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SOESME. Déjà (ûr fon parti Soëfme a décidé. Qui connoit fes devoirs , les fuit (ans violence. L'honneur, les (èntimens emportent la balance. Et pour des coeurs bien nés, Madame, il eft des droits Que porte la vertu jusqu'au Trône des Rois. Il fort.

SCENE III.
S A L O M E ; THARE'S.

I

S ALOME.

L fuffit, j'entrevois l'intérêt qui l'entraîne, Et c'efl à moi...

THARE'S.

Je viens de parler à la Reine Et mandé par (on ordre avec empreflèment, Phœdime m'a conduit à fon appartement. Devant la Reine en pleurs tout gardoit le fslence.

SA LOME.
Je viens d'en être inftruite, & f£ai votre audience:
Je rends grâce à vos foins par qui (ont écartés
Les foupçons que fur moi Mariamne a jettes.
Il eft bon qu'en effet la Reine puifle croire
Qu'Herode chez Augufteenyvré de fa gloire ,
Ait même négligé de la faire avertir
De fa grâce , & du temps qu'il a voulu partir.

THARE'S.
Je vois comment inftruite , au gré de fon envie,
Salome eft en ces lieux fidèlement fervie.

SALOME.
De ce même entretien j'attends bien-tôt le fruit,
Et le Ciel chez la Reine exprès vous a conduit.

THARE'S. Enfin j'ai cru devoir lui faire un rapport jufte Des titres , des honneurs accordés chez Augufte, Du bruit même qu'y fait fa beauté , fa vertu; Mais dans fes déplaifîrs fon cœur trop combattu M'a laiflé voir des yeux toujours mouillés de larmes; Et même fa douleur, en relevoit les charmes. Vous connoifiez du Roi les amoureux transports , Peut-être un regard feul va tromper nos efforts , Peut-être nos projets par un retour funefie....

S AL O ME.

Servez-les feulement, je me charge du refte.
Quelque ardeur que pour elle Herode ait dans le feifl,
C'eft même fa beauté qui fort notre deflèin.
Je l'ai vu quelquefois pénétré de fes charmes
Me venir confier fes fecrettes allarmes,
Et dans le trifte cours de fes tranfports jaloux
A fes attraits, Tharés, mefttrer fon courroux.
L'Amour lêul eft l'auteur du tourment qui l'accable;
Mais vous d'un grand effort vous fentcz-vous capable?

THARE'S.
Et quel courage ici ne leroit excité
Par l'hymen glorieux dont vous m'avez flatté?
Quand pour prix de mes foins votre main m'eft offerte,
Madame , en periflant je bénirai ma perte;
Et. dans le noble efpoir dont je fuis prévenu....

S A L O M E.
Au Trône de plus loin Herode eft parvenu.
C'eft vous en dire allez, le refte il le faut taire.
De mon deffein bientôt vous fçaurez le myftere.
Dans ce même palais déjà font ordonnez ,
De iublimes honneurs à Cefar décernez....

SCENE IV.

SALOME, ELISE.

SALOME.

Xi E bien Elife?

ELISE.

Herode eft entré chez la Reine, Il étoit attendu. Je n'ai percé qu'à peine Ces flots de Courtifans à lès pas attachez , De joye & d'allegrefle ils paroiflent touchez. De Soèfme , dit-on , cette paix eft l'ouvrage , Lui feul a de la Reine attendri le courage. D'autres , jugeant de tout avec précaution , ^'imputent qu'à Celâr cette réunion; Dùent que fa pitié s'intereflant pour elle D'une Reine opprimée embrafle la querelle , Et que ce fêntiment qui n'a rien de fufpecc. Sur le lang de Juda tient Herode enrefpect.

SALOME. J'ai peine à croire entre eux autant d'intelligence.

ELISE. Contre elle fufpendez du moins votre vengeance.

SALOME. Sa fierté jufques là n'a pu le démentir , Et fa haine s'accroît loin de fe rallentir. Le dépit & l'effroi contre lui tout s'affemble; Mais pour en bien juger il faut les voir enfcmble , Mariamne feait mal compofèr fon maintien: Son cœur à découvert dans tout fon entretien , Et toujours dépendant d'une vertu farouche Ne fuit que {on chagrin ou l'orgueil qui la touche.

THARE'S.
Son Fils Vient, avec lui je vous laifle en ces lieu*,
Ma préfcnce (ans doute y blefferoit Ces yeux.

S AL O ME.
J'attends ici le Roi, s'il faut que par fa flâme
Mes projets traverfez.....

SCENE V.

ALEXANDRE , SALOME.
ALEXANDRE.

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E vous cherchois, Madame. Tout va changer de face, & calmant fon courroux, Le Ciel femblc répondre à nos voeux les plus doux. Herodc eft affligé des chagrins de ma mère, Il brûle d'appailer une injufte colère. La Reine, H j'en crois fes tendres mouvemens, Eft prête à m'immoler tous fes reflentimens, Et me montrant un cœur fènfible à mes alarmes M'a tenu dans fes bras tout baigné de fes larmes.

SALOME. D'un pareil changement mon cœur n'eft point furpris. Les vertus de la Reine ont retrouvé leur prix. Le Roi, quoiqu'il foupeonne , eft fur de fa tendreffe. Et vous qui me venez marquer votre allegrefTe, En vous montrant par là digne d'elle & de lui De leur réunion vous devenez l'appui.

ALEXANDRE. Madame, ce difeours qui me flatte & me touche A tous vos ennemis devroit fermer la bouche; Vous feule dans ces lieux , fi j'en crois leur rapport,

Aigriflèz les efprits & troublez leur accord.
J'en vois de trijftes fruits ; le motif, je l'ignore,
Je puis l'apprendre. Enfin le Ciel permet encore
Que deux coeurs défunis piaffent le rapprocher.
Si d'un Frère & d'un Roi le repos vous eft cher,
Soutenez cette paix par vosconfèils, Madame:
Mais fi quelque chagrin trouble encor la grande ame;
Si la difcorde encor (buffle ici Ion poifon,
Je ne dois qu'à vous feule en demander raifbn.

SALOME.
Prince, j'ignore encor d'où ce tranfport peut naître,
Et Salome a ces traits doit peu fè reconnortre;
Mais vous-même apprenez à mieux juger du Roi ,
Ce ne lèroit qu'à lui de répondre pour moi.
Je vois dans cette plainte a moi feule adreffée ,
Plus que la mienne encor fa gloire intereffée.
Croit-on qu'à fès confeils j'ofe m'affocier?
Mais je l'offènfèrois à me juftifier.

ALEXANDRE. Je vous entends, Madame, & vois par quelle adrefle Vous pourriez loin de moi détourner la tendreffe , Et malgré fès bontés exciter fes foupçons. De votre inimitié j'ignore les raifons. Et puisqu'il faut enfin s'en expliquer , Madame , Son invincible preuve eft au fond de mon ame. Le Ciel fiir nos deôinsnous éclaire à regret ;. Mais fa main dans nos cœurs verfè un inftinft fecret , Qui par les mouvcmens que fa révolte infpire Defignc l'ennemi qui contre nous conlpire. Mon cœur ne fut jamais tranquille à votre afpeft. Jufques à vos bienfaits tout me devient fufpeâ. D'un pareil afcendant corrigez le caprice. Refpeftez Mariamne , & faites-vous juflice; Mais qu'elle n'en foit pas convaincue à d'erru j Ou ne voyez en moi qu'un mortel ennemi»

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