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Que Rome, le Sénat embraflent là querelte.77^

HERODE. De mon peuple pour lui j'ignorois ce grand zélé.

SA LOME. Ah ! vous-même , Seigneur, rappellez-vous ce joui Quifcmbla d'un triomphe honorer fonretour; Quand tout Solime en foule inondant fon paffage, Voloit devant fes pas & cherchoit fon vifàge; Que d'un cri feul alors formé de mille cris , Il le plaçoit au Trône où vous êtes aflîs; Et fe livrant fans ceiTe à fon zélé crédule ,' Croyoit revoir en lui fon oncle Ariftobule.

HERODE.
Croirai-je que trop plein de fon efooir flatteur >
ïl ouvre encor l'oreille à ce bruit fédufteur?

SALOME.
Je ne fçai : mais, Seigneur, rarement la nature
D'un cœur ambitieux étouffe le murmure.
Le Trône eft à lès vœux un titre fuffifant;
Et le régne d'un père eft un fardeau pelant.

HERODE.
Quel que puifle être enfin l'orgueil qui le dévore i
Vous le voyez, le jour n'eft pas bien loin encore,
Où la main de mon fils doit me fermer les yeux.
Trop content jufques-là d'un hymen glorieux,
Il peut.. . .

SALOME. Ah ! s'il vous faut dire ce que je penlê, Elperez-vous , Seigneur , que fa reconnoiflance Eteigne le courroux dont il eft animé? Une montre en ces lieux qu'un cœur envenimé: Il y porte par tout & fes cris & fes larmes. Que dis-je? même encor vous lui donnez des armes. Epoux de la Princeue, il trouve dans les mains Une vengeance fûre, & des lècours certains. Dans les droits de fon fang intereue par elle ,

ou

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Prêter à Silleiis des raifons contre moi?
Non, c'eft trop écouter votre amitié cruelle;
Si j'en crois vos difcours, mon fils n'eft qu'un rebelle»
Solime me trahit; vos foupçons dangereux ,
S'ils affurent mes jours, les rendent malheureux.
Qu'en fes reffentimens mon fils perfîfte encore;
Qu'il trame des complots ; que le peuple l'adore;
Dût-il vanger fur moi le fang que j'ai verfé ,
Je vais finir pour lui ce que j'ai commencé.

SCENE VII.

S A L O M E feule.

VA, je te connois mal, ou malgré l'apparence»
Ma naine doit fur toi fonder plus d'efperance.
Ce foupeon dans ton coeur heureufement jette ,
Fera tout le progrès dont lé mien s'eft flàté.
De mes premiers efforts déjà l'effet le touche;
Mes yeux en lui parlant le trouvoient plus farouche;.
Le trouble s'élevoit dans fon cœur étonné,
Alexandre cft proferit, puifqu'il eft foupçonné.
Ce n'eft pas tout encor ; cette tendrelfe extrême,
Ou plutôt cet amour qu'il fe cache à lui-même ,.
Dont j'ai dû voir ici des lignes trop certains ,
Affure ma vengeance , & fèrt tous mes deiibins.
Il faut par un foupçon facile à le furprendre ,
Auffi bien que le Rot tourmenter Alexandre ,-
Que Philon qui me fert, par un fécond avis
Contre le père encore aille animer le fils.
Je fçai de quels foupçons fon amour eft. capable,
Et je ne doute point que. ce coup ne l'accable,
Et qu'au devant des traits que je vais lui porter,
Lui-même en fes tranfports ne fe vienne jetter:
Liù-rnéine il va fetvir k courroux qui l'opprime-...

SC E N E VIII.

SALOME, PHEDIME.

P H E D I M E.

UN bruit court que Thirron a paru dans Solime,
Madame, & fon retour....
SALOME.

Thirron ! que me dïs-tu ï
Lui qui vit le Sénat protéger fa vertu,
Et qui même depuis la mort de Mariamne
Regarde ce Palais comme un féjpur profane?
L'avis eft important. Miniftre de vos Rois,.
Du fang Afmonéen feul il maintint les droits.-
Long-temps en déplora les fameufes diigraces.-
DAléxandre fans doute il cherche ici les traces^
Dans le zélé indiferet commun à fes pareils,
Uva l'empoifonner de fes hardis confèils.
Ah ! prévenons l'effet de leur intelligence.
Suis-moi, viens ; achevons ma gloire Si ma. fStî*-
geance.

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ACTE III

SCENE L

THIRP.ONM

ARrète ici, Thirron. Alexandre en ces lieux ,
En entrant chez le Roi, va s'offrir à tes yeux.
L'inftant eft favorable au zélé qui me guide.
Palais , où de Juda la majefté réfide;
Séjour jadis fi faint, demeure de nos Rois,
Après quinze ans d'abfence enfin je vous revois!
Je vous ay vu* l'ourliez du meurtre d'une Reine ,
Qu'immolèrent enfemblc & l'amour & la haine:
Maintenant vous m'offrez , après tant de regrets,
De l'hymen de (on fils les fnperbes apprêts!
Puifle le Ciel pour lui prodiguant les miracles,
De l'efpoir qui le flatte écarter les obftacles:
Rendre vains des foupçons dans moname tracez,
Que mon zélé peut-être a trop t6t embraflèz.
Cher Prince , fi Thirron talla chercher dans Rome,
Lorfque dans le Sénat la haine de Salome ,
Par de fecrets reflbrts continuant toujours, *
Par les mains de ton père attentoit fur tes jours,
Juge avec quel tranfport une ardeur légitime
Dans ta gloire aujourd'hui te verroit dans Solime,
Heureux & triomphant !... mais qu'eft-ce que f

voi?
Salome ici s'avance, & fort de chez, le Roi.

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