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SCENE VI.
S A L O M E finie.

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_, Uel fruit efperes-tu d'une telle menace? Du fàng Afmonéen je trouve en toi l'audace , Crains-en tous les malheurs. Mais voyons cependant Sur Cjiioi fe peut fonder cet éclat imprudent; Quel fruit cette entre-vûè enfin a pu produire. Le Roi vient. Quel transport iemble ici le conduire?

SCENE VII. HERODE, S A L O M E.

"H ERODE entre d'un air/ombre fa agité, fa régulât du côte'de l'appartement de la Reine.

V/ Ui, je dois tout permettre à mon jufle courrou»
Pour la dernière fois, cruelle, à tes genoux
Sans doute tn m'as vu. Jufqu'où fon infolence
A pouffé lès mépris. même fa violence!

SA LOME.
Dans quel état, Seigneur, eft-ce que je vous vois?
Jenereconnois plus vos traits , ni votre voix.

HERODE. Et fur quel fondement fon iniufte querelle? J'arrive dans les lieux , qu'ai-je entrepris contre elle l S'il faut même qu'elle ait ignoré mon retour , La fortune a trahi les foins de mon amour.

S A LOME. Hé quoi de fbn elpoir la Cour préoccupée, Sur Mariamne ainfî le trouveroit trompée! Et du Peuple en tous lieux reçus avidement Les'bruits de votre accord fèroient fans fondement i La Reine de vos feux vous gardoit ce falaire? Mais, Seigneur, quel motif excite (a colère? De quels nouveaux chagrins fes efprits irrités...

HERODE. Son déiclpoir s'aigrit par mes profperités. Ma gloire l'inquiète , & même l'importune; Elle me fbuhaitoit toute une autre fortune. Et qui pouvoit prévoir l'accueil que j'en reeoi? Elle ne connoît plus Ibn Epoux & fon Roi. Vous Içavez que tantôt plein d'ardeur & de zélé, Je n'ai quitté ces lieux que pour paflér chez elle. J'efperois que le tems calmeroit les efprits; Qu'elle s'attendriroit aux larmes de fon fils; J'ai cru que parSoëfrne à me voit préparée , Elle rappelleroit ià raifon égarée , Qu'elle-même peut-être auroit honte de voir, Qu'elle avoitlansrefped oublié fon devoir: J'entre chez elle au moins dans cette confianceMon cœur, je l'avouerai, s'eft trouble par avance. J'en prends un noir augure, & dès que je la vois Sa froideur m'interdit, & me coupe la voix , Et lorfque dans mon cœur l'amour encor l'escufè Julques à mes regards l'ingrate fe refufe. Je veux m'en plaindre. A! Dieu dans quel emportement Son injufte courroux s'exhale en ce moment! Au Ciel avec fes cris elle adrefle fes larmes. Ses femmes à l'envi combattent lès allarmes; Et moii'employe en vain pour calmer (es douleurs» Les plaintes, les refpects, les prières, les pleurs. Vous le dirai-je encor l Cette Epoufe cruelle

Jamais à mes regards ne fe montra fi belle:
Mes fermens ont envain conjuré fa rigueur,
Ses yeux étincellans à travers fa langueur,
Et là colère enfin d'égaremens fuivie,
M'ontfait pâlir pour elle, & craindre pour fa vie.
Peu s'en faut qu'à fes yeux terminant mes douleurs,
Mon bras n'ait fait couler mon fang avec (es pleurs.

SALOME.
Ciel ! que me dites-vous?

HE RODE.

Ce n'eft pas tout, Madame ,
La pitié jufques-là s'emparoit de mon ame;
Je n'imputois qu'à moi ce tranfport furieux:
Mais bien-tôt un torrent de mots injurieux
A mis dans (es difcours le comble à la licence.
Elle m'a reproché mon pays, ma naiffonce.
Je fuis, fi je l'en crois , un traître, un affàffin ,
Et même un parricide , & que vous dire enfin?
A de funèbres cris fes menaces mêlées
Appellant au fêcours des Ombres défblées,
Il n'eft, dit-elle, hymen, vertu, loi, ni devoir
Qui puifle à l'avenir la forcer de me voir.
Irrite , furieux, je me fuis craint moi-même,
Et fias forti, ma fœur, dans ce défordre extrême*

SALOME.
Voilà , Seigneur, l'effet d un amour généreux
Que l'excès de vos foins a rendu malheureux.
La Reine à vos bontés eft trop accoutumée,
Et vous hait d'autant plus qu'elle fè croit aimée.
Ah ! puiflè-t-elle au moins dans fes emportemens
Arrêter fa vengeance à fes fiers traitemens!
Le dirai-je, Seigneur ? ou je fuis mal inftruite ,
Ou dans fà haine encor maintenue & conduite
De confeils dangereux on l'ofe empoifonner.

HE RODE.
Et quel des miens, Madame, ofè-t-on foupçonner,

SALOME.
Je fçai jufqu'où je vais vous étonner vous-même,
Et ne puis Tans regret vous nommer...,.
HERODE.

Qui?
SALOME.

Soéfine.

HERODE.

Lui!

SALOME. Mon zélé pour vous ne peutrien vous farder. HERODE. Gardez-vous de chercher à me perfuader. Ciel! où me conduiroit cette affreulè penfée, Ce foupçon fi contraire à là gloire paflee î Sans doute elle l'a pu fatiguer de les pleurs , Et l'ingrate plongée en d'injuftes douleurs , Va publiant par tout les malheurs de là race. De fa haine en tous lieux je retrouve la trace. Jepunirois bien-tôt ce courroux indifcret,

Si moi-même arrêté par un motif fecret

SALOME.
Ah ! pour vous retenir quelle caufe aflez jufte

Pourroit, Seigneur

HERODE.
Je crains.
SOESME.

Que craignez-vous?
HERODE.

Augufte; D'une foule de maux à peine relpirant, Et quand de ma clémence il s'eft rendu garant, Irois-je dégoûtant du fàng delà cruelle Mandier à les pieds une grâce nouvelle, Montrer toujours Herode à les regards lurpris, D'un hommage forcé redemandant le prix?

S A L O M E.

Daignez donc écouter des confeils falutaires.
Du nouveau facrifice achevez les myfteres.
Aflbcicz la Reine à vos auguftes foins,
Et forcez, fes regards d'en être les témoins.
Trop fur que de là part une injufte querelle
En offènçant Cefar, feaura l'armer contre elle.
De l'honneur d'Ifi-aëi , alors fon cœur jaloux
Va par delà vos vœux fervir votre courroux.
HERODE.

J'approuve vos confeils> ma fœur, je dois les fàm>\
Il faut que de fes cris enfin je me délivre.
La cruelle, à ce point où je la vois venir ,
Si je ne la préviens fçaura me prévenir.
J'ignore fes defleins ; mais plus je l'étudié ,
Plus fon courroux paroit cacher (a perfidie.
De trop d'aveuglement mon amour eft confus.
Contre Augufte en effet engageons ce refus,
Et que lui-même au lieu de prendre la défenfè,
Me demande raifon d'un orgueil qui l'offenfe.
Dilpofez tout vous-même, allez, ma Sœur, allez.

fc SCENE VIII.

1HERODE, ALCIME.,

ALCIME.

J

Jt Ar votre ordre, Seigneur,le; Prêtres appe'Jts' Refufent hautement leurs facrés minifteres; Traitent tous nos apprêts d'offrandes adultères,Honteux de voir malgré fes exploits immortels

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