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conclusion qu'ils doivent tirer de l'examen qu'ils en feront. Car il est certain que si le changement qu'ils ont fait est jufte & nécessaire, les mêmes raisons qui les portent à l'aprouver étant fait, les doivent porter à conclure qu'il le faloit faire : & qu'au contraire ce qui prouveroit qu'ils ne doivent pas se le. parer de l'Eglise Romaine , ni faire une nouvelle fecte dans l'origine du fchisme , prouve qu'ils n'en doivent pas demeurer separez , & qu'ils s'y doivent réunir.

Elle ne change donc proprement que leur imagination en l'empêchant de s'apliquer à quantité de raisons qui leur doivent être suspectes à eux-mê. mes, & ausquelles ils ne doivent poing avoir égard dans le choix du parti qu'ils ont à prendre. Ainsi elle n'a pour buc & pour effer que de les mettre dans la disposition où ils doivent souhaiter d'êu tre pour ne se pas tromper dans un ju. gement, où il y va de leur salut.

Qu'ils se representent donc cette se. paration dans la naissance même , & pendant les premieres années qu'elle s'est faite parmi les Suisses & dans la France. Qu'ils considerent d'abord tou

- C te

te l'Eglise d'Occident unie dans la confession d'une même foi, à l'exception de quelque reste de Vaudois cachez dans quelques coins de l'Europe. Qu'ils voient ensuite cette paix troublée par le soulevement & la revolte d'un petit nombre de gens , qui aïant attiré les peuples en les exemtant de l'observation de ce qu'il y a de penible dans les loix de l'Eglise ; & les Ecclesiastiques & les Moines par la permission de se marier , eurent le pouvoir de soustraire une partie de l'Europe à leurs Pasteurs ordinaires, & ensuite s'établirent euxmêmes Pasteurs des peuples qui les suivoient malgré l'oposition & les excommunications de l'Eglise qu'ils avoient abandonnée.

Il est bon de jetter ensuite les yeux sur les funestes suites de cette division, sur tant de guerres sanglantes qu'elle a produitės , sur tant de haines, tant de querelles qu'elle a excitées. Et l'ef. fer naturel que cette vuë doit produire, est de faire conclure , qu'afin de ne se pas rendre complices de tant de crimes par un choix temeraire & precipité , 'on ne sauroit aporter trop de precaution , ni trop d'aplication

dans dans une déliberation si importante.

Mais comme c'est de l'Eglise Romaine que ces prétendus Reformateurs sont sortis ; que cette Eglise écoit en possession dų ministere ; que c'est elle qui les avoit engendrez en JESUSCHRIST par les Sacremens, qui leur avoit mis les Ecritures entre les mains; qu'ils reconnoislent en elles de trèsgrands avantages au-dessus de leur nouvelle Societé, comme l'étenduë, l'antiquité, la succession du ministere; & qu'ils confessent eux-mêmes qu'ils se- Daille roient coupables du plus grand des cri- dans Codec

• Apologie mes , s'ils s'étoient séparez d'elle sans une necessité pressante & inévitable; il eft imposlible que l'on ne concluë de là, qu'à moins que ces gens ne fassent voir à ceux qu'ils sollicitent d'imiter leur séparation, qu'il est juste & nécessaire de les suivse en quittant l'Eglise Romaine , c'est une temerité criminelle que de s'engager dans leur parti , & que tour homme raisonnable doit de. meurer inviolablement attaché à la do.. ctrine & à la communion de l'Eglise Catholique, tant que l'on ne lui découvrira point une autre Societé qui mérite de lui être preferée.

C 2 Voilà

Cachomoine un prefere. C 2

Voilà ce que la raison oblige d'avoir dans l'esprit en commençant cet examen, C'est la préparation qu'elle prefcrit à ceux qui l'entreprennent; & ceux qui n'y auroient pas aporté cette difposition, auroient sans doute sujet de craindre que la corruption de leur ceur n'eût corrompu leur jugement. · C'est pourquoi le premier examen doit conlister à regarder si l'on y est effectivement, & li l'on est bien résolu de ne quitter jamais l'Eglise Catholique, à moins que l'on ne voie claire. ment qu'il y a une nécessité indispensable de la quitter , si l'on aprehende autant que l'on doit , d’être trompé par les artifices des novateurs; si l'on craint · la legereté & les tenebres de son pro

pre esprit ; si l'on aime sincerement l'u. nité, & li l'on regarde la division de l'Eglise comme le plus grand des malheurs..

Il ne sera pas difficile de persuader à ceux qui seront dans cette disposition, qu'avant que d'examiner dans le fond les raisons de ces nouveaux Docteurs -qui accusent l'Eglise Romaine de tant d'erreurs, il est utile de considérer d'abord s'il est juste & raisonnable de les

éccue écouter. Car ce seroit sans doute bien de la peine épargnée , si l'on pouvoit conclure des qualitez extérieures & incontestables qui paroillent en eux, qu'ils ne méritent pas d'être écoutez, On se délivreroit par là de l'embarras d'une discussion longue & ennuïeuse;& . l'on s'aflureroit tour d'un coup, ou qu'ils n'ont pas la verité de leur côté, ou que Dieu ne les a pas deftinez pour en instruire les hommes.

La justice de cet examen est toute évidente. Car comme c'est une chose penible & dangereuse , & même imposlible, que d'écouter tous ceux qui accusent l'Eglise d'erreur , & qui promettent de faire connoître la verité par l'Ecriture; je ne croi pas que les Ministres veüillent prétendre qu'on doive cette déference à tout le monde , & que tous les fideles soient obligéz d'entrer en conference avec tous les Anabaptistes, Sociniens, Armeniens, Trembleurs, Arriens, Nestoriens, Eutychiens qui font au monde. Il faut donc fans doute user de quelque dise cernement , & ne s'apliquer qu'à ceux. * dont on a sujet d'esperer quelque luiniere. :

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