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Samedi, 14 Octobre, était un jour à jamais mémorable dans vos annales ! C'était l'anniversaire de la bataille d'Hastings, qui donna le trône d'Angleterre à Guillaume. Jamais, peutêtre, depuis le 14 Octobre 1066, les habitants de Caen n'out vu luire un plus beau jour, jour de pacifique fraternité. J'ai assisté à beaucoup de revues, à de grandes fêtes popu

mais je n'ai rien vu de comparable au magnifique spectacle qu'offraient, Samedi, les rives de l'Orne, bordées de gardes nationaux, de troupes et d'une population innombrable. Jamais je n'oublierai l'enthousiasme de notre réception, les acclamations, mêlées aux salves de l'artillerie ; cette revue dans votre immense prairie, où plus de six mille hommes étaient rangés en bataille ; ces vivats fraternels; enfin ce banquet si cordial auquel je me féliciterai toujours d'avoir assisté. Certes, une telle fête valait bien que l'on vint exprès d’Angleterre pour en être témoin.

Je ne suis pas étonné que la plus haute noblesse d'Angleterre réclame l'honneur de descendre d'aieux Normands. Et ce n'est pas seulement par les armes que ce peuple est à jamais célèbre dans l'histoire ; il n'excelle pas moins dans les beaux arts. Nous autres, Anglais, nous sommes bien forcés d'en faire l'aveu. Pour l'architecture, par exemple, nous sommes dégénérés de nos ancêtres Normands; nous ne pouvons atteindre à la perfection de leurs modèles.

La salle de Westminster fut érigée par un roi Normand, il y a 800 ans : et, depuis, nous n'avons rien fait de comparable.

C'est une ceuvre digne du fils du roi qui a fait ériger SaintEtienne et l'Abbaye de Sainte-Trinité. En entrant dans ces monuments, on éprouve cette muette admiration, ce saisissement secret et solennel, qui s'empare de toutes les facultés de l'âme, en présence d'une æuvre inspirée. La flèche de St. Pierre est, avec l'intérieur de Saint-Ouen 'de Rouen, la merveille de l'art catholique, et la réalisation la plus parfaite de l'idée chrétienne par l'architecture.

Nous devons être amis, c'est le désir de tout Anglais; et s'empressement des habitants de Southampton à vous offrir une réception digne de vous en est une preuve suffisante.

Parmi les dames qui s'étaient empressées pour vous recevoir, la belle Vicomtesse Palmerston, et beaucoup d'autres dames de distinction, s'étaient rendues à Southampton dans cette intention. Le contretemps qui vous a empêchés d'aller en Angleterre ne nous privera pas, dans une saison plus favorable, du bonheur de vous recevoir ; par exemple, au mois de mai prochain, où Londres est le plus animé.

Nous sommes heureux sous notre forme de gouvernement. Vous avez dernièrement choisi la forme républicaine. Je désire sincèrement que l'ordre nouveau puisse s'affermir, et que vous

goûtéez la prospérité dont vous avez tant besoin, et dont vous êtes si dignes.

Comme ancien officier de la garde nationale Anglaise, je veux parler de notre yeomanry cavalry, mon intérêt est plus vif pour tout ce qui concerne la garde nationale de votre pays. Comme vous, nous jurons de défendre les principes de liberté et d'ordre public, et c'est avec bonheur que j'apercois que ces mots forment votre devise. Soyez-en bien convaincus, sans ordre il n'y a pas de liberté, et pour assurer l'ordre et la liberté à l'Europe, il faut que ces deux grandes nations, la France et l'Angleterre, soient amies.

C'est le sentiment de tout Anglais, c'est le veu le plus cher de notre gracieuse souveraine.

Venez donc nous visiter l'année prochaine, et vous entendrez des milliers de voix bretonnes crier: Vive la France !

The reception this little address met with was beyond its deserts. I could not say less. Colonel Bredart, chef de legion d'Havre, replied to me:

J'applaudis, tant en mon nom qu'au nom du corps que j'ai l'honneur de commander, aux sentimens de noble fraternité qui respirent dans vos paroles. Comme vous, monsieur, je pense que l'Angleterre et la France, qui occupent le premier rang parmi les nations civilisées, doivent pour le bonheur du genre humain, rester toujours saintement unies en donnant au monde l'exemple de l'ordre dans la liberté, seul regime convenable aux sociétés comprennant véritablement leur dignité.

Marcher d'un commun accord dans cette voie philanthropique est une mission bien plus sacrée pour nos deux pays que d'entretenir de grossieres antipathies faussement decorées du nom de patriotisme, et qui ne sont que de vieilles erreurs à réléguer au nombre de ces prejugés invétéres dont le fambeau d'une sainte philosophie fait justice de jour en jonr.

Les Gardes Nationales du Havre seront heureux de pouvoir, en une meilleure saison, réaliser le projet qu'ils n'ont pu exécuter dernierement d'aller visiter les habitans de Southampton et de Londres, puis qu'ils ont la certitude d'y recevoir un accueil en harmonie avec les sentimens qui motivent cette excursion. Et dans ce cas, veuillez croire que le compliment de notre satisfaction serait d'avoir de nouveau le plaisir de vous voir au milieu de nous.

Were every Englishman to use opportunities that present themselves, favourable to the growth of friendly feelings between our two countries, instead of fomenting national prejudices, chances of war would be rendered as remote as the most Utopian member*

* The writer has been, we believe, Justice of the Peace for Warwickshire nearly twenty years, and recently appointed a magistrate for the metropolitan county. Experience has not vainly taught him, that peace is best preserved abroad as well as at home, by “ speaking to thine enemy whilst thou art in the way with him.”-ED.

of the Peace Congress could desire. This I am convinced is the duty of every one of my countrymen, it involves no loss of self respect, whilst it cannot fail to evoke a desire amongst the objects of our courtesy to know us better, when it becomes our own fault if that knowledge is not to our own advantage.

I returned to London in time to be present at another feast of fraternity in the Guildhall, under the presidency of the Lord Mayor, on the occasion of his inauguration, and heard with delight M. de Beaumont, the French Chargé d'Affaires, giving vent to the feelings which no Frenchman can fail to have, at such a spectacle as that which surrounded him on the ninth of last November.

“England is the land of liberty,” said M. de Beamount, and he emphatically repeated it twice; and the sentiments which he heard from the Lord Mayor and his distinguished guests, Lord Lansdown, Lord Palmerston, Lord Hardinge, Lord Denman, and others, must convince him that it is at this moment peculiarly the interest of France to cultivate friendship with a nation where the art of government is alone practised successfully, by upholding time-honoured institutions, proved to secure to its people not only invaluable rights, privileges, but contentment, wealth, and ease. Throughout my rambles in the north of France, I met with no republican at heart, sentiment, from habit, or wish, but on the contrary heard unequivocal expressions of disgust at the late change ; for the very evident reason that the condition of all is worse and no better for it. The official

organ

of government has just proclaimed that out-door relief must be given throughout the winter to 300,000 persons in Paris alone, one fourth its population, and the rate of relief is fixed at from twelve to fifteen centimes, or from three halfpence to two-pence a head; and to pay

this relief it will be necessary to have recourse to a loan, the excess of expenses already this year over receipts of municipal and parochial revenues being sixteen millions of francs (£640,000 which any fresh outbreak would increase. Happy ! happy England ! exclaimed I each day. A gentleman gave me one of Lamartine's republican rhapsodies on his country, to which I reciprocated with this of Tennyson's on mine; and with which I conclude my story :

“ It is the land that freemen till,

That sober suited freedom chose,

The land where, girt with friends and foes,
A man may speak the thing he will :
A land of settled government,

A land of just and old renown,
Where freedom broadens slowly down
From precedent to precedent.”

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TELESILE.

BY JOHN BAKER.

WITHIN a hall in Nanci's fortress town,

A maiden and a youth together stood; The sunbeam through the blazoned glass flung down

Its radiance on them, in a purple flood. Perchance, some twenty years had o'er them flown,

But time had fallen heavily on both,
For sorrow's hand had marked them for her own,

And in her deepest gloom they swore their troth. But yet they loved : and as the darkness rose

The thicker round them, still they loved the more ; Even as heated metal brighter glows

The darker be the shade that passes o’er.
Oh! 'twas a feeling surely sprung from heaven,

Pure as the first young love of man might be;
When woman to his aching heart was given,

And earth still flourished in its infancy.
And there they stood, -her head upon his breast,

As if she fain would nestle there for ever;
Their hands together with a fervor pressed,

As though no power should their entwining sever. And ever and anon you might have heard,

Like the south wind at eve, a low, deep sigh; And then from either, a delusive word That vainly whispered—“ brighter days are nigh!"

But hark ! amid the silence

What bursts on the ear ?
Why blanches the cheek

Of the maiden with fear ?
Why startles the youth,

As her hands from his fall ?
There's a cry ringing loudly,-

“ The foe's at the wall !"
While the chimes' backward peal

Spreads a thousand alarms,
And there soars o'er the tumult

The wild shout,-" To arms !"
As one that is drowning

In agony clings,
Her arms round her lover

In terror she flings;
As though in the clasp

Of that fervent embrace,
She would bind him for ever

And aye to the place.

While he well nigh wavered,

As closer he pressed Her half-fainting form

To his agonized breast; But it was but a moment,

For loudly and clear Burst the terrible sounds

Opce again on his ear. So pressing his lips

To her marble-cold face, Half frenzied he tore

From the maiden's embrace. And then, without daring

E'en one look around, He hurried away

As she sank to the ground; And speeding right on

Mid the rush to and fro,
He stands on the battlements

Gazing below.

There is Oriflamme streaming

Aloft on the air,
And arms brightly gleaming

In myriads there :
And plumes waving white

In the glare of the sun;
Alas! they'll be red

Ere the victory 's won !

Like waves on the sea-shore

They roll to attack, Like waves from the sea-shore

Again they fall back; While a handful of men

Stand opposed to the mass, Like the Spartans of old

At Thermopylæ's pass.
No ceasing -no flinching,-

But careless of life,
From morning to sunset

Continues the strife ;
Till, numbers o'erpowering,

They one by one fall;
And now, mid the roar,

There's a breach in the wall.

As a tempest-lashed torrent

That, bursting its bound, Foams along, spreading death

And destruction around, So poured they in Nanci.

And ere the day wanes, The place is in ruins,

Its people in chains.

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