoir joué simultanément la comédie, l'opéra français, l'opéra italien et le vaudeville, et s'être ensuite borné au seul opéra français, se fondra en 1801 avec le Théâtre Favart (ancienne Comédie-Italienne) sous le titre définitif de Théâtre de l'Opéra-Comique, lequel a subsisté jusqu'à ce jour.

Mais voici venir la Révolution, et, avec la liberté des théâtres décrétée par l'Assemblée nationale, une foule d'entreprises nouvelles vont voir le jour. Je vais, par ordre chronologique, en dresser une liste telle qu'elle n'a jamais été faite jusqu'à ce jour.

1790. Tiiéatrk Montansier, qui porta successivement

(1) Il s'est appelé aussi uu instant, pendant la Révolution , théâtre d'Émulation.

les noms de Théâtre du Pérystile du JardinÉgalité, Théâtre du Palais-Égalité, Théâtre de la Montagne, Théâtre Montansier-Variétés, et enfin Théâtre des Variétés, qu'il a conservé jusqu'à ce jour. Établi d'abord au Palais-Royal, dans la salle construite pour le théâtre des Beaujolais et occupée aujourd'hui par celui du PalaisRoyal , le théâtre Montansier émigra un instant dans la salle de la Cité, et en 1807 vint s'installer dans celle qu'on lui construisit boulevard Montmartre et qu'il occupe encore.

Théâtre Français Comiquk Et Lyrique, situé à l'angle des rues de Bondy et de Lancry.

Théâtres De La Place Louis XV. C'était deux petites salles en bois, situées de chaque côté de la place actuelle de la Concorde, et dont l'existence fut éphémère.

1791.

Théâtre Molière, rue Saint-Martin, à côté du passage des Nourrices. Porta successivement les noms de Théâtre des Sans-Culottes, des Amis des Arts, des Variétés Nationales et étrangères et des Variétés Étrangères. La salle de ce théâtre, après avoir subi une transformation ad hoc, existait encore il y a peu d'années comme salle de bal et sous le nom de Salle Molière.

Théâtre Du Marais, rue Culture-Sainte-Catherine. S'appela aussi Théâtre des Amis des Arts et Théâtre des Étrangers.

Théâtre Louvois, rue de Louvois. Prit tour à tour les noms de Théâtre des Amis de la Patrie, lliéâtre d'Émulation, Théâtre Français de la rue de Louvois, et devint en 1805 le Théâtre de l'Impératrice, transféré plus tard à l'Odéon. Après l'assassinat du due de Berry, l'Opéra y donna des représentations pendant que l'on construisait la salle de la rue Le Peletier.

Théâtre Du Cirque, au Cirque du Palais-Royal. Reçut successivement les noms de Lycée des Arts, Veillées de Thaïie et Bouffons Français.

Théâtre De La Concorde, rue du Renard-SaintMerri.

Théâtre Des Élèves De Thalie, boulevard du Temple.

Théâtre Des Entants-comiques, boulevard du Temple.

Théâtre De La LiiiERTÉ,à la Foire Saint-Germain.

Théâtre Lyrique Du Faubourg Saint-germain , à la Foire Saint-Germain.

Théâtre Du Mont-parnasse, sur le BoulevardNeuf.

Théâtre Des Petits-comédiens Du PalaisRoyal.

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Théâtre Des Petits-comédiens Français, boulevard du Temple.

Théâtre Des Variétés Comiques Et Lyriques, à la Foire Saint-Germain.

1792.

Théâtre De La Cité, sur l'emplacement de l'ancienne église Saint-Barthélémy, occupé aujourd'hui par le Tribunal de commerce. A porté successivement les noms de Théâtre du Palais-Variétés, Théâtre de la Pantomime-Nationale, Théâtre Mozart, Théâtre de la Cité-Variétés. Sa

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Théâtre Des Muses, Ou Pe L'estrapade, près du

Panthéon.
Lycée-dramatique, boulevard du Temple, dans

l'ancienne salle des Élèves pour la danse del'O

péra. Théâtre Mareux, rue Saint-Antoine, dans une

salle construite quelques années auparavant pour

un théâtre de société.
Théâtre Des Comédiens Sans Titre, faubourg du

Temple, dans le manège d'Astley.
Théâtre Doyen, rue Notre-Dame-de-Nazareth,

dans une salle construite précédemment pour un

théâtre de société.

Le Théâtre National, situé rue de la Loi (me Richelieu), foudé eu 1793 par la Montauaier, affecte à l'Opéra

eu 1794, et détruit eu 1830.

salle servit plus tard à un bal devenu célèbre sous le nom de bal du Prado.

Théâtre Du Vaudeville, établi rue de Chartres, fixé plus tard place de la Bourse, dans la salle construite pour les Nouveautés, et aujourd'hui à l'angle du boulevard et de la rue de la Chaussée d'Antin.

Théâtre Du Petit-vaudeville (?).

1793.

Théâtre National, rue de la Loi (Richelieu), le deuxième fondé à Paris par la fameuse comédienne Montansier. De 1794 à 1820 il abrita l'Opéra, et c'est en sortant de ce théâtre que le duc de Berry fut frappé par l'assassin Louvel.

Théâtre De Minerve (?).

1794.

Théâtre Des Jeunes-artistes, rue de Bondy, dans la salle occupée primitivement par le Théâtre Français comique et lyrique.

1796.

Théâtre De La Bienfaisance, rue Saint-Denis près de la rue des Lombards.

1797.

Lycée Dramatique, deuxième du nom, à la Foire Saint-Germain.

1798.

Théâtre Des Victoires-nationales, rue du Bac, sur l'emplacement d'un couvent de Kécollettes,

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