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Dans Ces préventions un Monarque irrité,'
L'homme malgré lui-même aime la vérité;
Sajumjore le trape, & toujours favorable ,
Lé Ciel cntr'elle & nous mit un rapport durable;
Elle emprunte de lui Ces droits & Con pouvoir,
Et pour vaincre les cœurs n'a qu'à fe faire voir.
Mais entrez chez le Roy, Seigneur, je vais attendre
Ile moment favorable où l'on pourra m'entendre.
A vos tris jufqu'ici puifle le Ciel fermé,
Seconder un projet depuis long-temps formé!

SCENE IV.
ALEXANDRE , PH1LON.

PHILON.

SEigneur, (bufrrez qu'ici je vous montre majoye;
Thirron eft dans ces lieux, le Ciel vous le renvoyé:
Au fils de Mariamne attaché comme moi
Il y vient vous prouver & fon zélé & fa foi.
Quelle que foit pourtant cette ardeur éclatante,
Pour vous dans cette Cour fa vertu m'épouvante.
Eh penfez-vous , Seigneur , que d'utiles avis
Y l'oient reçus (ans peine , & (ans crainte luivis l
Et que la vérité par tout fi refpeétable
Approche fans péril d'un Trône redoutable ,
Ou le menfonge adroit, préparant fes projets,
Aux yeux d'un Roi cruel farde tous les objets?
Avec qui diflimule; oui, Seigneur, il faut feindre.

ALEXAN DR E. -
Je vous l'ai dit, Philon ,je ne puis me contraindre;
Et mon cœur par vos foins vainement combattu,
Contre mes ennemis n'admet que ma vertu.
Je pouvois fuir des lieux teints du fang de la Reine;
Mais enfin vous feavez l'interêtqui m'entraîne;

(^uedu deftin pour moi balançant la rigueur i L hymen de Qlaphira....

PHILON.

Que dites-vous, Seigneur! Ignorez-vous enepr quel péril vous menace?

ALEXANDRE.
J'ignore mes forfaits, & non point ma dilgrace;
Malgré tous les apprêts d'un hymen, je le voi ,
De nouveaux inouvemens s'élèvent contre moi.
Sans doute vous fçavez quel orage s'apprête.
Vouspouvezm'éclaircir, Philon ; qui vous arrête!
Parlez : Antipater, appuyé dans ces lieux ,
Vers laPrincefle encor îeveroit-il les yeux?
Croit-il me traverfer; & que Rome équitable .. j

PHILON.
Vous avez un rival, Seigneur, puis redoutable,
Inftruit de fon amour, j'en ai pâli d'effroi.

ALEXANDRE.
Et quel autre rival ai-je à .craindre }
PHILON.

Le Roir
ALEXANDRE.
Mon père?

PHILON.
Oiii, lui-même.

ALEXANDRE.
Ah ! grand Dieu, le dirai-je ï
J'en rougis ; les efforts d une main -facrilege ,
Dootmon.ame àjamaisgarde lefouvenir,
Ces attentats, l'effroi desfîécles à venir,
N'ont point encor jette tant de trouble en mon ame ,
Ni porté julquee-là le courroux qui m'çnflâine!
Mille transports divers m'agitent à la fois ,
Et d'un relpeâ iacré balancent tous les droits.
Mais peut-être trop tôt je cède à mes allarmes,
Dans fes emhrafleraens j'ai vu couler fes larmes;

Que dis-jc ? cet amour par vos foins pénétré i
Eft de toute la Cour un (ecret ignore:
Teut Solime pour moi bénit l'amour d'un père.
Quel temps a dévoilé ce funefte myftére?
Lui-même s'ofe-t'il avouer mon rival?
Parlez, Philon.

PHI LON.
Honteux de fon trouble fatal,
Il hâtoit votre hymen, combattoit fa tendreiTe.
Mais Salome, Seigneur, a fenti fa foibleffc.
Que n'a-t'elle point fait alors pour i'enflâmer;
Moins pour flatter fes feux que pour vous opprimer,
Trop inftruite combien en lui l'amour entraîne
De'trôubles , de fureurs, de caprices, de haine,
Et qu'au moindre foupçon dont fon cœur eft atteint,'
Implacable rival, il perd tout ce qu'il crainci

ALEXANDRE. La cruelle!

PHILON, Elle-même à fa fureur en proye, LaifTe voir quelques traits de là perfide joye. Votre hymen différé, fes apprêts fuipendus, De fccreis mouvemens....

ALEXANDRE.

Ah ! je n'en doute plus, Ma honte eft déclarée , & mon malheur extrême.... Mais parlez : Glaphira. ...

PHILON.

Seigneur, elle vous aime.
Mais en elle l'orgueil peut balancer l'amour;
,Et dans la pompe enfin , dans l'éclat de fa Cour,
Un grand Roi lui foumet fa gioire & fa tendrefle.
Vous connoiflez le cœur d'une jeune PrincelTe.

ALEXANDRE.
Cher Philon, j'ai befoin de vos fkges confeils.
Souvent tant de rigueurs ont laffé mes pareils.

Empêchez que ma gloire ici n'en Coït ternie.
Vers le crime pour moi la route eft applanie J-
Mon père l'a tracée ; & le» plus grands-forfaits1
Du fang qui m'a formé font de communs effets J
De mon coeur embrafé l'efpérance féduite..-.

PHILON,
Dans ce péril, pour vous je ne vois que la fuites-
Contre tant d'ennemis, contre tant d'attentats,,
Seigneur, la Capadoce eft ouverte à vos pas:
Archelaiïs fçaura venger votre infortuné;
Père de Glaphira laquerelle eft commune:
C'eft vous, dans cet hymen que regardoit fon choix *>
Qui du fane de Juda représentez les Rois:
C'eft l'appui du Sénat qu'en vous il envifage r
Il fiiffit qu'à Varus vous demandiez paflage:
Qu'une lettre remife en de ridelles mains, . .

Parlai de votre fuite informe les Romains;
Varus vous ouvrira fans doute là Syrie:
Près d'Augufte avec lui votre enfance nourrie y
A vu former des nœuds de mille foins fuivis.

ALEXANDRE.
Oui, Philon , c'en eft fait, j'embraffe vos avis;
Et que craindre î il s'agit de fervir ma tendrefle.-
Je vais fuir ,. ou plutôt enlever la Princeflè:
Ma gloire n'y content que pour la confèrver,,
C'en braver mon rival, & non pas me fauver.-

PHILON.
Du départ à mes foins remettez la conduite.
LaifTez-moi partager le péril & la fuite.
Quel qu'en foit leTùccès heureux, ou malheureux. ;;-

ALEXANDRE. j^"ez j je m'abandonne à vos foins généreux. Ma gloire, mon amour, mavertu, tout me preÛë* -£C°ursydifpoferThirron,SdaPrincefre: • .

Mais on ouvre, Philon ; c'eft elle que je voi.

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