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La vertu de la Reine égale votre gloire;
Egale fa beauté qui paroît à nos yeux ,
Comme aux vôtres, Seigneur , le chef d'oeuvre des
Cieux.

. ' 'H E R O D E. Oui, jelens croître encor le beau feitquî m'enflâmèJ'en croirai tes confeils , cher Soëfme , & mon ame V* (ûr ton amitié fonder tout fon bonheur. Entrons. Mais quelqu'un vient. SOESME. '"**.' C'eft la Reine , Seigneur»

SCENE VIL

HERODE, MARUMNE,

ALEXANDRE,SOESME,

PHOEDIME , Suite de MarUmne..

HERODE.

V> Iel, qui la viens d'orner d'une grâce nouvelle Infpire-lm pour "moi ce que je lenspour elle!

MARIAMNE. Quelle affieufe contrainte ï & que veut-on de moi!

HERODE. Divine Mariamne , eft-ce vous que je voi? Craignez-vous ma préfence ? ô Ciel ! le puis-je croire?

MARIAMNE. Jouïflez à loilîr, Seigneur, de votre gloire, Des dépouilles d'Antoine, & laiilez-moi mes pleurs»

HERODE. Ah! que vous me percez de mortelles douleurs ï Mais la plainte lied mal, lorfqu'après tant d'allarmes, A mes defirs brûlans le Ciel rend tous vos charmes, Madame , & rien ne peut troublée dans ce moment

La douceur que je goûte en cet embraflêmcnt.
Peut-être à mon Fils feul je dois votre préfence.
Je vous fçai gré pourtant de cette complaifancc.

MARIAMNE.
Que parlez-vous de plainte ? & fur quoi fondez-vous
Seigneur , ce dernier trait d'un injufte courroux?
Eft-ce que fous vos loix comme une autre rangée ,
A toute heure, en tous lieux , de témoins affiegée »
De vos ordres preflans j'ai voulu m'aftranchir t

HERODE. Hé quoi ! votre courroux ne peut-il fe fléchir? Quand la gloire m'élève au deflus de l'envie » Quel chagrin domeftique empoifonne ma vie? Te dois-je quelque grâce, ô Ciel !pour tes bienfaits y Si mes plus chers dénrs ne font point fàtisfaits? Ou reprends des faveurs dont l'éclat m'importune r Ou réunis pour moi l'amour &la fortune. L'un me manquant, je fuis de tous les deux trahi; Que fervent tant d'honneurs, fi j'en luis plus hai i Si dans le cours pompeux d'une gloire h grande L'ingrate Mariamne en rejette l'offrande; Si fà rigueur toujours cherche à me déchirer y Et fi dans fes bras même il me faut foupîrer? Songez-vous quel lien nous unit l'un & l'autre? Vous troublez mon repos, même au dépens du vôtre i Et lorfque tout s'Cmpreffe au-devant de mes pas, Mes yeux vous cherchent feule & ne vous trouvent

pas. Le retour d'un époux.

MARIAMNE.

Je vois avec furprife
Dans quel reproche ici votre cœurs'autorife.
Quelques avis du moins dévoient me préparer
A ce retour foudain qu'on me laiffe ignorer?
Je doia en foupçonner d'indignes artifices.
Dans le Temple pour vous fumoierit les facrifices

Lorfque de votre mort le bruit s'eft répandu,

La Cour étoit en crainte & le Peuple éperdu.

De, ce faux bruit fans doute on ménageoitl'ufage,

C'etoitpour obferver mon pas & mon vifage ,

On vouloit abufer de ma crédulité;

On nie donnoit la mort avec tranquillité ,

Et déjà... mais, Seigneur, fouffrez que je vous Iaifie.

Je ne fçai tout à coup quelle douleur me preiie.

Daigner me pardonner ces trilles mouvemens.

HERODE.
Et moi, vouî me livrez aux plus cruels tourmens.
Ifrail m'eft témoin & l'Eternel lui-même. .

MARI A M N E.
Gardez-vous d'attefter (à puiflance fiiprême,
Ces auguftcs fcrmens ne vous font plus permis,
Quand par vous à Cefar des Autels font promis.
Pour lui d'un nouveauTemple allez tracer l'enceinte,
De prophanations fouillez la Cité Sainte ,
Faites à tant d'horreurs remonter Je Jourdain;
Mais craignez d'éprouver un châtiment foudaïn.

SCENE VIII. HERODE, ALEXANDRE.

HERODE, retient Alexandre qui fuit Mariamne.

V Ous voyez jusqu'où va l'aigreur de votre Mère.
Mais je puis la calmer , ou du moins je l'efpere ,
Si fon amour pour vous fe trouve au mien pareil.
Alcime par mon ordre affemble le Confeil.
Pour la première fois venez y prendre place.

ALEXANDRE.
Seigneur ,' je fens le prix d'une pareille grâce T
Et quand vous voudrez bien vous-même m'cnfèignçr
Ce grand art que le Ciel vous donna pour régner ,

Jeune encorau cbnfeil, & fans expérience
J'eipere m'y montrer digne de ma naillance.

HERODE.
J'y dois délibérer fur de grands intérêts ,
Et vos yeux vont s'ouvrir à d'auguftes lècrcts ,
Dont la feule importance eft un frein pour le taire.^
L'art de régner, mon Fils," eft un profond myftere'i
Et c'eft même un fecret pour le feul Potentat.
Le Peuple , à dire vrai, connoît mal fon état,
Confond les droits fouvent avec les injufttces ,
A la place des Loix ils mettent leurs caprices ,
De volages dé/îrs toujours font combattus,
Et fur leurs parfions jugent de nos vertus.
Delà ces grands revers & ces chutes finiftres.
Il faut auflï , mon fils , cormoître fes Miniftre?.
Souvent dans un faux jour ils offrent les objets,
Et pour nos volontés nous donnent leurs projets.
De leur ambition, de leur haine peut-être , _
Efclaves d'autant plus que nous croions nvsins l'être'
Ils ont des intérêts des nôtres diffjrens ,
Ilsfont le crime, & nous, nous fommïsles tyrans.
Mais , mon Fils, mon eforit que la douleur partage i
Remet à d'autres temps a s'ouvrir davantage.

Sur les divers partis, furies fages foupçons

ALEXANDRE.
Vos exemples, Seigneur, abrègent les leçons,

HERODE.
Allez voir votre Mère.

s "(TEiriFTxr

HERODE, S A L O M E. SA LOME;

M E' quoi déjavotreanK> Seigneur, d'un nouveau troublé..».

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