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la Princesle Beatrix,& voyez fielle n'est pas semblable à celle

que Dom Alvare vous a vûë. Alors Osmin ayant tiré la sienne,

fienneles ayant examiné l'une & l'autte , & n'y trouvant nulle difference: Achevez de me persuader , lui dit-il en les ouvrant, & voyons si elles renferment aussi les mêmes choses. Dom Sanche n'hésita pas à le satisfaire, & les ayant ouvertes il trouva dans la fienne ces paroles.

Pour Alonze mon fils ,Isabelle de Portugal; & dans celle de Dom Sanche: Mon

fils emporte la pareille. Isabelle de Portugal. C'en est assez, dit-il alors, c'est trop long-tems douter de mon bonheur. Ensuite il pria Dom Sanche de l'instruire de l'Histoire de sa famille, & par quelle avanture on avoit découverc sa naissance ; Dom Sanche lui repeta tout ce qu'il avoit dic

à la Duchesse de l'Infantade; il lui apprit comment Dom Alvare avoit tiré d'elle un aveu favorable sur son amour pour la Princelle Almoradine , & il finit son récit

par tout ce qui s'étoit passé à Cordouë , avec Boadilly, en le suppliant de sortir de Grenade incessamment , puisque rien ne pouvoit l'en empêcher. Soyez persuadé, lui répondit ce Prince, que je ne balance point à quitter ces lieux, & que je ne retarderai mon départ,qu'autant de tems qu'il m'en faudra pour instruire la Reine de Grenade, & les Princesses de tant d'évenemens. A ces mots Dom Sanche lui remit les Lettres que Dom Alvare & Zé- . luma écrivoient à la Reine & à Felime. Dom Alonze les prit, & lui dit d'attendre ses ordres dans le Fort , dont il sortit peu accompagné, pour se rendre chez le

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Prince Abdelec ,'qui , croyant qu'il venoit pour soûtenir son parti,le reçut avec une joyeextrême.

Dom. Alonze le salia respectueusement,& l'ayant pris en par: ticulier, il lui apprit tout ce qu'il venoit de sçavoir ; & continuant de la forte: Vous voyez, Seigneur; que je suis obligé de toutes façons à me ranger du côté de Boadilly, puisque les Rois de Castille le loûtiennent, & qu'ils ont éré les Protecteurs de ma Maison. Si je n'avois point connu à Grenade d'autre Roi que vous, je ne balancerois

pas

à vous offrir mon bras ; mais vous le sçavez , Seigneur, le plus juste parti est celui de Boadilly , & le Traité qu'il vient de faire en Espagne mettra bien-tôt le vôtre en état de ne lui plus rélister ; je viens donc vous supplier par les boncés que vous avez toûjours euë pour moi, de

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quitter un engagement qui peut vous attirer le titre d'Usurpateur, & de me donner la permission de faire rentrer le Roi de Grenade dans l’Alembre ; ne foyez pas moins genereux que les Rois de Castille, & rendez votre nom immor el par cette illustre action. Si vous trouvez que ma temerité vous offenfe , je vous apporte ma tête ; heureux si ne pouvant vous servir, ma mort peut vous proúver mon zele & ma reconnoislan

ce.

Abdelec , de qui l'ame n'avoit rien que de grand & de magnanime, bien loin de s'irriter de la hardiesse avec laquelle Dom Alonze lui parloit, en eut de l'admiration , & l'embrassant avec tendresse:je rend lui dit-il, de ce qu'il a fait naître Osmin d'un rang dont je l'ai tolljours trouvé digne ; je louë votre

graces au Ciel,

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zele pour Boadilly, & je suis chármé que le changement de votre état ne vous ait point fait oublier mon amitié pour vous; allez, continua-t-il, genereux Prince, fecondez les efforts du Roi de Grenade , combactez & triomphez pour lui; si les Abinserages s'y veulent opposer, foyez sûr qu'ils prendront un autre Chef Prince Abdelec. A ces mots il l'enibraffa encore, & Dom Alonze assuré qu'il pouvoit combattre sans porter les armes contre le pere de la Princesse , se rendit aux Tours Vermeilles, où ayant afsemblé ceux qui pouvoient le servir dans son dessein, il se trouva à la tête de quinze cens hommes d'élite, avec lesquels il sortit du Fort , & fut joindre Boadilly qu'il engagea à sortir, & à prendre le chemin de l'Alembre, foutenus de la meilleure partie des Segris.

que le

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