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PRÉ FACE.

L

Es Préfaces fubfiftent malgré tout ce qu'on a dit

pour les décrier. Peut-être en est-il à cet égard comme des complimens, on en est ennuyé, & on en veut. En vain un Auteur se croiroit-il dispensé de cet appareil

par le peu d'importance de fa production : ce feroit encore pour

lui un devoir de bienséance de le faire sçavoir au Public, pour ne pas se donner des airs de lingularité : & cet aveu que seroitil autre chose qu'une Préface? N'est-il donc pas plus à propos de mettre à profit ce qu'on ne peut refuser à un usage autorisé pour présenter du premier abord avec le plus de netteté qu'il est poslible,le dessein qu'on a en vûe & écarter , s'il se peut , les im

و

pressions , souvent peu justes & toujours à craindre, que le titre seul d’un Ouvrage est capable de faire sur les esprits, relativement à leur differente disposition ?

Celui de ma premiere Dissertation, ( que j'avois intitulée Dif cours ou Dissertation, pour qu'on choisît des deux termes celui qui conviendroit le mieux & non pour qu'on les y mît tous deux ) pourroit faire penser à bien des gens, qu'elle ne sçauroit être qu'une inutile répétition de cent objections frivoles & déja cent fois confondues, contre une théorie démontrée, en un mot, contre les prétendus principes de Newton. On se tromperoit : je n'ayance rien d'aussi fort contre les Attractions, que ce qu'en a dit Mac-laurin , l'un des Géometres qui a le mieux entendu Newton , qui a le plus approfondi fa théorie & qui l'a expliquée avec le plus de précision. On peut voir

dans son Exposition des Découvertes Philosophiques de Newton, Liv. II. chap. 1. art. 15. & 16. avec combien de vivacité il reproche aux adversaires de ce grand homme d'avoir pris le prétexte injuste de l'usage qu'il fait du terme d'Attraction pour déprétier fa doctrine , en lui imputant faussement des opinions semblables à celles de quelques ignorants , qui s'imaginent que les corps peuvent s'attirer les uns a les autres par quelque charme ou quelque vertu inconnue, ou bien qu'une tendance mutuelle este esentielle à la matiere ; tandis que Newton assure ou insinue toujours qu’un corps ne peut agir sur un autre qui est éloigné, que par l'intervention des autres corps.

Cependant le Public ne laisse pas d'honorer du nom de Newtoniens des Philosophes qui ne craignent pas de prêter de telles idées à Newton déprétier sa doctrine par leur ab

non pour

furdité, ce que fes ennemis ont tâché de faire , mais plutôt pour en faire disparoître l'absurdité par l'éclat & le relief que le nom seul de Newton feroit capable de leur imprimer.

C'est uniquement contre ces fortes de charmes, de tendances, de vertus inconnues & mystérieufes, defayouées par Newton', rejettées hautement par Mac-laurin, que j'ose élever ma voix, & apporter quelques nouvelles raifons , qui serviront peut-être à en faire mieux connoître la contradiction & l'inutilité. J'ai fait remarquer dans mon Traité de l'Im- .. matérialité de l' Ame, &c. contre Locke, de quelle façon ces charmes, une fois introduits dans la matiere, deviennent entre les mains de quelques Philosophes comme un voile spécieux propre

à couvrir toutes les facultés: dont il leur plaît d'enrichir cette substance.

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