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Je pars demain pour trois semaines.

LA B A R O N N E. Quoi, si promptement!.. Allons, madame, je vous laisse, car sûrement vous avez de

grandes affaires ici....

LA MARQUIS E. Mais , madame, moi-même n'ai-je pas troublé les vôtres ?

L A B A R O N N E. Je n'étois venue ici que par hasard, comme vous le croyez bien. ...

JOSEPHINE, à la baronne. Madame n'a-t-elle pas dit qu'elle vouloit emporter fa robe ?

LA BARONNE, séchement. Non; gardez-la. ... JOSEPHINE , prenant le jupon qui est resté sur

le comptoir.
Il faut ôter ce jupon de deffus ce comptoir.

LA MARQUISE regardant le jupon.
Ah, cela me paroît charmant !...

JOSEPHIN E. Il y aura des rubans couleur de chair dans les creux...

M ARQUIS E.
Et cette robe est à madame?...

LA

LA

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B A R O N N E. Vous la trouvez peut - être un peu jeune pour moi ; mais c'est une fantaisie de madame Dupré... LA MARQUISE regardant toujours le jupon. C'est une fantaisie très-gaie. . . JOS E P HIN E à

part, Risible même....

LA B A R O N N E. Adieu , madame ; je suis charmée d'avoir eu l'honneur de vous rencontrer : mais, je vous en prie, ménagez votre santé, afin de nous rapporter cette charmante fraîcheur que vous aviez.

LA MARQUIS E, en souriant. Quel prix doit-on attacher à un agrément que trois mois peuvent faire perdre ?

B A R O N N E. Mais la santé est une chose si précieuse!... Mademoiselle, vous direz à madame Dupré qu'elle vienne me parler demain. Adieu, ma. dame. (Elle sort.)

LA

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SCENE V.

LA MARQUISE É les jeunes filles , qui

viennent toutes auprès d'elle.

JUST IN E. Mais où prend - elle donc que madame la marquise est changée?...

JOS E P H I N E. Elle avoit bonne envie de dire qu'elle étoit enlaidie , je vous en réponds.

LA MARQUIS E. Ma chere Justine, j'aurois bien voulu voir madame Dupré. J'ai besoin d'une feminie-dechambre, je voudrois la tenir de la main ; eile est fi honnête , madame Dupré!.... Comment se porte-t-elle?

JUSTIN E A merveille, madame, Dieu merci..... Elle est allée chez madame de Clémont. ...

LA MARQUIS E.
Chez ma mere?

C'est sûrement pour mon affaire. Mais j'en ai encore une autre. J'ai amené avec moi une pauvre petite paysanne,

qui a , je crois ,cinq ou six freres , & je voudrois que madame Dupré la prît chez elle.

JUST IN E. Pour apprendre les modes ?

LA MARQUIS E. Oui. Elle n'a que quatorze ans , & elle est tout-à-fait gentille, bien douce, bien modeste. Elle a fait des pleurs en quittant son pere & fa mere !.... Pauvre petite, elle est réellement intéressante. Je suis sûre qu'elle conservera ici un bon cæur, de la piété & des mours pures; & madame Dupré me rendra un vrai service en s'en chargcant.

J S T I N E. Eh, mon dieu , madame, certainement elle la prendra avec plaisir. Madame Dupré est fi dévouée à madame la marquise ..... qu'elle a vu naître, à qui elle doit tout!....

LA MARQUIS E. Je l'aime aussi de tout mon cæur ; & fa bonne mere, comment est-elle ?

JUST IN E. Parfaitement bien.

LA MAR QUISE , regardant Isabelle. Voilà une jeune fille que je ne connois pas.-: IS A BELLE, faisant la révérence. Je ne suis ici , madame, que depuis trois semaines.

JUSTIN E. Ah , madame, c'est une jolie enfant !.. Elle a une mere qui travaille en linge pour les gens du commun, mais qui pas moins gagnoit sa vie tout doucement, quand, par malheur, elle a eu une maladie de langueur, & s'est vue réduite à la derniere misere : alors cette jeune personne s'est mise servante de peine chez une bourgeoise qui demeure ici près , & tous les jours elle portoit son dîner & son fouper à la mere; & puis, quand fa mere est devenue plus malade , elle passoit les nuits à la veiller , sans se vanter de cela ; de façon qu'on ne l'a découvert qu'au bout d'un certain tems. La pauvre fille étoit devenue maigre comme du bois , janiais ne se plaignoit, & travailloit toujours. Enfin madame Dupré ayant appris tout cela , s'est chargée d'Isabelle & la traite comme sa fille.

LA MARQUISE, regardan: Isabelle. O la charmante enfant!...... Venez ici, ma chere Isabelle ...... Mon dieu, que je la

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