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ANTIOCHUS.

Ah ! je pourrois, après «ne telle menace .'

^Mais , non, c'eft à ton Maître à punit top audace.
Va, fors de mes Etats où je donne la loi,
Etrendsgraceà des droits que jerefpecte en moi. '*

PHOSTIME.
Je parts. Non, cependant que d'indignes allarmes
Souillent ici ma gloire & l'honneur de mes armes ,
Connoiflèz mieux Phoftime, & tel qui dans ce jour
Ordonne mon départ, doit craindre mon retour.

SCENE IX.
ANTIOCHUS, ACHAS.
A C H A S.

TOuteft à redouter de leur intelligence ,
Seigneur, affurez-vous une jufte vengeance.
ANTIOCHUS.
Oui, c'en eft trqp. Tu fçais que cinq de ces Hébreux
Sont dans le Fort. Suis moi. Je vais ouvrir par eux
Cette fânglante épreuve , où leur fureur les livre.'
Qu-'on leur montre mes loixt qu'ils jurent" de les

fuivre; f

Ou que leur mort apprenne aux Juifs humiliez x
Que je crains peu l'Egypte , &fès fiers Alliez..

Fin du troijîèmt Acte*

ACTE IV

^ ii ■ ■ - - i ■

SCENE I.

ANTIOCHUS, ACHAS.
ANTIOCHUS.

SAlmone a v» cinq fils à tant de maux en proyeJ
Et n'a verfé , dis-tu, que des larmes de joye,
Et de chacun d'entr'eux les (ùppliees nouveaux
Ranimoient leur courage , & laflbient les Bout:

reaux?
O fureur, qu'àPenvi chacun a fait paroître,
Que du nom de vertu l'on honore peut-être!

ACHAS. Ils fembloient foutenus par un pouvoir divin, Et beniiïbient le Dieu qu'ils imploroient en vaiflî Salmone, à qui fa foi prefèntoit fes Oracles T Qui, (ans être ébranlée à ces triftes fpeftacles , Suit, d'un zélé impofteur ,les attraits décevans, Sans regretter les morts pleure Tes fils vivans. le plus jeune fur tout excite fatendrefle. C'eft au fèul Azaél que fa douleur s'adreflê t Et ce fils, par votre ordre amené dans ces lieux; Eft prefent a fon cœur, s'il ne l'eft à (es yeux. Mais , Seigneur, on s'étonne avec quelque juftTce D'un ordre qui le femble arracher au (upplice, Et de votre faveur paroît feul le flatter. De vos premiers deileins, qui peut vous écarter?

ANTIOCHUS.
Toi-même ignores-tu ce qui fait fadéfenfê ,
Que cher à Zoraide, elle aime fon enfance,
Qu'au berceau même , en elle un foin trop cont-

plailant
L'amufoit des erreurs d'un culte téduifânt?
Parlui, je puis mouvoir fa tendreffe inquiète,
Et m'ouvrir vers fon cœur une route fecrete.
Et quant à cet Enfant, pourfuivant mes projets ,
Je vais tourner fes yeux fur de plus doux objets.

ACHAS.
N'en doutez point ; pour lui dans fes vives allarmesj
Zoraide à vos pieds ira mettre fes charmes:
A l'honneur de fon Dieu, toujours prête à céder,
.Vous Vy verrez en pleurs vous le redemander.

ANTIOCHUS. Ah ! c'eft où je l'attens. Au zélé, qui Penflâme; L'état de cet Enfant doit ébranler fon ame. Par mon ordre, en ces lieux , à l'enyi careifé, Il ignore, dit-on, tout ce qui s'eft paifé. Mais j'ai craint que mon rang né l'etonnât peut-être^ Il doit être introduit ici fans me connoitre. Plus libre en les dilcours, il s'expliquera mieux. Enfin, pour l'amener au culte de nos Dieux, Des moyens les plus doux, j'ai voulu faire ufaje. Mais on entre. C'eft lui. Grands Dieux ! fur fô*

vifàge, A fa noble pudeur , quels charmes fontun:s!

SCENE'II.

ANTIOCHUS, AZ AEL, ACHAS, Gardes; AZAEL.

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ANTIOCHUS.

Approchez-vous, mon filsi Je crois devoir ce nom à la jufte tendreire , Dont pour vous en ce lieu Je-mouvement me

preffe. Ofez parler. Mes foins préviendront vos defîrs. Mais vous ne répondez que par de longs foupirs.

AZAEL. De vos foins généreux, grâce vous foit rendue. Mais d'où vient qu'à vos yeux mon ame eft épet-;

due? Je ne reipire ici qu'une focrette horreur. Mes fens frémiflent tous. Ah ! d'un cruel malheur, Seigneur , n'eft-ce point là l'effet, ouïe préfagej Vous le dirai-je? Enfin, plus je vous envifage, Plus mon fang le fouleve, & mon cœur eft Frappé. Ah ! dans ce fang , vos mains n'ont-elles point trempé.'

ANTIOCHUS. Jijftes Dieux!

AZAEL. Pardonnez ces craintes indiferettes} Et ne me laiflez plus ignorer qui vous êtes.

ANTIOCHUS. tic craignez rien, mon fils, j'en attefte les Cieux, Vos intérêts, vos jours, pour moi font précieux. Zoraide pour vous fans doute , eut moins àc zélé.

AZAEL. Quel nom , quel fouvenir votre bonté rappelle! En quittant le Tyran , helas ! que fes efprits, Et d'horreur, & d'effroi nous ont paru forpris! Je lui dois tout, Seigneur : Le zélé qui l'entraîne, A fongré m'enflâmoit, ou d'amour, ou de haine,

ANTIOCHUS, Dieux ! qu'entens-je i

AZAEL.

Je cherche en vain de toutes parts.
Ici, rien de connu ne s'offre à mes regards.
Je n'y découvre rien, dont mon cœur ne friffbnnc.
Jufte Ciel ! Rendez-moi Zoraïde & Salmone.
Et vous , pour redonner le calme à mes efprits,

Seigneur, que par vos foins...

ANTIOCHUf.

Vous les verrez , mon Sis. AZAEL. Sans (fojtte', d'Iftaël déflorant les miiêres , Leur piété gémit au mrlieu de mes frères. Mais ne puis-je fçavoir quel étrange deifein, Par un coup imprévu , m'arrache de leur fein? Me verrai-je long-temps privé de leur exemple? "* Quand pourrai-je avec eux affifter dans le Temple; Rendre au Maître des Rois un honneur immortel , Offrir, avec mes vœux, l'encens fur fon Autel l Que dis-je ? de foldats une troupe infolente Soutient, d'un Roy cruel, la viftoire fanglante , Et profane un lieu faint, des Anges redouté.

An r 19 CHUS.

Mais ce Roy , quel qu'il foit, doit être refpedé.

Songez-vous bien qu'il eft maître de cet Empire?

Je vois à cette ardeur que votre ame refpire ,

Dans quel aveuglement vous êtes élevé.

A de nobles deftins, parles Dieux réfcryi,

G'eft moi feul déformais, qui prétends vous con-« duire.

Du vrai culte, mon fils, je fçaurai vou; inftruire.

De mon zélé , ©n ces lieux , vos frères font témoins.

Ce jour vous l'apprendra ; leur exemple, du moins...;

f <*s AZAEL.

Ah ! que me dites-vous? O Ciel ! le dois-je croire ,^

f^ue de Dieu jufques-là banniffant la mémoire, A

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