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TRAG EDIE:
Tout vers son châtiment me porte avec ardeur ,
Et j'ai d'Archélaüs inandé l'ambassadeur.
Loin d'accomplir ici cette union qu'il presse,
Je vais entre ses inains remettre la Princesse :
Mais prêt à l'éloigner de ce fatal séjour,
Jepuis me soulager , & révéler au jour
Un feu qui me consume , & que mon cæur condamne..
Oui, je sens que je l'aime. Entr'elle & Mariamne.
Partagé tour à tour , ou plûtôt déchiré,
Brûlé de nouveaux feux, de douleur pénétré,
Agité de remords , de desirs. & de crainte, ,
Je souffre sans espoir , & j'aime avec contrainte-
N'irritons point du Ciel l'implacable rigueur ;
Si je vois Ġlaphira , je crains tout de mon cæur.
Sans doute l'on diroit: qu'une niain vengeresse :
Afassine le fils pour ravir la maîtresse.
Peut-être l'univers l'attend avec effroi,
Et le crime du moins en est digne de moi.
Déjaj'ai soulevé les nations entieres....

SCENE V I..
HERODE, SALOME, ACHAS::

A CH AS.
Eigneur, je viens sçavoir vos volontez dernieres:
Le Conseil les attend, tout prêt à prononcer..

HERODE.
Et croit-il que mon cœur puisse encor balancer?
Et que déliberant où le crime décide ,
Ma pitié dangereuse épargne un parricide ?:
Non, non , les attentats ne sont que trop.certainsa,
Le Conseil a reçu ines ordres souverains ;
Contre ce fils ingrat c'est à lui de les suivre::
A les arrêts sanglans ma justice le livre;

M

Et j'en attens ici ce qu'exige à la fois
La raison, la nature, & le Trône & les Loix.
Vous, Madame , suivez le soin qui vous inspire;
Un moment seul ici souffrez que je respire.

SCENE VI I.

HERODE seul. M Es soins pour t'appaiser ont été superflus , IV Fils ingrat ! Mais bientôt je ne te craindrai plus. Mais tout à coup en moi quel mouvement s'éleve? Quel trouble me faifit? Pere cruel acheve; Laisse agir le Conseil. Après ce que tu fis , Il ne te manquoit plus que d'immoler ton fils. Contre toi des Enfers arine encor la colere: Joins son Ombre sanglante aux Manes de fa mere. Et des Rois ses ayeux déchirez & meurtris, Dans la nuit du tombeau réveille encor tes cris. Mais cependant pour lui quelle pitié m'abúse? Et forme un sentiment que l'ingrat me refuse ? J'ai détourné son brás tout prét à le venger : Dans le sang de son pere it alloit le plonger. Arrête. Que dis-tu ? sa fureur te condamne! Ton crime a fait le sien : bourreau de Mariamne! N'impute qu'à toi seul son courroux obstiné. Que dis-je ? en plein Sénat par toi-même trainé, Vi&time de l'envie & de ton injustice, Tes cris ont demandé la perte , & son suplice? Rome fremit encor de tant de cruautezi Et même sans égard à la foi des traitez, Tu suspens un hymen que son amour espere. A ces traits a-t-il dû reconnoitre fon pere? Qu'attendois-tu d'un fils accablé sous tes coups ? Il mourra cependant. Inftruit de ton courroux .

Le Conseil contre lui va suivre ses maximes;
Et même en un besoin lui trouveroit des crimes.
Malheureux!qu'attens-tu de l'équité des loix ?
Regnent-elles toujours dans le conseil des Rois ?
Leur sentiment ouvert & le regle & l'entraîne ;
Notre volonté seule est la loi Touveraine:
Victines d'un pouvoir qui peut tout allervir ;
On veut nous satisfaire, & non pas nous servir.
Non, tu ne mourras point : j'en jure par ce trouble,
Qu'en mon cæur éperdu chaque inoment rédouble:
La nature, entre nous divisée aujourd'hui,
Exige plus de moiqu'elle n'a fait de lui.
Et vous moyens crucls, bien plus que légitimnes,
Appuis de la fortune , & source des grands crimes,
Qui donnez aux forfaits le dehors des vertus,
Dures raisons d'Etat , je ne vous connois plus.
Mais on vient : c'est Achash

S CE N E III.
HERODE, ACH A S.

HERODE.

Ue venez-vous m'apprendre ? Parlez , Achas, quel est le destin d'Alexandre?

A C H A S. .. Seigneur, dans le Conseil en tumulte assemblé, Alexandre introduit , sans paroître troublé, Plus fier méme d'un sang que le reproche offense; D'abord a dédaigné le loin de la défense; Traité nos Jugemens de criines, d'attentats; Irrité la Fortune , & bravé le trépas : Il plaignoit seulement le sort de la Princesse.

HEROD E. ele yois. Søn orgueil l'accompagne sans cesse:

Mais qu'a-t-on resolu?

ACHAS.

Quelque teinps incertain,
Le Conseil agité balance son deftin.
Après un long amas de raisons ordinaires,
De propos contestez, de maximes contraires,
Soit que d'ailleurs, Seigneur, de légitimes droits
Des Jugemens humains sauvent le lang des Rois,
Que le Ciel soumet seul à sa Loi souveraine ;
Soit que present encor le meurtre de la Reine ,
Source de tant de pleurs, suivi de tant de cris,
Dans le respect alors tienne tous les esprits
Soit qu'enfin de nos Rois on respecte la cendre,
Tout le Conseil conclut au pardon d'Alexandre..

HERODE
Ainsi donc le Conseil pour lui s'intéressant,
Dans son crime surpris le retrouve innocent??
Je l'avouë, étonné de ce commun fuffrage,
J'ai cru que son salut deviendroit mon ouvrage.

A C H A S.
Chacun de nous , Seigneur , quelqu'ordre rigoue

reux Qui lui semblât proscrire un Prince malheureux, A cru voir dans le Roi la clemence d'un pere.

HERODE. Non, non, j'ouvre les yeux, & la raison m'éclaire. Mon cæur, pour. un ingrat trop prompt à se trou

bler, Par ayance pour lui ne devoit point trembler. ' J'ignorois pour ce fils l'ardeur de votre zéle. Je ne sçai quel penchant favorise un rebelle...... Devois-je me fatter de pouvoir plus sur eux, Qu'un fils, dont l'esperance entraîne tous les væux ? Que Rome favorise, & que chacun oppose A ces tristes retours où l âge nous expose? . C'est peu qu'en fa faveur on yiole la loi....

: ACHAS.

S. Quoi , Seigneur , vous croyez ....

H-ERO.DE.

Perfide, je le voi, En le justifiant, c'est moi que l'on condamne; C'est mon sang qu’on immole au fils de Mariamne.D'un projet criminel complices en effet, Ingrats-, votre faveur prépara son forfait.

ACHAS. Hé voulez-vous , Seigneur , qu'un Arrêt sanguinaire .....

HERODE. Je. sçai de vos pareils la conduite ordinaire. D'une infidelle Cour les væux intéressez Entre Hérode. & son fils ne sont plus balancez:: Et fatiguez d'un Roi , dont les destins s'achevent'; Vers cet aftre naissant tous vos regards s'élev ent. Indociles au joug qui vous tient abattus, Votre malignité lui prête. des vertus : Un long regne vous pese & lafle votre hommage js. Et de la tyrannie il a pour vous l'image: Chacun forme à son gré fon sort dans l'avenir , Et sous un nouveau regne on croit tour obtenir. Espérances sans borne , & toujours indiscretes ! Eh! ne sçavez-vous pas, aveugles que vous êtes ,.. Qu'un Prince sur le Trône attendu, souhaité, N'est plus en y montant tel qu'il avoit été ? Que le Trône a ses mæurs qu'en vain chacun el

pere? Qu'en nous l'ingratitude est souvent necessaire ? Que de raisons d'Etat formant toutes nos Loix, Les crimes des sujers sont des vertus aux Rois ? Combien, contre mon gré, pour calmer des tem,

pétes , Ai-je versé de sang, & fait voler de têtes? Solime à peine encor.commence à respirer..

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