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1535

LA FEMME,

Au surplus

FINET,
Qu'en tout temps il vous feryira ,
Et fera ce qu'il vous plaira.
Par mon serment, il est mignon.

LA FEMME.
N'est-il pas gentil compagnon,
Finet ?

FINET.

C'est un fin affiné,
Dę foupirer il n'a finé
Tant qu'on luy a parlé de vous,

LA FEMME.
Ton Maistre n'est-il point jaloux !
A ton advis ?

FIN ET

Je croy que non.
Posé qu'ayez mauvais renom,
Pas n'entend que luy faictes tort.

LA FEMME.
Il fe fie en moy le plus fort
Du monde,

FINEI.

Il a bien raison,

LA FEMME.
Femmes sçavent une oraison
Pour endormir maris.

Certe scene finie, les deux Neveux du Mari arrivent dans l'intention d'a- 1535. vertir leur oncle des mauvais déportemens de sa femme ; Finet qui entend leurs discours, en instruit la femme qui prévient son mari, de façon que lorsque les deux Neveux commencent à lui parler contre elle, il les fait taire ajoutant qu'il connoît la vertu de la femme ; & qu'il prétend qu'elle falle ce qu'elle voudra.

LE MARY.
Elle ira darriere, dela,
Tout
par-tout ,

à

mont, & à val, Son aller

pas travail : Allez , & ne m'en parlez plus.

Le I. NEVE U.
Elle ira doncques ?...
LE MARY.

Il est conclus,
Il ne s'en fault plus eschauffer.
Je donne à l'ennemy d'enfer
Le premier qui m'en parlera.

ne m'est

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IS 440

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COM É D'I E DES DEUX FILLES, ET DES DEUX MARIE'E S. (a)

Eux jeunes Filles, dont la premiere

ne veut point aimer , & l'autre a un Amant , paroissent sur le Théatre chacune d'elles soutenant

que

sa situation est préférable à celle de l'autre. Arrivent deux femmes mariées, dont la premiere est aimée par un jeune homme ; mais quoiqu'elle ne réponde

(a) Quoique cette pié- | ainsi que la Farce dont ce porte le nom de Co. nous parlons, & la suimédie , cependant on ne vante , font de la com: peur la placer qu'au rang polition de Marguerite des Farces , puisque la 1 de Valois , Reine de Na. véritable Comédje n'é varre,

& fæur de Frantoit pas encore connue , çois I. Voici les noms & que celle-ci n'a reçu des Personnages de cette

nom qu'impropre- | Farce, qui peut contenir ment; comme les Co environ neuf cent vers. médies de la Nativité, LA I. FILLE. de l'Adoration des Rois , LA II. FILLE. des Innocens, & du De LAI, FEMME, mariée. fert , dont nous avons LA II. FEMME, niariés. rendu

compte en parlant LA VIEILLE. des Mysteres , aa rang

LE VIEILLARD, desquels elles doivent ê QUATRE JEUNES $¢, Ces dernieres piéces, HOMMES

ce

point à fon amour , elle ne laisse pas d'éprouver l'humeur jaloufe de fon 15446 mari. La seconde aime son mari uni. quement mais par malheur pour elle, l'infidélité de cet époux la jette dans le désespoir. Pendant que ces deux fem mes se racontent leurs peines mutuelles , les jeunes Filles s'approchent pour apprendre le sujet de leurs larmes. Sur ces entrefaites , paroît une Vieille âgée de cent ans , dont elle en a passé vingt dans le célibat , autant dans l'état du mariage , & soixante depuis la mort de son époux. Les quatre personnes cidessus vont l'aborder , & la prient de leur donner conseil sur leur situation.

La Vieille après les avoir écouté très attentivement, dit à la premiéra Mariée , qu'elle prenne patience, que le tems effacera la jalousie de l'esprit de son mari ; mais qu'au cas qu'elle ne puisse pas attendre l'effet du tems, elle lui conseille d'écouter plas favorablement son Amant. Elle excire la seconde à prendre exemple sur son intfidéle, & à se dédommager avec un Amant du mépris qu'elle reçoit. A l'égard des deux Filles , elle prédit à la dédaigneuse , qu'un jour l'Amour

se vengera de ses froideurs. Et dit à la 1544• seconde, qu'elle doit s'attendre à

perdre son Amant, & à souffrir un tourment d'autant plus insuportable , qu'il surpassera le plaisir paffè. Ces quatre personnes ne voulant point ajouter foi à ces prédictions, traitent la Vieille de folle. Un Vieillard s'approche pour tâcher de leur faire entendre raison.

LE VIEILLARD.
Dames , li je ne suis deceu,
Trop grandement vous fourvoyez ,
Dont ceste Dame ne croyez.

Comme la dispute s'échauffe , quatre jeunes Hommes , attirés par

le bruit, viennent offrir leurs services

pour

la faire cesser.

LE I. HOM ME.
Que veult ce Vieillard à ces Dames ?
Qu'il est caduc, & defailly!

LE II. HOM ME.
Pensez qu'il veult sauver leurs ames,
Sant que de nous soit aislailly?

LE III. HOMME.
Pas n'aurons le cueur si failly
Que d'un Vieillard pousser & baterç.

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