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J'ai voulu m'appuyant par de feintes douleurs

Frapper tous les efprits & fonder tous les cœurs,

Et dans tous mes projets toujours phis affermie ,

A l'aide de lès foins, perdre mon ennemie.

Jerendsàfon orgueil tous les maux qu'il m'a faits.'

Toi ! d'un rapport menteur admire les effets,

Vois au bruit d'une mort a peine divulguée

Les divers mouvemens d'une Cour intriguée;

D'un Peuple factieux les differens partis

Et de tant d'intérêts les nœuds mal aflbrtis.

De ce trouble commun je vois ce qui peut naître,

Que de moiens ouverts à qui les (çait connoitre! .

J'en ai befoin , Elilê, on peut l'imaginer ,

Quand fous le nom d'autrui nous voulons gouverner»

Maudite ambition ! gloire trop importune!

Vils efclaves dcs'Rois, & de notre fortune ,

Et victime à la fin d'un Etat en courroux ,

Le repos n'eft point fait ni pour eux ni pour nous.

Maison vient. C'eft Thares.

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THARE'S. Un murmure s'élève en'toiitei'aflemblée Cefàr fiir tout frappé de ces traits hasardeux -A ttira les regards partagés entre eux deux, Soit colère oufurprife, ilgardalefîlence. Ou fâ vertu plutôt emporta la balance. Le Roi dans fon maintien loin d'être embarrafle Si fans égard , dit-il, à ce qui s'eft paffé, Si t'impofant toi-même un oubli magnanime, Un ami tel que moi mérite quelque eftime, Ole en fairel'épreuve, & fi nous convenons , Il ne faut que changer les objets & les noms. Je n'ai qu'a mettre Augufte, & fa gloire à la place; Et la même amitié conduira mon audace. Par ma reconnoiflance augure de ma foi, Cefar, cette offre eft digne & de Rome & de toi.

SA LOME. Telfe montre un grand cœur que le revers éprouve.

THARE'S.
Dans ces hauts fentimens Augufte fe retrouve,
Et parmi le tranfport d'une noble pitié
D'Herode dans fes bras accepta l'amitié.
Voilà comment ce Prince heureux, & (ans baflefle
A calmé de Cefarlafureur vengereiîè.
Mais Madame, fongez à l'aller recevoir.

S A L O M E.
La Reine va fur lui reprendre fbn pouvoir
Sans doute.

THARE'S.
Epoux jaloux , Amant toujours fîdele,
Son cœur impatient n'eft occupé que d'elle.

S AL O ME,
Vous fçavez. entre nous quels projets concertés ,
Tharés , & quels fermens par la gloire dictés ,
Doivent unir nos cœurs, nos intérêts...

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ACTE II

SCE^NE PREMIERE.

MARIAMNE , ALEXANDRE:

ALEXANDRE.

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L.h! du moins attendez qu'un avis plus fidèle , De la mort de mon père afïùre la nouvelle , Madame , & jufques là fufpendez vos douleurs. Que l'intérêt d'un fils....

MARIAMNE.

Helas! tous mes malheurs Ne font connus, mon Fils, que du Dieu que j'implore; Mais Phoedime à mes yeux ne s'offre point encore. 'Ciel ! quels fujets d'effroi pour mon cœur agité? Une Cour difparuë , un Palais delèrté, Le Peuple qu'en ce» murs un nouveau trouble excite^ Et qui de tous cotez vole, & fe précipite; Les airs qui de fes cris retentiflènt par tout; Solyme en mouvement de l'un à l'autre bout, La nouvelle , mon fils, n'eft que trop affermie , Votre père eft profcrit. Enfin notre ennemie Exécute un projet dès longtemps médité, • Le Sceptre de Juda vous eft peut-être ôté. Le Sang d'Antipater...

ALEXANDRE.

Ah! quoi qu'il oie attendre ■;

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