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vare & Zéluma' étoient avec le Duc de l'Infantade, lorsque Dom Sanche fic sçavoir son retour, & l'ayant fait entrer , jamais douleur ne fut égale à la leur, en apprenant cet évenement imprévů. Zéluma pria le Duc d'assu-. rer Ferdinand qu'il étoit le maître de sa vie , ainsi que de la perfonne , & qu'il n'y avoit rien qu'il ne souffrît, pour lui prouver qu'il détestoie le procedé de Boadilly

Il vouloit qu'on envoyât dire à ce Prince ingrat que sa tête répondroit de celle de Dom Alonze; & la generosité parut si bien dans tout son éclat, que le Duc & Dom Alvare qui avoient befoin eux-mêmes d'être consoles & adoucis, se virent obligés de se contraindre pour calmer son jufte courroux.

Le Duc de l'Infantade fut con

firmer & décailler au Roi les nouvelles qu'il avoir reçuës , & la resolution fut prise à l'instant , de faire marcher l'Armée à Grenade,& de l'assiéger dans les formes, puisque la douceur & la clemence ne faifoient rien sur ces Infideles. Comme on avoit toûjours eu ce dessein, cout étoit prêt pour l'executer.Les ordres furent bientôt donnés, & l'on fut en peu de jours en état de faire trembler Boadilly. Ferdinand instruit des sentimens du Prince de Grenade, lui fit dire qu'il ne le confonderoit jamais avec fes ennemis, & qu'il le laisseroit à la Cour sur sa parole.

Ce Monarque voulant profiter du trouble de Grenade , fic partir le Comte de Tendille avec fe nombre de troupes necessaires pour contenir dans le devoir les villes noavellement conquises. Ponce de Leon, pour lors Duc d'Arcos, Dom Alvare & le Marquis d'Aguilar, chacun à la tête d'un détachement , furent commandés

pour
brûler &

couper tous les endroits d'où Grenade pouvoit tirer des vivres & dusecours; & enfin Ferdinand luimême en personne, s'avança avec une Armée formidable jusqu'aux pieds des murs de cette ville.

La guerre intestine qui y regnoit, facilita tous les desseins du Řoi de Castille. Les Zégris & les Abinserages recommencerent à l'approche de l'ennemi , leurs combats sanglanss & bien loin de défendre leurs murailles, ils s'animoient à perir de leurs mains plutôt que de celles des Espagnols. Le peuple effrayé de la dilette qui commençoit à se faire fentir, crioit sans cesse qu'on le rendîc à Ferdinand. L'horreur,

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le sang,le carnage & l'effroi s'augmentoit à toutes heures dans la ville , tandis

que

le Roi de Cafe tille, l'attaquoit vigoureusement, les Zegris & les Abinserages s'étant presque tous tués les uns & les autres.

Il restoit si peu de monde pour la défendre , qu'elle commençoit d'être aux abois, quand le foible Boadilly voulut faire un dernier effort pour la secourir. 11. sortit de l'Alembre avec le Prince Almansor , suivis des troupes qui gardoient le Palais, pour encourager les siens par la présence. Abdelec se joignit à eux avec un bon nombre de ses amis; mais bien loin que cela fîc l'effet qu'ils en attendoient, ce qui restoit des Abinserages les repousserent avec vigueur jusqu'à la Place de l'Alembre,où ils engagerent uncombat qui dura près de deux heu

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res. Les Princes Almansor & Ab delec y perdirent la vie ; & Boadilly blessé dangereusement, rentra en défordre dans le Palais.

Cette derniere défaite contraignit Almahide, les Princesses Félime & Almoradine, accompagnées des principales Dames de Grenade , qui s'étoient retirées dans l'Alembre comme un afile sacré, de se jetter aux pieds de Boadilly pour le résoudre à rendre la ville à Ferdinand, avant qu'il y f.it forcé par les horreurs d'une famioe inévitable. Ce Prin. ce accablé de ses malheurs, se voyant fans fecours , & même mourant, reconnut fa faute, mais trop tard; & donnant de sinceres marques de son repentir : Hé bien, Madame, dit-il à la Reine, faites délivrer Osmin,& qu'il aille lui-même annoncer au Roi Ferdinand , que je lui cede l’Empire

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