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mapasotw Biblion do thin Rest.
LES LEÇONS

.DE
LA SAGESSE
.. SUR LES
DÉFAUTS DES HOMMES, .
- PREMIÉRE PARTIE,
Dans laquelle on traite des Préjuges qui font
souffrir pour des offenses imaginaires, &
des raisons de supporter les offenses même
quon suppose réelles. .

Par Mr. DEBONNAIRE.
NOUVELLE ÉDITION CORRIGÉE.

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Suivant la Copie imprimée

A PARIS,
Chez BRIASSON, Libratre, rue Saint-Jacques,

à la Science & à l'Ange Gardien.

M. DCC. LVIII.
Avec Approbation & Privilege du Roi.

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I

INTRODUCTION, qui contient une idée générale

I du sujet & du plan de cet ouvrage, page i

I. Leçon. Ce sont nos préjugés qui causent nos plus

vives sensibilités, sur ce que nous souffrons de la

part des hommes. Source de ces préjugés. Idée gé-

nérale de la nécesitė de les approfondir, & de l'lto

tilité de ces premieres considérations,

II. Leçon. L'antipatie nous fait juger mal des ac-

tions par les personnes. Tout nous déplait dans ceux

qui nous déplaisent. L'excuse de l'impatience en fait

alors le crime. On n'est malheureux que parce

qu'on n'aime point ce qu'on doit aimer, 9

III. Leçon. L'amour-propre s'établit comme le cen-

tre du monde : il veut que tout le contente , & que

tout soit content de lui. L'excès de son injustice fait

celui de ses touriiiens,

18

IV. Leçon. Le mérite personnel ajoute aux pré-

ventions de l'amour-propre. Toutes nos plaintes à

ce sujet font fondées sur l'idée d'un faux mérite.

Le véritable est rare & toujours imparfait. Il ne

Je plaint de rien, quand il a fie se bien connoître,

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V. Leçon. Le fort des envieux.& des jaloux est de

Souffi ir plus des bonnes que des mauvaises qualités

des autres. Leur impatience paroit d'autant plus

incurable , qu'elle est plus injuste. Mais la rcflource

de leur passion, c'est de chercher son grand reméde

· dans sa grande injustice,

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VI. Leçon. Personne ne se plaint avec plus de hau.

teur & moins de raison que ceux qui s'entêtent de

leur naissance , ou de leur fortune. Leur impatience

eft le fruit de leur erreur. Les grands noms & les

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grands biens ne font que des engagemens à de plus grandes vertus. On ne doit exiger pour ces avanta

ges, que ce qui peut s'accorder à la vertu même, 55 VII. Leçon. Les préjugés de l'éducation sont ceux

dont on souffre le plus, parce que ce sont ceux dont on se défie le moins. Rien de plus nécejfaire à notre repos, que de revenir sur ces premiers jugemens. Le meilleur moyen de diminuer les peines, est tou

jours d'apprendre à les réduire à leur valeur, 75. VIII, Leçon. Les mauvaises habitudes trouvent

en elles-mêmes leur supplice. On souffre de celles même qui n'ont rien de mauvais, quand on s'en fait des régles immuables. Dans les premiéres, les plaintes sont injustes, & déraisonnables dans les secondes,

- 87 IX. Leçon. Toutes les déférences sont dúes à la

vertu solide, & la faulle vertu seule les exige. Ses plaintes, qui la convainquent de sa faufseté, la convainquent en même-tems de leur injustice. Souvent la véritable ne doit attribuer qu'à ses imperfections le peu de respect qu'on a pour elle. Sa consolation, c'est de penser qu'il lui feroit plus funeste d'être plus respečiée. Le mérite négligé se dégrade s'il a de l'impatience,

. 100 X. Leçon. Rien n'unit & désunit plus les hommes

que le préjugé de Religion. Ce préjugé nait en nous d'un principe légitime; mais il y a des i Husions de craindre. On se divise par attachement pour les personnes, sans être divisé sur les vérités. La diversité des maniéres de penser & d'agir dans les choses indifférentes ne doit point nuire à l'union des sentimens. On s'éloigne toujours du véritable esprit de la Religion, quand on rompt sans sujet le lien de la paix,

108 XI. Leçon. On s'impaticnteroit plus rarement ,

jamais on ne jugeoit avant le tems des sujets qu'on croit en avoir. Les jugemens précipités ne sont guda res quie de faux jugemens. Cause de cette précipi. tation, es suites & ses remédes. Etre lent , surtout à se mettre en colére,

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XII. Leçon. La malignité & la mauvaise humeur

deviennent les victimes des intentions qu'elles pré. tent aux actions qui leur déplaisent. Les offenses ne piquent jamais plus que quand on y suppose l'envie d'offenser. Soyons meilleurs, & les maniéres dont on nous traite, nous paroitront moins odieuses,

129 XIII. Leçon. Une des premières pensées de ceux

qui souffrent, est d'imaginer que ceux qui les font Souffrir, ne les aiment point. Ce préjugé redouble la sensibilité par l'idée de l'injustce. Mais l'injuftice n'est souvent que dans nous-mêmes, & nait de notre méprise sur la nature de l'amour qu'on nous doit. La charité sans rigueur ne seroit qu'une fausse indulgence,

138 XIV. Leçon. Si les défauts dont nous nous plai

gnons sont réels, les motifs que nous avons de les supporter, font pressans. Tous les hommes font capa. bles des mêmes fragilités. Les plus forts ne le sont

que pour porter les fardeaux des plus foibles, 145 XV. Leçon. Il seroit injuste de ne pas supporter

les défauts d'autrui quand on en a soi-même. Pero Sonne n'en est exempt. L'impatience en est la preuve. C'est le caractère du vice d'être offensé du vice. On souffre plus de ceux qu'on a , que de ceux qu'on n'a pas; mais il y auroit souvent une double injustice à s'en plaindre,

153 XVI. Leçon. Avoir eu des foiblesses & ne les avoir

plus, c'est un nouvel engagement à tolérer ceux quin'ont pas encore pu s'en guérir. Ufer avec eux des ménagemens dont on avoit besoin tandis qu'on étoit foible. Se rabaisser pour les relever. Ne désespérer jamais de leur changement,

.. 160 XVII. Leçon. On aura peut-être un jour les

fauts dont on se plaint. Les déplacemens, la contrainte, la fragilité, les maladies, les malheurs & le terus changent le caractére les volontés des bommes. Considérons plus ce qui nous peut arriver, que ce qui leur arrive, & supportons les par la prévoyance du besoin d'étre supporté des autres, 168

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