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it lui -même arrêtant vos projets inhumains;
V remis contre vous fa vengeance en mes mains.
,'Ambaflàdëur d'Egypte, attendu dans Solyme ,
;latte peut-être encor l'efpoir qui vous anime;
.lais les yeux feulement y feront les témoins _
)e l'éclat de ma gloire ,& du fruit de mes foins.
)e vos premiers Hébreux, les Tribus vagabondes £
/il & pale rebut du caprice des ondes ,
Jue la Mer , fur les bords, vomit avec horreur,
Promenèrent long-temps leur faim , & leur fureur,
-eur fier Légiflateur, dans fa vafte e'ntrejprife ,
Leur prefentoit au loin une terre promife.
Dans les déferts brûlans les uns enfèvelis,
Oansdeftériles vœux tous les autres vieillis ,
Wenn'en pût détromper l'efperance indifcrete.'
Leur zélé dévoroit cette heureufe retraite,
Où dans les foins pompeux d un culte folemnel, ■:• 4
[ls dévoient rencontrer un repos éternel,
Rare & folide fruit d'une gloire éclatante.
Oùfê termine enfin cette fuperbe attente l
L'Univers les a vus de toutes parts errans, .%.'

Fugitifs en tous Jieux, & jamais Conquerans.
Del'efprit des Hébreux , une longue pratique,'
De leur Chef attentif, guida la politique; •
Et toujours.; defbnDieu l'organe & rinftrumenti
Tantôt fous l'appareil d'un divin châtiment j
Par le meurtre des liens exerçant fa vengeance,
Il fondoit en fècret fa cruelle puiffance;
Vaffuroit par l'effroi de leur fidélité ,
Et tantôt abufant de leur crédulité ,
Ou tournant à fon gré les jeux de la nature ,'
Des menaces du Ciel voiloitfon impofture;
Aquelkfolle erreur ne font point amenez
Des efprits à leur joug fi long-temps façonnez?
les maux, comme les biens, tout fert un vain Ora>
cle.

Sous leurs yeux, fous leurs pas, tout leur femble iu»

miracle; It ce que la nature offre aux plus malheureux, C'eft la main de leur Dieu, qui s'ouvre alors pour

eux. C'eft même dans l'opprobre, où fà faveur éclate. Ib ! qu'a donc prétendu , dans l'erreur qui le flatte, Du refte des mortels un peuple féparé, ït des Rois & des Dieux l'ennemi déclaré; Qui, d'un ordre fàcré, couvrant fon injuftice, Hend, de les attentats , le Ciel même complice; .Toujours plus orgueilleux , plus il eft abattu; Par piété perfide , & cruel par vertu? Ah ! fans pouffer trop loin tous les droits de h

guerre, D'une Sefte odieufè, au moins purgeons la terre. Je veux qu'en fès abus le Temple reformé , Au culte d'Ifraël déformais foit fermé; Qu'à nos Dieux de vos fruits préfentant les prémices, > Ils y foient fèuls l'objet de tous vos fàcrifices; Qu'au glaive fur l'autel loin d'être prefènté , De vos fils au berceau le fàng foit relpe&é. Quels que foient les prefens, que vous fait la nature J N'enenvifagez point comme une offrande impure; Et parmi vous, ufèz de fes fecours certains, Sans craindre déformais d'en fouiller vos feftins. Mais qu'eft-ce que je vois? Chacun de vous friffonne? Ah ! j'attefte le Ciel, que n'exceptant perfbnne, Si quelqu'un à mes Loix ofe contrevenir, Des plus cruels tourmens je fcaurai le punir. I,'impie éprouvera fbn châtiment fur l'heure. Sortez, tous ; & que fcul Ménélaus demeure.

SCENE IV. ANTIOCHUS, MENELAUS:

ANTIOCHUS.

ET toi, dans mon parti, dès long-tems engagé J_ Rends - moi compte des foins, dont je t'avois chargé.

MENELAUS.
Dans un moment, Seigneur, vous verrez Zora'ide.'
Je ne fçai point encor quel mouvement la guide;
J'ai trouve peu d'obftaclc à vos juftes defîrs;
On n'a^oint oppofé de pleurs , ni de fonpirs.
Ou c'eft orgueil en elle , ou nos Juifs en allarmes ,
Pour calmer vos rigueurs, ont recours à fes charmes^
Et parmi les périls, offerts de toutes parts,
Attendent leur falut de fes premiers regards.

ANTIOCHUS^
Je -ne le celé point, à fa première vue
Mes fens fe font troublez, mon ame s'eft émûë^
Et quoi que dans fon cœur on eût jette d'effroi
Tant de charmes jamais ne s'offrirent à moi.
Suivons fans balancer ce que l'amour m'infpire.
Elle entre :laiife moi, & vous * qu'on fe retire.
* Aux Gardes qui cenduifent Zoraide.

SCENE V.

ANTIOCHUS, ZORAIDE, PHOEDIME;

ANTIOCHUS.

JE fçai que rehauflant la Majefté des Rois,
La Victoire, Madame, étend au loin fes droits?

Mais (ans trop nous flatter de (es faveurs fuprêmes; jamais le vrai bonheur ne dépend de nous-mêmes; C'eft en vain que les Juifs foient fournis fans retour i Si vous n'achevez pas l'honneur d'un (i beau jour. Quelque prix qu'on attache à la gloire des armes, (Ce qui manque à la mienne »n dérobe les charmes.

ZORAIDE. 'Sans difcuter les droits d'un Vainqueur en courroux , Ô'eft déjà trop pour moi de m'offrir devant vous. Et que prétend ici votre injufte contrainte D'un cœur, qui ne connoît ni l'efpoir, ni la crainte; Qui parmi les horreurs',' que ce jour réunit, 'Adore, en gémiifant, un Dieu qui nous punit? Sans doute, vous vouliez, pouffant votre colère ,' Me montrée ce Palais , teint du (àng de mon père; En fouiller mes regards; & c'étoit à vos pieds Xe fpectacle cruel, que vous me prépariez? Par mes malheurs enfin je puis compter vos crimes.

ANTIOCHUS. Madame, je le fçai , parmi tant de Victimes, Qu'en ces lieux défblez s'immola mon courroux, le vaillant Manafiès eft tombé (bus mes coups. Mais enfin de la guerre on (çait les Loix auftéres: Que de crimes commis fouvent involontaires! Avec la cruauté, la vertu fe confond; Et, de nos attentats, c'eft le Ciel qui répond. Vous-même enfin goûtez une pleine vengeance. De vos regards, (ur moi, connoiffez la puiffance. J'en attefte le Ciel, que j'ai trahi pour eux; Je fuivois fans égard un devoir rigoureux: Mais je vous vis alors, Madame, & mon audace A des tranfports plus doux céda bien-tôt la place; EtSolymeelle-même, au nombre des Vaincus, Put dès-lors à bon droit compter Antiochus. Je vois quels traitemens votre fierté m'apprête. Ah ! que vos yeux du moins coimoilfent leur CQft« fluête ,

Madame ;& me plaignant vous-même à votre tour,' Ecoutez fans courroux l'aveu de mon amour.

ZORA1DE. Quelle honte en mon ame, ô Ciel! s'eft élevée, Et m'apprend, à quels maux, tu m'avois réfervée! Antiochus ici me déclare fes feux! Moins cruel mille fois pour ce fang malheureux....

ANTIOCHUS. Je le vois bien , né Juif, dans une race obfcure Le Ciel de vos mépris m'eût épargné l'injure. Que dis-je ? De ce Dieu, qu'adore votre cœur , Ai-je pu jufques-là concevoir la rigueur? • Soitrefpect , foit qu'en vous mon amour le confonde,' Madame , je le crois l'arbitre fèul du monde: Déjà fa Loi facrée, emprunte de vos yeux Un pouvoir, que n'a point tout le refte des Dieux.' Au-delà de vos voeux fon intérêt me touche...

ZORAIDE. Penfez-vous louer Dieu, le blafphêrae à la bouche} Et qu'ici mon orgueil puifle prendre pour moi De frivoles refpeâs, dont s'indigne ma foi? C'eft à Dieu feul, qu'eft dû le fouverain hommage,1 S'il eft de fa fplendeur quelque vivante image, C'eft un cœur pur, un cœur fournis à fes arrêts, Qui pour lui des tourmens brave tous les apprêts.

ANTIOCHUS.
Quels que foientles objets, que votre ame envifage J
Refervez vos vertus pour un plus noble ufàge.
Par vous, à ma clémence, ouvrant tous les chemins £
Ifraël voit encor fon falut dans vos mains.

ZORAIDE.
Je ne m'allarme point de fon état funefte.
Je fuivrai mon devoir ; & laifle à Dieu le refte.
Je fçai, dans ces revers, ce qu'exigent de moi
La gloire de mon fang, ma Patrie, & ma foi.
Quelle que foit enfin l'ardeur qui vous anime£

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