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ACTE V

■ —"».

SCENE PREMIERE.

ANTIOCHUS, ACHAS,

ANTIOCHUS.

A

Infi donc avec moi les Dieux d'intelligence i
Achèvent mon triomphe , & comblent ma ven-
geance!
Et (î j'en crois des bruits, en ces lieux répandus ,
Dans leur déroute , Alàph, & Phoftime éperdus ,
Ont cherché leur retraite en des cavernes l'ombres;
Et c'eft là , dans l'horreur, & des cris, & des-ombres j
Que des pâles mutins , dans un defordre afrieux,
Se trouvent inveftis les reftes malheureux.
A ces derniers périls , ma vie eft dérobée.
Je ne puis trop hâter la mortde Machabée.
Trop heureux, de pouvoir, après fon attentat,
Immoler un Rival a des raifons d'Etat!
Il en eft temps , il faut que fon fort s'accom^liflè.
Faifons exécuter l'arrêt de fon fupplice.
♦a,pars, que tout Solyme en fremifle aujourd'hui./

ACHAS.
Quoi ! cet ordre , Seigneur , ne regarde que !i i î
Et pourquoi d'Azaè'l fufpendre la dilgrace ï
Ah ! plutôt, d'Afmonée exterminez la race.
Pour Zoraïde, après tant de fiers traitemens,
Ponfervez-Yous encor quelque ; ménagemens *

Et toujours dépendant d'un orgueil qui nous bleue ,
N'avez-vous pas affez montré votre foiblcue .
Se peut-il qu'un Héros jufqu'ici momphant.....

r ANTIOCHUS.

Je n'ai que trop de pente à perdre cet enfant.
Je le puis, je le dois. Mais tu connois 1 Ingrate.
Dans fes erreurs, Achas, tu fçais ce qui la natte.
Et pour mieux la punir de Ton orgueil cruel,
Arrachons cet enfant au culte d Ilracl.
Ce fera la combler d'une douleur amere.
Et c'eft dans ce deflein que j'ai mande la mère.
Elle verra fon fils ;& pour mieux laliervir,
C'eft d'elle, & de fes pleurs, que je veux me fe vit.
Quoique pour fes Autels Salmone enfin re oate,
Ce fils lui reftefeul ; la nature, fans doute,
Reprenant tous fes droits en faveur d Azael ,
Fera taire le zélé, & la foi d'Ifiael.

ACHAS.
'Ah ! je crains bien plutôt, Seigneur , a vous entendre,
Que votre amour ici ne cherche a vous furprendre;
Et que ce mouvement, que vous nous lailkz voir,
De Zoraïde encor ne marque le pouvoir.

ANTIOCHUS.
Va, cours exécuter l'ordre, que je te donne.

Que le traître expirant Mais j aperçois Samonc,

Retenons un courroux trop prompt a s exhaler,
Et que pour mieux fervir je dois diflimuler.

îfc E N E II.

'ANTIOCHUS , SALMONE.
ANTIOCHUS.

Je ne le cèle point. Votre malheur me touche,
Madame, ah! que je plains ce courage faroucM,
Qui du fang de vos fils, même ne s'émeut pas,
Et plus cruel que moi, les conduit au trépas!
Hé quoi ! ce Dieu , qu'en vain tout Ifraél implore »
Devroit-il jufques-la vous impofer encore?
Dans les feux Machabée acneve fon deftin.

S AL M ONE. 0 Ciel!

ANTIOCHUS. Un fils vous rcfte. Ouvrez les yeux, enfin; Eft-ce moi, qui prenant des entrailles de père, Dois défendre Azaël contre fa propre mère? Faut-il en fa faveur exciter votre amour i Sous vos yeux , fous les miens, élevé dans ma Cour j De fes nobles Ayeux rappelJant la mémoire, Il y retrouvera des traces de leur gloire.

SALMONE. Je puis donc efperer , Seigneur, de voir mon fils. ]

Je puis

ANTIOCHUS. Vous l'allez voir, mais feachez à quel prix: Donnez-lui devant moi des conleils falutaires. Vous-même déteflant ces charmes , ces myftéres,' Dont l'impie Ifraël a fouilla fes Autels, Montrez-lui lerefpect qu'il doit aux Immortels. Mais ne prétendez point voas parer d un vain zélé. Pour lui, pour vous , craignez un regard infidèle , Un mot leul ;& fongez qu'arbitre de fon fort, Vous tenez dans vos mains, ou fà vie, ou là mort.

SALMONE. Ah ! que demandez-vous ? Dans mes juftes allarmesj Du moins en liberté, laiffez couler mes larmes.

ANTIOCHUS. Puifliez-vous, pour fes jours, afTez vous attendrir. Sans ce dernier effort, fongez qu'il va périr.

SALMONE. C'en eil fait. Dans mon cœur le fang ne peut fe taire.

Oui, je vais lui donner un confeil falutaire;
ANTIOCHUS.

le voici.

SALMONE.
Je tiendrai tout ce que j'ai promis.

SCENE III.

iANTIOCHUS , SALMONE, AZAEL; Gardes.

O

AZAEL.

Ma Mère, eft-ce vous?

S A1. M O N E.

Eft-ce donc toi, mon fils? Eft-ce toi, qu'en mon Cei n le ciel vient de remettre i Il me rend le féal bien que j'ofois me promettre. Puiflent jufques au bout rrisi vœux être exaucez!

AZAEL. Ciel! à quels vains honneurs, dont mes yeux (ont

lailez, Succèdent dans vos bras ces carènes fi chères! Mais d'où vient qu'avec vous je ne vois point mes

frères 2 Oiii, leur prelènce manque à de fi doux transports»

SALMONE.
O mon £h!

AZAEL.
Achevez.

SALMONE.

Tous tes frères font morts. AZAEL. Ciani Dieu!

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