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dence de Jocabel avoit trouvé moyen de placer auprès de Moïfe , pour plus grande fureté de fa perfonne. Si le fervice dts Troupes des Egyptiens eût fouillé la Religion d'un Hébreu, comment concilier dans la perfonne de Moïfe , le caractère de fa naiflance & le commanaement des Armées de Pharaon? Que devenoit alors la délicateffe & la pieté de Jocabel? & s'il faut s'appuyer d'un grand exemple , Mardochée , c'eft-à-dire celui de tous les Juifs qui étoit le plus attaché aux mœurs de fa Nation, n'étoit-il pas un des principaux Officiers de la garde d'Afluerus? » D'ailleurs on ne veut pas que Moïfe » ignore fa nairTance , fonfort& fa Religion, » fa mère, dit-on, étoit toujours auprès de lui, » & peut-on fuppofer qu'elle ne l'en auroit » pas inftruit pour le garentir des.faufTes er» reùrs des Egyptiens. Il eft bien dit dans * l'Ecriture qu'il étoit inftruit dans la feience » des' Egyptiens ; mais non pas qu'il fût imbu » de leurs erreurs. La providence qui avoit » deftinéla merede Moïfe pour fa nourrice j' » ne l'avoit fait qu'afin de lui apprendre de » bonne heure fa Religion. L'Ecriture ne marque nullement à quel âge de Moïfe fa mère lui apprit quels étoient fon état & fa famille. C'eft ce filence de l'Ecriture qui m'a

donné lieu de placer dans des convenances théâtrales ce détail d'inftruclions qui a dû exciter dans l'ame de Moïfe tant de mouvetTiens différens. Il m'a paru qu'il étoit de la dignité de la Religion que Dieu rompit lefceau qui doit avoir été mis d'abord fur les lèvres de Jocabel, Se qu'il déterminât lui-même le moment de la reconnoiflance quia fon fondement dans la vérité. J'ai pu à l'égard de cet incident me fervir de tous mes avantages Se former cet enchaînement de circonftances, qui fi j'ofe le dire, rend le moment de fa reconnoifTance plus marqué & plus intereffant.

Voici un reproche fur lequel on a bcau» coup appuyé , rien n'eft plus indécent, con» tinue-t-on, à me dire que d'entendre parler 'Moïfe des faux Dieux & de leur culte, quoi» que Moïfe foit fuppofé ignorer fon état &C "fa Religion.Il paroit cependant dans les premiers Aétes de la pièce avoir pris fur les inductions fxrettesdc Jocabel de grandes idées du Dieu d'Ifraël, il n'en parle qu'avec magnificence & dans le fublime de l'Ecriture, & au contraire c'en: toujours légèrement qu'il parle des faux Dieux des Egyptiens. J'ai cependant profité de Pobfervation &c fupprimé totalement les endroits où il échapoit à Moïfe de faire quelque mention du culte &C des Dieu^ du Pays. ;'.:s \-'-->c .-•:'..■* » de Madian après avoir tué quelques Egyp*

•» tiens pour la défenfe des Hébreux.

J'ai pris ma réponfe dans Jofephe livre 2 c. j;

Le ioupçon que les Prêtres Egyptiens donnèrent à Pharaon de l'ambition de Moïfe luj fit connoître le danger où il étoit & le porta en même tems à prendre le parti de la retraite. C'eft fur le paflage de Jofephe que j'ai pris les motifs fecrets de fa fortie d'Egypte , j'ai cru même devoir fauver à fa gloire le meurtre de l'Egyptien qu'il enfevelit dans le fable, Se c'eft aflez de l'intrigue Se du mouvement des ennemis de Moïfe , pour donner au vrai dénouement de ma Pièce, le caractère de cette vrai-femblance qui eft une des plus grandes reflpurces de l'art & la Rivale mêrng de la vérité.. ; ?r:-i :. j' r - ':.J . j

A l'égard de la liberté de traiter les fujets facrés Se d'en expofer les myfter«s avec attachement aux règles preferites , j'ai furtout devant moi les exemples de deux de nos Poètes que l'on doit regarder .comme les plus grandes lumières du ^Théâtre François. X4 grâce elle-même dans la Tragédie de Polieit; cte n'agit-elle pas en /pect^clé pour, la.con.verfion de Pauline? ,--..,

Je vois , je fçais, je crois , je fuis défabufée r -, • < De ce bienheureux fang tu me jVojs baptifée. 'Ce n'eft point la douleur que par là j'e'fai^ Toir; .G'eft la grâce qui parle & non le défefpoir.

L'Bfpr*

L'Efprit faint ne parle-t'ii pas fur la Scer.c , dans cette énumcration prophétique où Joad s'écrie dans Athalie ,

Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un faint effroi? Ift-ce l'efprit de Dieu qui s'empare de moi? Cefl lui-même , il m'échauffe , il parle ,mesyet\x s'ouvrent? Après de pareilles autorités , j'ai eftimé pouvoir traduire le Legiflateur des Juifs fur le Théâtre. Il ne me refte plus qu'à ajouter ici, que toutes les parties effentielles de mon lujetfont tirées de l'Hiftoire de Jofephe, des Annales de Cedrenus , & de l'Epitre de St. Paul aux Hébreux; que je ne me fuis fervi même qu'avec circonfpeclion des indu&ions naturelles des faits & du filence de l'Ecriture; que je n'ai fait que rapprocher fous le même coup d'oeil la gloire de. toutes les vertus militaires de Moïfe & le merveilleux de lai révélation Judaïque . & que , fi j'ofele dire „ c'eft avec quelque forte de magnificence que j'ai rendu le facrifice que la foi a feit dans la perfonne de Moïfe, de toutes les richeûes & de toute la gloire de. l'Egypte. . ,.

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ACTEURS.

"\T OYSE, fous le nom d'Ofarphîs, ■*■»-*■ fils de Jocabel & crû fils de

Thermutis Reine d'Egypte. AMENOPHIS,Roi d'Egypte frère de Thermutis qui avoir ufurpé la Couronne fur lui. JOCABEL , Mère de Moyfe , autrement, d'Ofarphis. T H A R BIS, Reine de Sepa & Amante d'Amenophis. AARON, autre fils de Jocabel & frère d'Ofarphis. PHANE'S, grand Prêtre cTOfiris. IS E RID E , Confidente de Jocabel. I S M E N E , Confidente de TharbisA S A PH , Confident d'Ofarphis. GARDES.

Za Scène efi à Memphis, dans le Palais des anciens Rois d'Egypte.

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