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THÉÂTRES DE GENRE.

Pierre (passage Saint-Pierre-Amelot); et le Théâtre-Lafayette (à l'angle des rues Lafayette et du Faubourg-Saint-Martin). Puis viennent successivement : lu Renaissance (boulevard Saint-Martin), troisième du nom (1), en 1872; les Folies-Bergère (rue Richcr), à peu près dans le même temps ; le Théâtre-Taitbout (rue Taitbout), en 1875, qui, avant de mourir, prit le titre de Nouveau-Lyrique ; les Bouffes-du-Nord (boulevard de la Villettc), vers 1870 ; les Nouveautés (boulevard des Italiens), troisièmes du nom, sur l'emplacement des anciennes Fantaisies-Parisiennes, en 1878 ; le Palace-Théâtre (rue Blanche), en 1881 ; l'Eden-Théâtre, en 1882.

Mais ce n'est pas tout, et il faut mentionner encore la création de nombreux petits théâtres, qui pour la plupart ne sont — ou n'étaient — que de simples bouisbouis: le Théâtre Oberkampf (rue Oberkampf ), qui se fit connaître aussi sous le nom de Folies d'Athènes ; le Théâtre des Familles (Faubourg SaintHonoré), qui s'est appelé Théâtre Corneille et Théâtre Saint-Honoré ; le Théâtre Saint-Laurent (rue de la Fidélité); les Folies du GrosCaillou (rue Duvivier, 1876); le Théâtre de la Porte - Saint - Denis (boulevard Saint - Denis, 1877); les Folies-Montholon (nie Rochechouart), qui prirent aussi le nom de Tertullia; le Théâtre Labourdonnaye (au Champ-deMars); l'Athœneum (rue des Martyrs); le Théâtre de la Villettc (rue de Flandre); les Folies-Bobino (à Montparnasse); les Fan-. taisies-Oller, qui s'établirent un instant (187(>) dans le local laissé vacant par les FantaisiesParisiennes ; la Gaîté-Montparnasse (à Montparnasse) ; le Théâtre des Gobelins (avenue des Gobelins) ; les Folies-Belleville (rue de Belleville)... Est ce-tout? Je n'en jurerais pas. Je crois cependant que j'en oublie peu.

Voici, du reste, la liste complète des théâtres existant à Paris en l'année 188:3:

(1) Vers 1868, il. Carvalho, directeur du ThéâtreLyrique, avait eu la singulière idée de dédoubler sa troupe et de l'envoyer, trois fois par semaine, donner des représentations à la salle Ventadour, occupée par le Théâtre-Italien, qui jouait les trois autres jours. Pour donner un titre à cette entreprise étrange, il avait choisi celui de Théâtre de la Renaissance. Cinq soirées suffirent pour faire avorter la combinaison.

Opéra,

Comédie-française ,

Opéra-comique,

Odéon ,

Gymnase,

Vaudeville,

Variétés,

Palais-Royal,

Chatelet ,

Théâtre Des Nations,

Porte-saint-martin ,

Gaité ,

Ambigu ,

Bouffes-parisiens,

Folies-dramatiques ,

Renaissance,

Nouveautés,

Menus-plaisirs,

Théâtre Cluny,

Théâtre Déjazet,

Théâtre Du Chateau-d'eau,

Théâtre Beaumarchais,

Bouffes-du-nord ,

Gaîté-montparnasse,

Gobelins.

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726 THÉÂTRES DE QUARTIER. — THÉÂTRES DE SOCIÉTÉ.

bouffonnerie, parfois même le vaudeville, sont considérés comme des théâtres de genre et reçoivent cette qualification élastique et indécise.

THÉÂTRES DE QUARTIER. — C'est le nom qu'on donne à certains théâtres qui, placés dans certains quartiers excentriques, ne sont pas fréquentés par le gros du public et n'ont guère d'autres spectateurs que les habitants de ces quartiers. En ce qui concerne Paris, les théâtres de l'ancienne banlieue : Belleville, Montmartre, Batignolles, Montparnasse, sont des théâtres de quartier, de même que les Bouffes du Nord, qui sont situés à l'extrémité du faubourg Saint-Denis. Le théâtre Cluny luimême, quoique plus important que tous ceuxci, peut être considéré comme un théâtre de quartier, car sa situation sur le Ixmlevard Saint-Germain fait qu'il n'est guère fréquenté que par les habitants de la rive gauche de la Seine.

THÉÂTRES DE SOCIÉTÉ. - Le goût du théâtre a toujours été tel en France, et si général , que les gens du plus grand monde et de la plus haute société, ne se contentant pas d'aller au spectacle, s'évertuaient â jouer la comédie entre eux, dans leurs châteaux, dans leurs hôtels, où ils se faisaient construire à cet effet des théâtres souvent très luxueux et où ils se livraient à ce plaisir avec une sorte de fureur. Dès le dix-septième siècle on signalait déjà quelques exemples de ce genre; mais le goût des théâtres de société se généralisa surtout au dix-huitième, et, poussé jusqu'à la rage, c'est lui qui inspirait à Piron ces vers d'un des personnages de la Mètromanie:

Cependant soyez gai; débutez seulement,
Et vous serez bientôt de notre sentiment.
De vos talens a peine aurons-nous les prémices ,
Que nous voulons vous voir un pilier de coulisses;
Et, quoi que vous disiez, vers un plaisir si doux,
De la force du charme entraîné comme nous.
J'ai vu ce charme, en France, opérer des miracles,
Nos palais devenir des salles de spectacles,
Et nos marquis, chaussant à l'envi l'escarpin,
Représenter Hector, Sganarelle et Crispin.

Sous Louis XIV, ce goût du théâtre particulier était déjà très répandu, le souverain lui

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société, tous les théâtres d'amateurs qui se rendirent plus ou moins fameux dans le cours de ce dix-huitième siècle si affolé, si assoiffé de plaisirs. Je me bornerai à en mentionner quelques-uns, en rappelant tout d'abord, à titre exceptionnel, les fêtes théâtrales somptueuses de la duchesse du Maine, si connues sous le nom des « Nuits de Sceaux. » Je signalerai ensuite les théâtres particulière du duc d'Orléans, du maréchal de Eichelieu, du prince de Conti, de la duchesse de Noailles, deM",e de Montesson, des demoiselles Verrières, etc. On sait la célébrité que se sont acquise les spectacles que Mmt' de Pompadour organisait à Versailles, dans le théâtre des Petits-Appartements, et ceux que plus tard la jeune reine Marie-Antoinette donnait d'une façon si brillante à Trianon.

Dans un tout autre genre, il faut citer les deux théâtres que Mlle Guimard, la célèbre danseuse, s'était fait construire dans ses deux hôtels de Pantin et de la rue d'Antin, et sur lesquels on jouait des parades et des parodies qui, diton, n'étaient pas précisément écrites à l'usage des pensionnats de demoiselles. Enfin, lorsque la Révolution éclata, il existait à Paris plus de deux cents théâtres particuliers, dans lesquels des amateurs plus ou moins titrés se donnaient le plaisir de la comédie de société.

Dans la première moitié du siècle présent, on vit encore nombre de théâtres d'amateurs, parmi lesquels on doit signaler en première ligne celui de l'hôtel Castellane, puis ceux du duc de Chimay, du prince Murât, du duc de Maillé, du prince de Marsan à Bernis, de Mmc Dnpin à Chenonceaux, de M. de Magnanyille, de M. de Clermont-Tonnerre, etc. Aujourd'hui, le goût de la comédie de société ne semble pas moins vif qu'autrefois ; mais on la joue volontiers dans un salon, entre deux paravents, et l'on ne cite plus guère de somptueux théâtres particuliers comme ceux dont le renom a été si grand au siècle dernier.

THEOLOGIUM. — Les anciens donnaient ce nom à certaine partie du théâtre, qui était plus élevée que l'endroit où paraissaient les personnages ordinaires des pièces représentées. C'était l'endroit d'où parlaient les dieux, et oii se trouvaient les machines sur lesquelles ils

descendaient. Il fallait, nous dit Y Encyclopédie, un tJieologium pour représenter VAjaz de Sophocle et VHippolyte d'Euripide.

TIMBRE. — C'est la marque par laquelle on reconnaît l'air d'un couplet de vaudeville sans en avoir la musique sous les yeux. La Clé du Caveau (Voy. ce mot) a enregistré ainsi plusieurs milliers d'airs connus, en donnant leur timoré, qui est soit le titre d'une chanson, soit celui d'une pièce pour laquelle l'air a été fait, soit le premier vers du couplet original. Dans le premier cas, on met en tête du couplet nouveau cette mention : « Air de Malbrough, » ou : « Air de Bouton de rose; » dans le second cas, on met : « Air â'Arislippe, » ou : « Air de Lantara; » enfin, dans le troisième, on met : « Air : J'en guette un petit de mon âye, » ou : « Air : Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans! » etc. Cette mention suffit à faire reconnaître aussitôt l'air ou à en faciliter la recherche.

TIRADE. — Dans les tragédies et dans les drames, on appelle tirade un long récit fait par l'un des acteurs en scène. Le fameux récit de Théramène, dans Phèdre, est une tirade. Tirade aussi le long morceau débité par Oreste à la première scène d'Andromaque. En argot de théâtre, la tirade devient une tartine. Dans la comédie en vers, où les récits de ce genre sont généralement moins longs, et même encore dans la tragédie, lorsqu'ils sont dans le même cas, on leur donne volontiers le nom de couplets.

TIRER LA FICELLE. — D'un chanteur qui, au théâtre, ou parce qu'il commence à perdre la voix, ou parce qu'une indisposition passagère lui enlève une partie de ses moyens, éprouve de la difficulté à atteindre les notes élevées d'un morceau et n'y parvient qu'à grand' peine et avec des efforts visibles, on dit qu'il tire la ficelle. L'origine de cette expression se perd dans la nuit des temps.

TITRES DE PIÈCES. — De tout temps, certains auteurs se sont ingéniés à donner à leurs pièces des titres étranges, destinés à piquer la curiosité du public ; d'autres, de très bonne foi et sans y chercher malice, ont fait

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preuve en ce genre d'une excentricité naïve, soit par la nature, soit par la longueur des titres choisis par eux.

Nous nous bornerons à citer ici quelques exemples curieux. En 1579, Gabriel Bouniu fait imprimer à Pans une tragédie ainsi intitulée : la Défaite de la piaffe et de la piquorée et le Bannissement de Mars à l'introduction de Paix et de dame Justice; l'année suivante, Thomas Le Cocq, prieur de la Trinité de Falaise et de Notre-Dame de Guibray, donne une autre tragédie dont voici le titre : L'odieux cl sanglant meurtre commis par le maudit C'aïn à Vencontre de son frère Abel, extrait du quatrième chapitre de la Genèse, tragédie morale à douze personnages, savoir : Adam, Eve, Gain, Abel, Calmana, sœur et femme d'Abel, Debora, sœur et femme de Caïn, l'Ange, le Diable, Remords de conscience, le Sang d'Abel, le Péché, la Mort.

En 1621, un anonyme publie à Troyes la pièce suivante :les Amours de Zerbin et d'Isabelle, princesse fugitive, il est remarqué les périls et grandes fortunes passées par ledit Zerbin, recherchant son Isabelle par le monde, et comme il est délivré de la mort par Roland; en 1636, Grandchamp fait représenter à l'Hôtel de Bourgogne une tragi-comédie intitulée les Aventures amoureuses d'Omphale, son combat, sa perte, son retour et son mariage; en 1716, la Comédie-Italienne représente deux canevas dont l'un porte pour titre Arlequin feint guéridon, momie et chat ou l'Apothicaire ignorant, et l'autre Arlequin feint vendeur de chansons, caisse d'oranger, lanterne et sage-femme; en 1753, de Hesse donne au même théâtre un ballet intitulé l'Amour piqué par une abeille et guéri par un baiser de Vénus... Xous pourrions multiplier ces citations; il nous suffit de ces quelques exemples d'excentricité naïve ou volontaire. (Voy. Sois-titre.)

TOCCATA. — Voy. Airs A Danser.

TOILE (LA). — C'est le rideau d'avantscène, celui qui sépare de la salle le théâtre proprement dit, et qui reste baissé chaque fois que l'action dramatique est suspendue. Les lettrés lui donnent généralement le nom de ri

deau; le populaire l'appelle plus familièrement la toile.

TOILE DE FOND. — Synonyme de Rideau de fond (Voy. ce mot).

TOMBER. — Au théâtre, comme dans le dictionnaire, tomber signifie faire une chute, et faire une chute est l'antonyme d'avoir du succès. Il est rare qu'une pièce ou un acteur tombés tout d'abord se relèvent de cet échec; cela se voit pourtant. Mais quand la chute est telle que ce relèvement est impossible, on dit que la pièce, ou l'acteur, est tombé à plat. Si la chute est caractérisée par de nombreux sifflets, on dit de l'une ou de l'autre qu'il est tombé sous les sifflets.

TORERO ou TORÉADOR. Noms qu'on donne, en Espagne, à ceux qui combattent le taureau dans les courses publiques; il convient toutefois de distinguer entre le toréador et le torero. Celui-ci est le matador et combat de l'épée, à pied, tandis que celui-là, le picador, toujours à cheval, ne fait qu'escarmoucher de la lance pour irriter le taureau. Un torero en renom peut gagner 5 à 6,000 réaux par course, soit 1,500 francs de notre monnaie, sans compter les petits bénéfices ; mais il est vrai de dire qu'il y a une morte-saison pour la tauromachie, l'hiver.

Avant d'entrer dans l'arène, tous vont s'agenouiller devant une image ou une statue de la Vierge placée daus une petite chapelle, et lui font leurs dévotions; car ces messieurs sont superstitieux comme des brigands calabrais... ou espagnols. Mais il y a un proverbe qui dit: Fiate en la Virgen y no corras..., dont voici, d'après M. Emile Maison, le sens littéral: <t Fie-toi à la Vierge et ne coure pas... puis tu verras ce qui t'arrivera. » Cependant, il leur arrive souvent malheur; témoin El Rato, amputé d'une jambe et aussi célèbre (pie Pelage, le grand massacreur de Maures.

Parmi les plus célèbres toreros du temps présent, nous citerons Frascuelo et Lagartijo, qui sont des espadas (épées) sans rivaux dans tonte la Péninsule ; nous disons rivaux, et non pas rivales, pour nous conformer à l'usage castillan.

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