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Sous le glaive fanglant du Philistin barbare
Plûtôt perir cent fois , que d'avoir consenti...

SCENE II 1. SAUL, MICHOL , ASSER, ELISE ,

GARDE S.

SAUL.

A Fille , il en est tems , prenez votre parti. IVI Le Philistin triomphe. Ainsi le Ciel P'ordonne. Vaincus & renversez, tout fuit, tout m'abandonne. Le Ciel de mes desseins jusqu'au bout s'est joué, A mille coups mortels je me suis dévoué, Je cherche en vain la mort, tout trahit mon envie. On en yeut à ma gloire, & non point à ma vie. Sanglant & desarmé, dans mes pas incertain, Errant par tout, d'un Fils j'ignore le destin.

(à Asser.) Sans doute il ne vit plus. C'est toi seul qui me restes, Heureux de te trouver dans ces momens funestes. J'espere au moins qu’Asser ne me trahira pas; Viens, frappe; c'est de toi que j'attends le trépas.

ASSER.
De moi, Seigneur !

MICHOL.
O Ciel! qu'en osez-vous attendre ?

SAÚL.
Et vous de vos efforts que pouvez-vous prétendre?
Ah ! laissez-moi du Ciel assouvir le courroux;
C'est le dernier respeĉ que j'exige de vous.

(à Aser.) De ton bras, cher Affer , j'implore l'affistance.

Qu'attens-tu!

Qu'attens-tu ! Montre-inoi par cette obéissance,
En m'accordant la mort que j'espere de toi,
Que Saül regne encore, & que je meurs ton Roi.

ASSER.
De mon respect, ô Ciel! quelle épreuve sanglante !
Que me deinandez-vous! & quelle est votre attente?
Sans yous trahir , Seigneur, puis-je vous contenter?

MICHOL.
Et qui sur votre vie oferoit attenter?
Vencz, venez plutôt; & dans quelque contrée
Sauyons, Seigneur , fauvons votre tête sacrée.
Nous le pouvons. Tandis qu'à sa proye occupé,
Votre Ennemi vous croit sans doute enveloppé,
Par Afser en ces lieux cette Garde conduite,
Invincible rempart, aflûre votre fuite.

SAUL.
Hé voudroit-on qu'à fuir je fusse condamné?
Que dis-je ? il n'est plus tems. Par tout environné,
Le Ciel ne m'offre plus qu'une mort salutaire.
D'un Sceptre malheureux fatal dépositaire,
Prétend-t-on que trainé par de honteuses mains,
J'aille foüiller en moi l'honneur des Souverains?
D'un reproche éternel , d'une indigne mémoire,
Sauve mon sang , toi-même, Israël, & ma gloire ;
Et ta pitié cedant à de nobles efforts,
Laiffe-moi confondu dans la foule des morts.

A SSE R. Je dois songer plutôt à me frapper moi-même, Votre malheur est grand , mais lemien est extrême: Peut-être leul auteur du coup qui m'a perdu, Je vois de toutes parts mon elpoir confondu. Quelques maux cependant que le Ciel nous envoye, Pour sortir de la vie il est une autre voye. C'est à moi de la suivre , & je cours sans effroi, A ma gloire du moins rendre ce que je doi.

Il fort. Tome I,

S A UL.
Je t'entends , & je cours sur tes pas. :::
MICHOL.

Ah, mon Pere! '. 'S AUL, des Gardes s'avancent.

On m'arrête , & qu'est-ce qu'on espere? Quoi donc ? tout me trahit?

eur

Áh , Seigneur !

SCENE IV. SAUL, MICHOL, ELISE, . UN ISRAELITE.

.: L'ISRAELITE.

Eigneur , qae faites-vous ? D'où vous naît ce transport & cet ardent courroux, Tandis que Jonathas brûlant pour votre gloire, Aux Philistins encor difpute la victoire, Signale la valeur par des coups éclatans. ..

SAUL. Quoi, mon Fils yit encor ? Ciel! qu'est-ce que j'en

tends ? mi L'ISRA ELITE. Il vit, & fon ardeur qui n'est que trop connuë, . Par up secours puissant d'ailleurs est foutenuë. Un Dieu, de Jonathas semble être encor l'appui..

SAUL.. Secourons-le, ou du moins ne mourons qu'avec lui. Le plus affreux peril n'a rien qui m'épouvante. Courons. Mais quel objet à mes yeux se presente? Ne me trompai-je point ? & qu'est-ce que je voi?

· MICHOL. Dieu tout-puissant!

SCENE V. SAUL, MICHOL, DAVID,

ELIS E.

DAVID.

Aignez vous confier à moi, Seigneur. De tant d'horreurs sauvé malgré vous

même,
Eprouvez jusqu'au bout cette faveur fuprême.
Acceptez de mes Juifs le malheureux débris,
Qui tout couvert du fang de vos fiers ennemis,
Peut encor vous sauver , & vous, & la Princesse;
Mais les momens font chers & le peril vous preffe.

SAUL.
O vertu que j'admire autant que je la crains !
Redoutable instrument des décrets souverains !
Quoi ! lorsque sur mon Fils , à mon ame éperduë,
Toute esperance encore alloit être renduë. ....

DA VID.
Ne demandez qu'au Ciel le sort de Jonathas.

SAU L.
Achevez.

DA V ID.

Siceleg , Seigneur , vous tend les bras: Je puis vous y conduire, allons,daignez me suivre, Prevenez les inalheurs où ce grand jour vous livre.

SAU Ľ.
Non, non de Jonathas je veux sçavoir le forta

Gjj

Allons , il n'est plus tems. O Ciel ! mon fils eft

inort. C'est Achas que je vois..... .

SCENE DERNIER E. SA UL, MICHOL, DAVID; ELISE, A CHA S.

ACHAS.

SA désobéissance, D'un Heros malheureux embrassoit la défense, Lorsque dans le combat que le Ciel a permis, Il tourne ses efforts contre vos ennemis, : A ce nombre de Juifs dont la terre est couverte, Il ne se croit que trop instruit de votre perte. Aller même à ses yeux percé de mille coups , Ne lui laifloit , Seigneur, aucun espoir sur vous. Mais lui-même indigné de ses propres allarmes : il faut du sang, dit-il, c'est trop peu de mes larmes. . De vos Juifs aussi-tôt ralliant les débris, Il flatte leur courage , & vole aux ennemis. Bientôt par la presence à vaincre accoutumée, Il attire sur lui les forces de l'armée. Son bras en soutenant l'effort de toutes parts, De mourans & de morts s'étoit fait des remparts. Mais que peut la valeur , quand le nombre l'accable? Il subit de son sort l'arrêt irrevocable; Et plus fier d'un peril qui les faisoit pâlir, Dans son triomphe alors semble s'ensevelir.

SA UL. Il est wort!

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