페이지 이미지
PDF
ePub

Et que j'entende ici de votre bouche même

Ces mots charmans , oui, Marquis, je
vous aime.

D A MON.
Non , je vous prie à ce sujec ,
Ne me pressez pas davantage,

LAU RE.
Qui peut vous obliger ? ....

D AMON.

Une raison très-sage.
que vous allez m'arracher mon secret ;
Et la rougeur dé,a me couvre le visage.

LAURE.
Vous m'enchantez par ce langage, 1

Comblez mon espoir tout-à-fait.
Achevez,

DAMON. Je vais donc.... Mais on vient, c'eff Hortense.

LAURE à part. Pour le coup de bon cæur je maudis fa présence,

Je sens

SCENE

V.

LAURE, DAMON, LA COMTESSE.

LA COMTESSE à Laure.

Non, restez, Monfieur le Mar

quis ;

Dans les termes où vous en êres, L'artitude n'a rien qui ne soit très-permis ; Mais peut-être vos cæurs ont des choses secrettes

Dont ils veulent s'entretenir,

[blocks in formation]

Non, vous me ferez plaisir

De demeurer, Mademoiselle, Monsieur est avec moi refpectueux , poli, Mais trop passionné.

LA COMTESSE.

Pour refpectueux, oui. Sa posture en étoit une preuve fidelle.

S'il demandoit, c'étoit en suppliant.

LAURE. Près de l'objet aimé, doit-on être autrement ?

LA COMTESSE.

[ocr errors][ocr errors]

LA COMTESSE.
L'ebjet aimé ! déja! voilà ce qu'on appelle
Un feu prompt au-delà de toute expression.
Je souhaite , Monsieur , que votre passion

N'ait pas le fort des ardeurs violentes, Que l'on ne voit jamais durables ni constantes.

LAURE

Elle en sera l'exception, J'espere un jour d'en convaincre Madame.

Elle fort.

SCENE V I.

D AMON, LA COMTESSE.

DAMON.

H bien, de tout ceci , que pensez-vous dans l'ame?

N’êtes vous pas satisfaire à présent ?

Le Marquis en votre présence
N'a pas de ses transports caché la violence ;
Vous êtes en état d'en juger sainement.

LA COMTESSE.
Il est sorti bien brusquemeiit.

E

D A MON.
Oh! vous êtes piquée. Au moins en confidence,
Convenez avec moi qu'il s'y prend joliment;
Vivement, qui plus est : l'attaque étoit si forte,

Je vous l'avoue en bonne foi,
Que soit mérite en lui, soit foiblesse chez moi,
Ou soit l'effet de l'habit

que je porte, Je me défendeis mal , & malgré ma vertu,

Oui le Diable m'emporte, Mon secret m'échapoit , quand vous avez paru.

LA COMTESSE. Ce Marquis, selon vous , est donc bien redoutable:

D AMON. L'effet de ma beauté n'est pas moins formidable : Sa défaite à mes yeux, n'a coûté qu'un moment; Par ma foi mon triomphe, est trop beau, trop

brillant : J'étois bien convaincu que j'étois très-aimable, Mais je ne croyois pas l'être à ce point frappant; il est juste, ma fæur , que je vous remercie.

LA COMTESSE.

Finissez la plaisanterie.
D A MON.

Il faut avouer entre nous,
Que la condition d'une femme jolie

[ocr errors]

Es un amusement , est un métier bien doux.

Je m'en accommode à merveille, D'un Cavalier bien fait, l'hommage nous réveille,

Et son langage séducteur

En même tems flatte l'oreille, Charme l'esprit, intéresse le cœur.

LA COMTESSE.
Mon frere, ce jargon ne plaît qu'à des Coquettes ,
Telle que vous seriez de l'humeur dont vous êtes,
Si vous étiez vraiment du sexe dont je suis

Mais une femme raisonnable
Eft au-dessus d'une attaque semblable,
Ec n'y répond que par un froid mépris.

DAM ON.
Je vous plains en ce cas, votre état est terrible.
Je viens de l'éprouver moi-

même en cet instane: Mes Dames , quel rôle penible De résister, pour peu qu'on ait le cæur sensible, Aux fleurettes d'un homme aimable , vif, pressant! Le combat d'un seul jour me paroît étonnant

Et la victoire à la longue impossible. Tout badinage à part , le Marquis est charmant

Par les qualités de foname, Plus que par sa beauté, que par son agrément : il est rempli d'honneur , d'esprit, de sentiment , Il a tout ce qui peut rendre heureuse une femme,

« 이전계속 »