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N'allez point de vos feux féparer votre eftime.'
J'ignore quel elpoir vous vous êtes permis.
Lorfqu'il faut me compter parmi vos ennemis;
Mettez votre clémence au rang de mes dilgraces,'
Au lieu de la pitié, prodiguez les menaces.
Et prifant vos faveurs moins que vos châtimens ,
Connoiflez Ifraël à de tels fèntimens.
Adieu.

SCENE VI.
ANTIOCHUS feul

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'Attelle ici la grandeur fbuveraine; Ifraël recevra le prix de tant de haine. Ta folle erreur t'abule, & je vais dans ces lieux , Servir tout à la fois mon amour, & les Dieux.

Fm du premier Afte.

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ACTE II

SCENE I. 'ANTIOCHUS, MENELAUS;

ANTIOCHUS.

QUoi i le Ciel à mes vœux mettroit un tej
obftacle?
Au milieu des horreurs , dont tu vois le fpe&acle ,
Zoraide ?...'.

MENELAUS.

Oui, Seigneur, vous avez un Rivajj Voilà de fbn orgueil le principe fatal. Par-là, d'un fier mépris contre vous prévenue, ïJe l'aveu de vos feux, troublée à votre vûë , Elle s'en indignoit ; & fon fùperbe cœur yQus traitoit en efclave , & non point en Vain-î queur.

ANTIOCHUS.
Mais quoi ? pour mefèrvir, ton ardeur empreflee,j
Sur nul objet encor n'arrête ta penfée i

MENELAUS.
Ce fècret ne fçauroit échaper à mes foins.
J'affiege Zoraide en tous lieux de témoins;
Il furnt à leurs yeux de la moindre étincelle.'
L'amour le plus prudent tôt ou tard fe décelé.
Ainlî dans les foupçons, qui viennent me frapper j
Songez que vos arrêts doivent enveloper
Cet objet, quel qu'il foit, d'une folle tendrefTe.

Et s'il faut une fois que le péril le preffe J
,Vous verrez à vos pieds, prompte a le fecourir;
'A fà défenfe alors Zoraïde accourir;
Pourfuivez feulement votre grande entreprife.
C'eft fervir le tranfport, dont votre ame eft éprifê i

C'eft hâter le bonheur

ANTIOCHUS.

J'approuve tes difcours;
Et ma gloire auffi-bien, en reprendra fon cours.
MENELAUS.
v Le peuple, quels que foient les moyens, qu'on.,!!!?
vente ,
Des exemples obfcurs, rarement s'épouvante:
Mais s'il perd une fois quelque fiiperbe appui, > \
La chute l'en ébranle , & le ramené à lui,
Toutes prétentions (èmblent alors tombées.
Vous avec dans vos mains les jeunes Machabées ,"
De nos plus grands Héros, remettons belliqueux j
Et leur mère Salmone autant à craindre qu'eux;
De leur Religion , avec le lait fuccée , . •',

L'image, par les foins, fans ceffe eft retracée.
C'eft par eux, qu'il vous faut, Seigneur, exécuter
le projet, que vous-même avez fait éclater. .
iTout un peuple, pour eux brûlant du même zélé ,
A leurs ordres encor eft demeuré fidèle.
Mais c'eft peu qu'à nos Chefs, liez par mille nœuds j
Des Pontifes facre2 le fàng revive en eux j
L'Egypte les protège, & du Roy Ptolomée
La faveur au dehors enfloit leur renommée ,
Et de leur rang ici fbutenoit la fplendeur.
L'on dit même, l'on dit, que fon Ambaffadeur;
Que chacun dans ce jour attend en cette place,
A déjà, contre vous, rallumé leur audace.

ANTIOCHUS.
J'ignore quels projets font remis dansfês mains {
Mais fon Maître jouit de l'appui des Romaiu,

Je fe croirai pourtant. Que de mon ordre inftruite, Par tes foins, en ces lieux, Salmonefoit conduite.

SCENE II.
ANTIOCHUS/w/.'

OToi! Fille du Ciel, augufte Vérité,
Combien , à tes dépens, nos faits ont éclaté!!
'Aux yeux de l'Univers notre orgueil les déguifè.
Ainli fous l'appareil d'une illuftre entreprife,
Me voilà le Vengeur de l'honneur des Autels.
Pembraflè , je pourfuis les droits des Immortels.'
Mais de ce grand deflein, dont la Terre eft laine ,' .1
Quel eft donc le motif fècret f La jaloufîe.
Toujours d'un faux objet, nos projets revêtus ,
A nos propres regards dégradant nos vertus ,
Sans cefle aux yeux d'autrui confkcrent nos foi-:

blefles. Ciel ! C'eft dans tes décrets, tout ce que tu nous

laillès. Mais on vient. C'eft Salmone. Ah, Dieux ! à foi»

afpcâ, Que mon coeur eft ému de trouble, & de relpeft?

SCENE III. ANTIOCHUS , SALMONE. 1

SALMONE.

SEigneur , car de mon rang je puis lâns trop
defcendre ,
Appeller de ce nom l'héritier d'Alexandre ,
Souffrez que rappeUant fon ombre du tombeau J

J'expofe à vos regards un modèle fi beau.
Ce Héros, d'Ifraël avoit juré la perte:
Ses deffeins éclatoient par tout à force ouverte,
De Tyr, & de Gaza les murs encor fumans ,
Etoient de fon courroux d'éternels monumens.
ïl marcha vers Solyme. Ifraèl en allarmes
N'avoit pour tout fecours, que fes vœux, & lès lar-
mes.
Qu'efberer en effet dans cette extrémité?
Mais du courroux du Ciel le temps eft limité.
Que peuvent contre lui d'innombrables Cohortes?
A ce grand Conquérant, Solyme ouvrit fês portes.
Inftruit du fier courroux , dont fon cœur étoit plein ,
Le Pontife Jadus , dans fon habit de lin,
Des Prêtres & du Peuple , entraînant l'affluence ^
Au-devant de lès pas marchoit en affûrance.
Sur l'ornement facré, dont fon front étoit ceint,
Brilloit, de l'Eternel, le nom augufte , & fàint.
Et Dieu fans doute alors le couvroit de fa gloire;
Et ce que le Pontife à peine auroit pu croire ,
Alexandre , Seigneur , faifid'unfaintrefbecl:,
S'avance feul vers lui, fe courbe à fon afpeft:
Croit voir en lui le Dieu, qui fembla lui prédire
Que des Perfansun jour il détruiroitl'Empire.
Ainfi ce Roy , fameux par tant d'exploits divers,
Devant qui fi long-temps s'étoit tû l'Univers,
Dans fon étonnement garde un profond filence ,'
Et du Dieu d'Ifraël adora la puiflance.

ANTIOCHUS.
Que fert de rappeller un pareil fouvenir?
Cet exemple en ce jour doit peu me retenir.
Et les temps, & les lieux , tout eft changé , Madame;
Ce Dieu même, fur qui fe repofe votre aine ,
'A retiré de vous fon aide , & fon pouvoir.

SALMONE. jCc qu'il a fait poux nous rallume notre efpoir.

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