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étendre qu'à abréger la liste de ses devoirs. Je m'en fais un de succéder à fon zele, & d'ambitionner au moins ce mérite , le seul qui soit en mon pouvoir. L'Académie ne sentirá que trop d'ailleurs toute la perte qu'elle a faite en lui. Cette

perte

est

trop grande pour me permettre de m'occuper ici de celle que j'ai faite moimême ; je ne pourrois parler qu'avec douleur de l'amitié qui nous unifloit l'un à l'autre ; mais en n'écoutant même des Lettres & de cette Compagnie , je puis dire avec vérité

que personne ne le regrette plus que moi, parce que personne n'a mieux su que moi combien cet intérêt lui étoit cher.

L'Ouvrage que je me propose de continuer , doit avoir deux objers; le récit des faits généraux qui concernent l'Académie , &

que l'intérêt

A

l’Eloge des Membres qu'elle a perdus. Le premier objet offre jusqu'ici peu d'événemens. Bien loin de nous plaindre de cette stérilité historique, regardons-la comme le bien le plus desirable pour une Compagnie Littéraire: la sécheresse de ses Annales, est le témoignage précieux de sa tranquillité intérieure ; heureux les Corps dont l'Histoire est

ainsi
que

les Peuples dont l'Histoire ennuie ! Le second objet, l'Eloge des Académiciens, offre plus de champ, de variété & d'intérêt, mais n'est pas sans écueil pour

l'Historien. Ceux dont il doit parler sont déjà jugés sans retour par ce Public redoutable, qui commence quelquefois par

être séduit, mais qui finit toujours par être juste : tous les noms de nos prédécesseurs sont inscrits dans le grand livre

courte

de la Postérité, à la place qu'ils méritent; & cette place n'est pas toujours également favorable à leur mémoire. Pourquoi l'Académie le dissimuleroit-elle ? Pourquoi même en craindroit-elle le reproche , comme si chaque place vacante pouvoit toujours trouver à point nommé un mérite éminent pour la remplir, & comme si les circonstances , qui so trouvent quelquefois contraires aux intentions les plus louables, nous avoient toujours permis de suivre dans nos élections la voix publique & le veu des Gens de. Lettres ? L’Historien de la Compagnie , obligé de parler de quelques Membres,qu'elle a plutôt reçus qu'adoptés, se trouve preffé , pour ainsi dire entre les Manes de fon Confrere , dont il doit ménager la cendre, & la vérité, plus respectable que toutes les Académies.

fractaires,

D'ailleurs,il a souvent à distinguer le Public vraiment éclairé, qui doit

guider sa plume , d’avec cette multitude aveugle & bruyante , qui croit fixer les rangs parce qu'elle se mêle de les donner, très-jalouse néanmoins qu'on se soumette aux arrêts sans appel qu'elle prétend avoir rendus , & toujours prête à accabler les ré

sinon

par

la force de ses raisons , au moins par celle de ses clameurs. Il faut savoir la contredire sans trop paroître la combattre, & ménager sa vanité. en déclinant sa jurisdiction.

M. Duclos a rendu compte dans une Séance publique, des principaux faits qui appartiennent à l'Histoire de l'Académie, depuis- l'année 1700 jusqu'à nos jours. Ce récit , femé de traits philosophiques & piquans , tels qu'il savoit les répandre sur tout

ау

ce qu'il écrivoit , a été écouté avec le plaisir que nous avions toujours à l'entendre, & que nous n'aurons plus. Quant à l'Eloge des Académiciens morts depuis cette époque, mon illustre Prédécesseur n'avoit fait encore que celui de M. de Fontenelle qui après avoir si bien loué les autres, méritoir de trouver dans M. Duclos un Panegyriste plus éloquent que noi. Que ne m'a-til dispensé de même d'avoir à louer un Despréaux, un Fénelon, un Bossuet, un Masfillon, un Montesquieu , & tant d'autres Académiciens célebres, que ce fiecle a vus disparoître ? Puisse au moins la Compagnie n'avoir de long - temps à pleurer d'autres pertes, qui seroient un nouveau malheur pour elle, & un nouvel écueil

pour moi (1)! (1) Ce malheur est arrivé le 30 Mai 1778, par la mort de M. de Voltaire.

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