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LES MACHABEES.

T R A G E D I E.

ACTE PREMIER.

SCENE PREMIERE.

MENELAUS, A L C I M E.

MENELAUS. | O N , tout cet appareil ne doit point te

furprendre, \ Alcime. Dans ces lieux, le Vainqueur va

fe rendre; Et fur ce Trône affis , cburonnant fe* exploits , À nos Juifs afiembîez., il doit difter fes Lois.

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ALCIME. Voudroit-il abolir nos ufages, nos Fêtes? Et, de fês Dieux, qu'il croit auteurs de les Conquête^ Vengeant avec éclat l'injurieux mépris, Prétend-il affervir julques à nos elpnts? Mais lorfqu'Antiochus triomphe de Solyme, Que libre leuL,ici, du joug qui nous opprime, Ménélaus jouit de la faveur du Roy , D'où nait ce trouble, en lui, qui me glace d'effroy?

MENELAUS. Ah ! /î, du coeur des Rois, il eft quelque fcience, Peut-on prendre , dis-moi, la moindre confiance. Dans ces mêmes Héros que nous avons fervis, Contre les droits du Sang, & l'honneur du Pays? Mais, Alcime, s'il faut te parler fans contrainte, Il eft encor, pour moi, d'autres fujets de crainte. Tu fçais que la Thiare alloit ceindr.e mon front; Mais que bien-tôt couvert d'un éternel affront, De mes efforts, des tiens, perdant tout le falaire, Je me vis, pour jamais, banni du Sanctuaire. C'eft alors que , déchu de mes prétentions , J'allumai feul le feu de nos diffensions; Et qu'écoutant trop tôt la chaleur qui m'emporte, A nos plus grands revers, moi feul, j'ouvris la porteAntiochus, par moi, de nos projets, inftruit, Par mes avis fecrets, jufqu'ici, s'eft conduit, Alcime , & fa faveur, félon toute apparence , Alloit, de mes Deftins, relever l'efperance: Mais ces Honneurs , ces Dons , que je me fuis

promis ,
Peut-être vont paffer à mes fiers Ennemis.

ALCIME.
Quel eft le fondement d'une crainte pareille?
Antiochus...«

MENELAUS.
Arrête, & prête-moi l'oreille.

Après

Après de vains efforts, cédant à fon pouvoir,
Solyme, avec fes murs, vit tomber fon efpoir.
Tu fçais quelle vengeance, & quelle barbarie,
Exerça du Soldat, la première furie.
Dans ces jours , de douleurs & de meurtres corrH

blez ,
Antiochus cherchoit nos Tréfbrs recelez,
Objets, que dès long-temps fa victoire contemple,'
Et, tout fanglant encor, il accourt dans le Temple.,
là, s'étoient retirez les Femmes, les Vieillards;
La prière , & les pleurs font de foibles remparts.
Antiochus ne fuit que l'ardeur qui le guide ,
Lorfqu'à lès yeux le fort prefènte Zoraïde ,
Fille de Manafssè , tu connois fes attraits:
Du pouvoir de fes yeux j'ai prévu les progrès,"
Le Roy dont tout à coup t'ame parut troublée,
Des principaux des Juifs ordonna l'Aûemblée;
Et plein de fon objet fe livre au fouvenir
Des beautés que le Ciel fe plut d'y réunir.
Pitfon ordre bientôt une garde fidèle 1

Eft depuis ce moment répandue autour d'elle ,""
Et ce nouvel éclat d'un honneur affidu
Eft un fécond hommage à fa beauté rendu»
De ce Palais encor pour un tems écartée
Zoraïde à fes yeux n'y fera prefentée ,
Que lorfque fans égard à nos droits les plus faints
Anthiocus aura déclaré fes deffeins:
Cher Alcime, elle eft jeune, & lui couvert de gloire;
S'il peut mettre à fes pieds l'honneur de fa viâoire;

Dans fon cœur jufques-là Ci l'amour parvenu

ALCIME.
Le fang de Manafeès ne vous eft pas connu.
Penfez-vous que, fouillé du meurtre de fon père ,'
Antiochus , Seigneur, puilTe jamais lui plaire ,
Et que tous ces honneurs, à fes yeux prefentez ,
Lui raflent oublier toutes fes cruauté/!

P.

Mais fçait-il qu'à Ces yeux jufqu'alors dérobée,
Zoraïde eft promife au jeune Machabée?

M EN EL AU S.
C'eft un fecret encor dont je veux profiter,
Et qu'au befoin contr'eux je puis faire éclater.
Toujours la jaloufie eft injufte & cruelle.
Mais Salmone paroit, & fon fils avec elle.
Abandonnons ces lieux , viens, marche fur mes pas,
Dans un trifte entretien, ne nous engageons pas.

SCENE II.

SALMONE , MACHABE'E , ELISE.

SALMONE.

N'En doutez point , mon fils, votre mefe eft
contente:
D'un Peuple tout entier, vous rempliffez l'attente.
Afiez dans les horreurs de ce trifte léjour ,
Au gré de mes fouhaits, votre bras s'eft fait jour.
La gloire, fur vos pas, engagea vos fix frères;
Leurs efforts ont pafle les efforts ordinaires:
Dignes d'un tel exemple, ils n'ont point démenti
Le fang de ces Héros, dont vous êtes forti.
L'honneur vous en eft dû : mais, quoi qu'il en puùTe

être, Le Ciel, dans ce. grand jour, nous donne un nouveau

Maître; Et pour le recevoir,-ce Trône eft préparé. Antiochus encor ne s'eft point déclaré. Sans vous parer ici d'aucune indépendance , Qu'à votre noble ardeur , fuccéde la prudence: Obfervez-vous , mon fils. Le vrai zèle eft difcretS Des defleins du Très-Haut, adorons le fecret; Il prépire de loin la peine, & le falaire j

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