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OE U VRES

DE
M. BOILEAU
DESPREAUX,

AVEC
DES ECLAIRCISSEMENS

HISTORIQUES,
NOUVELLE EDITION REVUE

á corrigée.
TOME PREMIER

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A PARIS,
ez BARTHELEMY ALIX, Libraire,
- rue S. Jacques, au Griffon.

M. DCC. XXX V.
AVEC PRIVILEGE DU ROY.

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AVERTISSEMENT

DU LIBRAIRE O N fait combien M. l'Abbé Re

naudot & M. de Valincour, tous deux de l'Académie Francoise. étoient intimément liés avec M. Des préaux. Quand les Remarques sur ses Oeuvres imprimées à Genève en 1716. parurent , ils s'enfermérent quelques matinées pour les lire. Le zéle dont ils étoient animés pour la gloire de leur illustre Ami , leur fit craïonner impitoïablement tout ce qui parut la blesser dans ce vaste Commentaire. Ils corrigerent tout ce qui n'étoit pas d'une exacte verité dans plusieurs Remarques ; ils en abregerent un grand nombre, & suprimérent entièrement toutes celles qui n'étoient d'aucune utilité pour l'intelligence de l'Auteur.

Tom. I.

Une Dame de leur connoissance emprunta d'eux l'Exemplaire sur lequel ils avoient fait leurs corrections; & ce même Exemplaire m'étant tombé dans les mains, des connoisseurs à qui je l'ai communiqué m'ont assure que je ne pouvois mieux faire que de m'y conformer. Car, m'ont-ils dit, il n'en est pas de la Poësie conme des Ouvrages historiques ou dogmatiques. A l'égard de ceux-ci, les notes d'un Commentateur peuvent ệtre utiles sans jamais pouvoir nuire. Mais la Poësie , qui veut être luë de suite, ne souffre de notes , que celles qui sont absolument nécessaires pour lentendre. Les notes fuperfluès, quoi que savantes d'ailleurs & bien écrites , partagent trop l'attention du Lecteur , & ne font qu'éteindre mal à propos fon feu.>;

Je me fuis donc déterminé sans peine, à suivre ici l'Exemplaire des deux célébres Académiciens , en ce qui concerne les Remarques.

Pour les imitations, je les ai conservées avec respect, surtout cel les qui sont tirées d'Horace & de Juu vénal. M. Despréaux lui-même se faifoit honneur de s'être enrichi des de poüilles de ces deux anciens Poëtes, & bien loin de rougir de ces ingénieux laroins, il ofoit en proposer le défi à ceux de ses Adversaires qui les lui reprochôient. Ces imitations en effet ne font point des imitations ferviles; dont on doive se défendre. Les Ges nies bmédiocres traduisent les bons Auteurs plâtôt qu'ils ne les imitent n'aïaat pas affez de feu pour fondre la matiére, ils sont réduits à la louder grossiérement. M. Despréaux au contraire savoit s'approprier les pensées qu'il empruntoit des autres : il les créoit en quelque førte , & ne manquoit jamais de les embellir en les emploïant. Ses imitations sont donc des modeles , que je me serois fait un icrupule decretuler aux jeunes Poëtes , & même aux autres Ecri. vains en tout genre.

Quant aux changemens, je les ai

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