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DE CANT ELEU,

SON A MIE;
PAR MADAME RICCOBONI.

RICCOB

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A PARIS,
Chez HUMBLOT, Libraire, rue Saint-

Jacques, à côté de Saint-Yves.

M. DCC. L X XI I.
Avec Approbation & Privilege du Roi.

TITUTION

TAYLOR

1

UNIVERSITY 15 SEP 1992

OF OXFORD

L E T TRES

D'ÉLISABETH SOPHIE DE VALLIERE,

LOUISE HORTENCE

DE CANTELEU,

S ON A MI E.

LETTRE PREMIERE.

Paris, 25 septembre 17**.

Vor filence vous inquiete, vous alara

me, vous afflige. Ah! je n'en doute pas. Depuis dix jours, j'ai plusieurs fois essayé de vous écrire, mais le serment de nion cæur, l'abondance de mes larmes :

ô, ma chere Hortence, votre amie n'est plus dans la situation où vous la laislàtes; elle n'est plus la niece

d'une femme respectée, l'héritiere désignée d'une grande fortune : elle ne tient à personne : sans parents, fans appui, elle n'est rien, ne poslede rien, n'espere rien.

Vous a-t-on appris la mort de madame d'Auterive? Savez-vous que j'ai perdu ma seule protectrice? que je n'ai plus d'asyle, de retraite aflurée? Inconnue à tous, étrangere par-tout, pauvre, abandonnée, j'ai déja senti l'extrême humiliation attachée à la miseres j'ai vu la mienne exposée à tous les yeux.

Ma tendre, ma fincere amie, pourquoi sommes-nous séparées ? que vais-je devenir ! où porterai-je mes pas ? Qui daignera diriger mes démarches, fixer mon esprit incertain ? Livrée à moi-même, obligée de pourvoir à ma subsistance, j'hésite sur les moyens de me procurer les besoins de la vie: ma jeunesle & món peu d'expérience m'effraient; je ne sais quelle terreur me saisit, me fait redouter un monde où je vais errer sans guide & fans confeil. Seule intéressée à la confervation de mon être isolé, je frémis des dangers. -- Je ne puis penser, réfléchir, en vain je m'efforce. Je ne me sens capable que de pleurer.

Six heures du matin.

Je viens de relire votre lettre. Je vois que vous ignorez ma perte & mon malheur.

Vous me parlez de ma tante, hélas ! en avoisje une? madame d'Auterive, qui éleva mon enfance avec tant de soin, de douceur, de bonté! madame d'Auterive. - Mon cæur se brise. — Elle n'est plus.

Lundi, quinze de ce mois, elle me fut enlevée, sans qu'aucun mal , aucun accident eứt fait prévoir ce funeste événement. Elle jouissoit d'une santé parfaite ; elle étoit paifible, gaie, heureuse; tout ce qui l'environnoit partageoit son bonheur. — Dieu toutpuillant, pardonnez-moi ! je pleure, je ne murmure pas.

O, ma compagne chérie! vous, que j'aimai dès mes plus jeunes ans, vous, dont l'éloignement me fit sentir les premiers traits de la douleur, soyez-moi fidelle. Dans l'immensité de cet univers, votre amicié est le seul bien qui reste à la triste, à l'infortunée Sophie.

Ne mettez plus le nom de Saint-Aulay sup. vos lettres, mais celui de Valliere. Adressezles toujours à la maison de madame d'Auterive. Pauline aura soin de me les rendre.

II: L'ETT RE.

Ous m'apprenez, ma chere Hortence , que le plus doux des sentimients peut

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